LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2101181

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2101181

mardi 25 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2101181
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 février 2021 et 3 novembre 2022, M. C A, représenté par Me Tournoud, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquels il a été assujetti au titre des années 2016, 2017 et 2018 ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la reconstitution de recettes n'a pris en compte que les ventes des véhicules d'occasion alors qu'auraient dû être retenus également les achats, l'entretien et les réparations effectuées sur ces véhicules en vue de leur revente ; seule la différence entre le montant des ventes non comptabilisées et le montant des achats non comptabilisés desdits véhicules peut éventuellement lui être réclamé à titre de revenus appréhendés ; l'administration n'apporte ainsi pas la preuve de l'existence et du montant des revenus distribués ;

- les sommes inscrites sur le compte courant ont été laissées temporairement à la disposition de l'entreprise et ne traduisent la perception d'aucun revenu imposable ;

- l'administration ne démontre pas que les sommes en espèce non déposées en banque n'ont pas servi au règlement des achats ; elle a occulté l'excèdent de l'année 2016, les soldes annuels du compte caisse reconstitué ont été évalués au titre des années civiles alors que les exercices 2017 et 2018 sont clos au 30 septembre de ces mêmes années ; en application de l'article 109-1 1° du code général des impôts les sommes mises à disposition des associés sont présumées distribuées à la date de clôture des exercices, or le service ne démontre pas que la distribution des revenus a été opérée à une autre date que celle de la clôture de l'exercice ;

- pour rejeter les frais de restauration et de nourriture comptabilisés en charge, le service a retenu que de nombreuses dépenses sont effectuées un samedi, un dimanche ou un jour férié alors que de nombreuses ventes de véhicules sont enregistrées au livre de police les samedis, dimanches et jours fériés ; s'agissant des frais de véhicule, l'administration ne justifie pas du taux forfaitaire de 10 % qu'elle retient au lieu de celui de 6 % prévue par la doctrine ; l'administration ne soutient ni que les avantages en cause n'ont pas été inscrits en comptabilité comme des avantages en nature ni que leur montant porterait la rémunération de M. A à un montant exagéré.

Par des mémoires en défense enregistrés les 8 juillet 2021 et 1er décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,

- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. La SASU Challenger Auto, dont M. A est le dirigeant et l'associé unique, et qui a pour activité le commerce de véhicules automobiles, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2018. Le vérificateur a rejeté sa comptabilité comme étant non probante et a réintégré dans les résultats imposables des recettes non déclarées ainsi que des charges dont la déduction n'a pas été admise. La proposition de rectification du 2 décembre 2019 adressée à M. A tire les conséquences à l'impôt sur le revenu, au titre des années 2016, 2017 et 2018 des rectifications notifiées à la SASU Challenger Auto. M. A, dont la réclamation a été rejetée par une décision du 8 janvier 2021, demande au tribunal la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquels il a été assujetti au titre de ces mêmes années.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 47 de l'annexe 2 au même code : " Toute rectification du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre d'une période sera prise en compte au titre de la même période pour le calcul des sommes distribuées. "

3. Il résulte de l'instruction que l'administration, après avoir écarté la comptabilité de la SASU Challenger Auto comme non probante, a procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires au moyen des cessions de véhicules identifiées, des encaissements non justifiés et des écritures d'opérations diverses comptabilisées par la société. Il a résulté de l'examen du livre de police et des factures émises que la cession de certains véhicules n'avait pas fait l'objet d'une inscription en comptabilité. En réponse aux demandes d'informations présentées par l'administration fiscales, la société a indiqué que des virements correspondaient à des " ventes de véhicules compensation " ou des " ventes de véhicules pour lesquelles les factures de ventes n'ont pas été établies ". Néanmoins, aucun justificatif n'a été présenté malgré la demande du service. L'administration a alors évalué les minorations de chiffre d'affaires à 44 885 euros au titre de l'année 2016, à 12 392 euros au titre de l'année 2017 et à 17 948 euros au titre de l'année 2018 par comparaison avec les chiffres d'affaires déclarés par la société sur ces mêmes années. Elle a ensuite regardé ces sommes comme distribuées en application des dispositions précitées de l'article 47 de l'annexe 2 au code général des impôts. Si le requérant soutient que l'administration aurait également dû tenir compte du prix d'achat des véhicules cédés ainsi que du coût de leur entretien et des réparations effectuées, il résulte de l'instruction que le service a retenu l'ensemble des dépenses et frais comptabilisés par la société dès lors qu'il n'a retraité que le chiffre d'affaires déclaré par celle-ci. Or, M. A n'a justifié, ni lors des opérations de contrôle ni lors de la présente instance, de dépenses n'ayant pas été comptabilisées par la société. Par suite, l'existence et le montant des revenus distribués résultant des insuffisances de chiffre d'affaires constatées par l'administration au cours de la période vérifiée, sont établis.

