LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2107657

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2107657

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2107657
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 novembre 2021 et le 2 janvier 2024, M. C B A, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des majorations de 80 % dont ont été assortis les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 31 janvier 2006 au 31 janvier 2012 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive dès lors que par application de l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales, il disposait d'un délai de réclamation de dix ans suivant la date de la proposition de rectification ;

- l'autorité de la chose jugée ne peut lui être opposée dès lors qu'il n'y a pas identité de cause entre l'arrêt de la cour administrative d'appel Lyon du 6 août 2020 et la présente requête ;

- la motivation des pénalités dans les propositions de rectification du 29 juin 2012 est insuffisante dès lors qu'elle ne repose sur aucune considération de fait et, en particulier, ne donne pas d'indication sur les motifs pour lesquels le vérificateur a jugé possible d'écarter l'existence de la société portugaise C Alberto B A unipessoal Lda, pour laquelle le requérant était inscrit au registre des entrepreneurs au Portugal sous le numéro 507558901, et qui avait émis les factures dont le service s'est servi pour fonder les rappels ;

- la majoration de 80 % appliquée aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée n'est pas fondée dès lors qu'il a commis une erreur de bonne foi.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 mai 2022 et le 22 avril 2024, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête en ce qu'elle vise les pénalités appliquées aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée effectués au titre des années 2009 à 2011 et du mois de janvier 2012 est irrecevable ;

- les autres moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bourion, première conseillère,

- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle portant sur ses revenus perçus en 2009 et 2010. Parallèlement, deux vérifications de comptabilité portant sur les périodes du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2007 puis du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2010, étendue au 1er janvier 2012 pour la taxe sur la valeur ajoutée, ont été engagées à l'encontre de son activité individuelle d'entrepreneurs en isolation et revêtements de sols et murs, relevant des bénéfices industriels et commerciaux, non déclarée au centre de formalité des entreprises en France. Les deux propositions de rectification n'ont donné lieu à aucune réponse de la part du contribuable. M. B A a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2006 à 2010 assorties de pénalités pour exercice d'une activité occulte en application de l'article 1728 du code général des impôts, pour une somme de 149 121 euros, et s'est vu réclamer des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2006 au 31 janvier 2012, assortis des mêmes pénalités, à hauteur de 284 072 euros. Par un jugement du 10 octobre 2016 confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 27 mars 2018, sa demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2006 à 2010 et des pénalités correspondantes et, d'autre part, des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2006 au 31 janvier 2012 et des pénalités correspondantes, a été rejetée. Toutefois, par un jugement du 21 septembre 2018, le tribunal administratif de Grenoble l'a déchargé des mêmes cotisations et pénalités qui avaient fait précédemment l'objet d'un rejet par les juridictions administratives. La cour administrative d'appel de Lyon, par un arrêt du 6 août 2020, a annulé le jugement du tribunal et remis à la charge de M. B A les droits de taxe sur la valeur ajoutée dus au titre de la période du 1er janvier 2006 au 31 janvier 2012, à hauteur de 146 469 euros, et les cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dues au titre des années 2006 à 2010, à hauteur de 76 962 euros, ainsi que les majorations correspondantes, de 137 603 euros et de 72 159 euros. Par suite, l'administration fiscale a adressé à M. B A les 29 et 30 octobre 2020, deux mises en demeure de payer au visa des avis de mise en recouvrement respectivement du 26 décembre 2012 et du 15 octobre 2020. Par la présente requête, M. B A demande la décharge de la majoration de 80 % dont ont été assortis les rappels de taxe sur la valeur ajoutée, soit une somme totale de 117 175 euros.

2. En premier lieu, d'une part, aux termes des dispositions alors en vigueur de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () / c. 80 % en cas de découverte d'une activité occulte () ". D'autre part, en vertu de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les décisions qui infligent une sanction doivent être motivées en droit et en fait.

3. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a, dans la proposition de rectification du 29 juin 2012 qu'elle a adressée à M. B A, indiqué qu'elle faisait application de la majoration de 80 % prévue par les dispositions précitées du c du 1 de l'article 1728 du code général des impôts du fait de l'exercice de son activité de manière occulte, indiquant ainsi les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle a fondé sa décision. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. B A, qui a immatriculé une société au Portugal, n'a procédé à aucune immatriculation de cette société en France, ni n'a procédé à l'enregistrement de l'activité qu'il exerçait à titre individuel en France auprès de l'administration fiscale française. En outre, il s'est abstenu de remplir ses obligations fiscales déclaratives en France au titre des années 2006 à 2010, voire 2012 pour la taxe sur la valeur ajoutée. Si M. B A fait valoir qu'il n'a pas effectué de déclaration en France au motif qu'il était immatriculé au Portugal où il effectuait ses déclarations, il ne produit aucun justificatif permettant d'établir qu'il a satisfait à ses obligations fiscales au Portugal, alors en tout état de cause qu'il a exercé son activité exclusivement en France, ainsi qu'en attestent les pièces obtenues dans le cadre du droit de communication auprès des établissements bancaires et de ses clients, les contrats de sous-traitance conclus avec des sociétés qui ont leur activité en France, ainsi que les extraits des livres comptables des sociétés clientes. Si le requérant se prévaut de ce qu'il exerçait son activité professionnelle par l'intermédiaire d'une société portugaise, les factures de travaux qui ont été émises durant la période vérifiée et obtenues par le droit de communication exercé par l'administration fiscale, bien qu'étant libellées pour partie au nom de la société portugaise, concernent toutes des chantiers situés en France, pour des travaux d'isolation effectués dans le cadre d'une activité individuelle. Par ailleurs, si le requérant soutient que l'administration fiscale a adopté une position différente s'agissant de son frère dont l'activité est identique et est exercée dans les mêmes conditions, il ne saurait se prévaloir de la situation d'un tiers pour contester les pénalités mises à sa charge.

5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration, que cette dernière était fondée à infliger au requérant, pour l'ensemble de la période concernée, la majoration de 80 % prévue à l'article 1728 du code général des impôts.

6. En troisième lieu, les conclusions de M. B A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

Mme Bourion, première conseillère,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

La rapporteure,

I. BOURION

Le président,

V. L'HÔTELa greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions