mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ADDEN AUVERGNE-RHONE-ALPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 octobre 2021 et 20 avril 2022, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise " ainsi que M. et Mme A C, représentés par Me Lebeau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2021 par lequel le maire de Val d'Isère a délivré un permis de construire à la société SAGIM ainsi que la décision née le 22 août 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Val d'Isère la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis attaqué aurait dû être précédé d'un permis d'aménager, en application de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-32 du même code ;
- le permis attaqué méconnaît les dispositions de l'article Uc 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles Uc 7 et Uc 10 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article Uc 11 du même règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du même code.
Par des mémoires enregistrés les 13 janvier et 5 mai 2022, la société SAGIM, représentée par Me Gallety, conclut au rejet de la requête ou, à défaut, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le syndic n'a pas été habilité pour agir en justice au nom du syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise " ;
-les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
-aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mars 2022, la commune de Val d'Isère, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête ou, à défaut, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 5 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le syndic n'a pas été habilité pour agir en justice au nom du syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise " ;
-les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir au regard des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 67-223 du 17 mars 1967 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme D,
- et les observations de Me Derro pour les requérants, celles de Me Corbalan pour la commune de Val d'Isère ainsi que celles de Me Gallety pour la société SAGIM.
La société SAGIM a produit une note en délibéré le 1er juillet 2022.
La commune de Val d'Isère a produit une note en délibéré le 1er juillet 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 21 avril 2021, le maire de Val d'Isère a délivré un permis de construire à la société SAGIM pour la réalisation d'un immeuble de six logements dénommé " Turios 3 ". Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise " ainsi que M. et Mme C ont formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été implicitement rejeté le 22 août 2021. Ils demandent désormais l'annulation de ces deux décisions.
Sur les fins de non-recevoir :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 55 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 : " Le syndic ne peut agir en justice au nom du syndicat sans y avoir été autorisé par une décision de l'assemblée générale. / Seuls les copropriétaires peuvent se prévaloir de l'absence d'autorisation du syndic à agir en justice ".
3. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que la commune de Val d'Isère et la société SAGIM ne peuvent pas se prévaloir du défaut de qualité pour agir du syndic pour représenter le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise ". En tout état de cause, l'assemblée générale de copropriétaires a autorisé le syndic à le représenter dans la présente instance par une délibération du 27 décembre 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée sur ce point doit être écartée.
4. En deuxième lieu, les requérants personnes physiques établissent être propriétaires d'un appartement dans l'immeuble " Chalets de Solaise ", situé à proximité immédiate du projet qui emporte la réalisation de six logements. Eu égard à leur qualité de voisins immédiats du projet ainsi qu'à la nature et à l'importance de celui-ci et sur lequel ils auront une vue directe, et alors que ni l'existence de tentatives de négociations ni l'absence de recours contre un projet similaire n'y font obstacle, M. et Mme C justifient d'un intérêt à agir contre le permis de construire litigieux au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme.
5. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise " justifie d'un intérêt à agir contre le permis de construire attaqué.
Sur les conclusions en annulation :
6. Aux termes de l'article Uc 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Les accès doivent être adaptés à l'opération () / Les voies privées doivent avoir des caractéristiques adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
7. L'autorité compétente et, en cas de recours, le juge administratif doivent s'assurer qu'une ou plusieurs voies d'accès au terrain d'assiette du projet pour lequel un permis de construire est demandé permettent de satisfaire aux exigences posées par les règles d'urbanisme citées au point précédent.
8. En l'espèce, il ressort du formulaire CERFA, de la notice et du plan de division joint à la demande que la parcelle AI 144 est destinée à faire l'objet d'une division avant l'achèvement du projet. Dans ces conditions, la desserte du projet doit être appréciée non à l'égard de la parcelle AI 144 mais à celui de la future parcelle AI 198. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la voie permettant aux résidents de l'immeuble projeté de rejoindre depuis la rue de la Légettaz, les places de stationnement qui leur sont réservées dans le bâtiment " Turios 2 ", implanté sur la future parcelle AI 197, ne permet pas d'accéder à la future parcelle AI 198 et est séparée d'elle par l'immeuble " Chalet Izia " situé sur la parcelle AI 1. Par ailleurs, le chemin situé à l'ouest de la future parcelle AI 198, qui constitue une liaison pour les skieurs, est enneigée en hiver. Il en résulte que le tènement d'implantation du projet ne dispose pas d'une desserte permettant l'accès effectif et sécurisé des engins de secours et de lutte contre l'incendie. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le permis délivré le 21 avril 2021 méconnaît les dispositions des articles Uc 3 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme.
9. Compte tenu de la configuration des lieux, le vice relevé au point précédent n'étant pas susceptible d'être régularisé, il ne peut être fait application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Par suite, l'arrêté du 21 avril 2021 doit être annulé ainsi que, par voie de conséquence, la décision née le 22 août 2021.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par la commune de Val d'Isère et la société SAGIM, non compris dans les dépens.
11. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Val d'Isère une somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 21 avril 2021 et la décision née le 22 août 2021 sont annulés.
Article 2 :La commune de Val d'Isère versera aux requérants une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Chalets de Solaise ", à M.et Mme A C à la commune de Val d'Isère et à la société SAGIM.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme André, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
V. B
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026