4. En deuxième lieu, aux termes du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. "

5. Il résulte de l'instruction que l'administration a imposé, en tant que distributions de la SASU Challenger Auto à M. B, sur le fondement des dispositions précitées, des prélèvements comptabilisés au débit du compte courant d'associé dont il dispose dans cette société pour un montant total de 6 098 euros au titre de l'année 2016, de 12 746 euros au titre de l'année 2017 et de 6 046 euros au titre de l'année 2018. Le requérant soutient que ces prélèvements ne traduisent pas la perception d'un revenu imposable. Toutefois, ces allégations ne sont assorties d'aucune pièce ni d'aucun élément justificatif. Par suite, l'administration apporte la preuve qui lui incombe que ces prélèvements constituent un revenu distribué effectivement appréhendé par M. B en sa qualité d'associé, imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.

6. En troisième lieu, aux termes du a de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. () "

7. Lors des opérations de contrôle, l'administration fiscale a relevé que la SASU Challenger Auto encaisse de nombreux paiements en espèce alors que sa comptabilité ne dispose pas d'un compte 53 " caisse " et que les recettes encaissées sous cette forme ne se retrouvent pas en totalité dans le seul compte bancaire de la société. Elle a alors reconstitué le compte caisse de la SASU Challenger Auto et a imposé, entre les mains de M. A sur le fondement des dispositions précitées, le solde annuel du compte caisse inexpliqué qui s'élève à 5 772 euros en 2017 et à 8 723 euros en 2018. Pour contester ce rehaussement, le requérant soutient, sans toutefois produire le moindre justificatif, que des véhicules auraient été achetés en espèce. Il observe par ailleurs que l'administration fiscale occulte l'excédent constaté au titre de l'année 2016, mais n'en tire aucune conclusion de droit. Enfin, il soutient que le service ne démontre pas que la distribution des revenus aurait été opérée à une autre date que celle de la clôture d'exercice et se fonde pour cela sur les dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Ce moyen est toutefois inopérant dès lors que les revenus distribués contestés ne sont pas fondés sur ces dispositions mais sur celles précitées du a de l'article 111 du code général des impôts. Par suite, l'administration a pu à bon droit qualifier ces sommes de revenus distribués sur le fondement des dispositions citées au point 6.

8. En quatrième lieu, et enfin, aux termes de l'article 54 bis du code général des impôts : " Les contribuables visés à l'article 53 A () doivent obligatoirement inscrire en comptabilité, sous une forme explicite, la nature et la valeur des avantages en nature accordés à leur personnel. " Selon l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Il résulte de ces dispositions que des avantages qui, en violation de ces obligations, ne sont ni identifiés explicitement en comptabilité, ni inscrits sur le relevé de frais généraux constituent des avantages occultes au sens du c de l'article 111 du code général des impôts et sont, par suite, imposables entre les mains de leurs bénéficiaires dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

9. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 2 décembre 2019, que la SASU Challenger Auto a comptabilisé en charge des frais de restauration, de nourriture ainsi que la mise à disposition d'un véhicule automobile utilisé partiellement à des fins personnelles. La déductibilité de ces charges a cependant été rejetée par l'administration fiscale qui a qualifié, ces rémunérations et avantages occultes, de revenus distribués sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts.

10. D'une part, M. A soutient que l'administration fiscale aurait rejeté la déductibilité des frais de restauration et de nourriture comptabilisés au seul motif que ces dépenses avaient été effectuées un samedi, un dimanche ou un jour férié. Toutefois, la proposition de rectification du 2 décembre 2019 mentionne que la totalité des factures de réception et de restaurant ne comporte aucune mention relative aux éventuels clients invités ou bénéficiaires ainsi que les motifs de ces repas et que de nombreuses facturettes concernent des dépenses personnelles dans un supermarché. D'autre part, il résulte de l'instruction que la SASU Challenger Auto n'a pas fait apparaître en comptabilité le bénéficiaire des dépenses de restauration, de nourriture et de mise à disposition du véhicule ainsi que le prévoit l'article 54 bis du code général des impôts. Dans ces conditions, l'administration fiscale a pu à bon droit qualifier les sommes versées à M. A de rémunérations et avantages occultes et les imposer entre ses mains sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts, sans qu'il puisse utilement faire valoir que le montant cumulé de ses salaires n'aurait pas un caractère excessif.

11. Enfin, et à supposer que M. A ait entendu se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de la doctrine fiscale mentionnée au paragraphe 240 du BOI-RSA-BASE-20-20, autorisant une évaluation forfaitaire de l'avantage en nature " sur option de l'employeur ", celle-ci ne peut lui être applicable à défaut pour la SASU Challenger Auto d'avoir déclaré un quelconque avantage en nature.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquels il a été assujetti au titre des années 2016, 2017 et 2018.

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. A est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul et Mme Coutarel, assesseurs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2023

La rapporteure,

A. Coutarel

Le président,

T. Pfauwadel

La greffière,

V. Barnier

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions