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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2200965

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2200965

mardi 27 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2200965
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL BLT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 février et 8 juin 2022, la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, représentée par Me Lalanne, demande au juge des référés :

1°) de condamner in solidum, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sociétés Alpha Services, Espaces 26 et Betrec IG à lui verser une somme provisionnelle de 4 073,30 euros TTC en réparation des préjudices qu'elle a subis au titre des désordres relatifs aux fuites dans les salles de classe n°3 et 4, avec intérêts au taux légal, à compter de l'enregistrement de la requête et capitalisation ;

2°) de condamner in solidum, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sociétés Alpha Services, Andriollo, Espaces 26 et Betrec IG à lui verser une somme provisionnelle de 42 514,12 euros TTC en réparation des préjudices qu'elle a subis au titre des désordres relatifs à l'étanchéité du toit-terrasse de la salle de classe n°2, avec intérêts au taux légal, à compter de l'enregistrement de la requête et capitalisation ;

3°) de condamner in solidum, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sociétés Alpha Services, Espaces 26, Betrec IG et Montélimar Façades Gard, à lui verser une somme provisionnelle de 3 982,22 euros TTC en réparation des préjudices qu'elle a subis au titre des désordres relatifs aux infiltrations en provenance des seuils de portes extérieures, avec intérêts au taux légal, à compter de l'enregistrement de la requête et capitalisation ;

4°) de condamner in solidum, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sociétés Alpha Services, Espaces 26, Betrec IG, Andriollo et Montélimar Façades Gard, à lui verser une somme provisionnelle de 9 702,55 euros TTC en réparation des préjudices qu'elle a subis au titre de la réparation transversale des désordres ayant affecté les trois salles de classe, avec intérêts au taux légal, à compter de l'enregistrement de la requête et capitalisation ;

5°) de condamner in solidum, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sociétés Alpha Services, Espaces 26, Betrec IG et Montélimar Façades Gard, à lui verser une somme provisionnelle de 20 000 euros TTC en réparation des préjudices qu'elle a subis au titre de l'immobilisation de la salle de classe n°2, depuis le 21 novembre 2018, avec intérêts au taux légal, à compter de l'enregistrement de la requête et capitalisation ;

6°) de condamner in solidum, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, les sociétés Alpha Services, Espaces 26, Betrec IG et Montélimar Façades Gard, à lui verser une somme de 4 000 euros TTC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- elle a engagé la restauration et la restructuration du groupe scolaire Resseguin ;

- la maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement conjoint d'entreprises, composé de la société Chabal Architectes, mandataire, la société Lebre Ingenierie, BET fluides, la société Dicobat, en qualité d'économiste, la société Sogreah, BET Structure, le BET H2M, BET VRD et la société Europe Acoustique Ingenierie, BET acousticien ;

- le contrat a été annulé par jugement du tribunal de céans, de sorte que l'intervention du groupement s'est arrêtée à la phase d'assistance pour la passation des contrats de travaux (ACT) ;

- selon acte d'engagement du 16 mai 2012, un nouveau groupement de maîtrise d'œuvre était mandaté constitué par la société Espace 26, mandataire, la société Betrec IC, BET TCE et SSI et la société Baudet, BET acousticien ;

- ce groupement a été chargé des missions VISA, direction de l'exécution des travaux (DET) et de l'assistance aux opérations de réception (AOR) ;

- le marché a été divisé en 16 lots, dont le lot n°4 étanchéité, attribué à la société Alpha services, pour un montant de 193 162,40 euros HT, le lot n°5 isolation par l'extérieur - bardage, attribué à la société Montélimar Façades Gard, pour un montant de 217 555,30 euros HT, le lot n°7 serrurerie - métallerie, attribué à la société Andriollo, pour un montant de 72 000 euros HT.

- la réception avec réserve de ces lots est intervenue le 13 mai 2014 ;

- la date d'achèvement a été fixée au 14 avril 2014 ; le maître d'ouvrage a levé les réserves ;

- les premiers désordres sont apparus quelques mois plus tard ;

- la commune a fait appel à la société Hydrotech ;

- puis elle a demandé au juge des référés la désignation d'un expert, lequel a rendu son rapport le 6 août 2021 ;

- les désordres constatés ont pour trait des fuites des toits des salles de classe n°3 et 4, des fuites du toit de la salle de classe n°2 et des infiltrations en provenance des seuils des portes extérieures ;

- les travaux de reprise ont été estimés par l'expert à 60 272,19 euros ;

- la commune a subi d'autres préjudices, notamment à raison de l'indisponibilité des locaux ;

- la responsabilité décennale des constructeurs est engagée ;

- la société Alpha Services est principalement responsable des défauts d'exécution et manquements aux règles de l'art pour les fuites concernant les salles de classe n°3 et 4 ;

- les défauts d'étanchéité du toit-terrasse de la salle de classe n°2 sont imputables à la maîtrise d'œuvre et à l'entreprise exécutante, c'est-à-dire, Alpha Services, Espace 26, Betrec IG et Andriollo ; en effet les fixations des garde-corps ne devaient pas transpercer l'étanchéité ;

- les infiltrations en provenance des seuils de portes extérieures résultent de l'insuffisance de pente de ces seuils ;

- l'implication dans ces désordres des sociétés Alpha Services, Espace 26, Betrec IG et Montélimar Façades Gard est incontestable ;

- il est nécessaire de procéder au remplacement des dalles de plafond endommagées, à la réfection de la peinture du mur façade Ouest, à la dépose des revêtements de sol endommagés et la pose de nouveaux revêtements, pour un coût global de 9 702,55 euros ; ces travaux résultent des trois désordres précédents et leur coût est donc à la charge de l'ensemble des entreprises impliquées dans ces désordres ;

- la commune a subi un préjudice économique, évalué à 20 000 euros, lié à l'indisponibilité des salles de classe.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2022, la SAS MF Habillez vos façades, venant aux droits de la société Montélimar Façades Gard, et représentée par Me Verilhac, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, s'agissant du désordre n°3, à la limitation de sa condamnation à 955,55 euros et à la condamnation in solidum les sociétés Alpha Services, Espace 26, Betrec IG et Andriollo à la garantir de toutes condamnations in solidum éventuellement prononcées à son encontre ;

3°) à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête n'est pas recevable ;

- la créance de la commune n'est pas non sérieusement contestable ;

- les désordres concernant les salles 2, 3 et 4 ne lui sont pas imputables ;

- par suite les désordres " transversaux " ne lui sont pas non plus imputables ;

- la réalisation des seuils des portes extérieures n'était pas à sa charge mais à celle du lot VRD ;

- elle a respecté la hauteur de démarrage à +- 150mm du sol extérieur pour la mise en œuvre de son isolation thermique extérieure (ITE) ; l'absence de pente est sans incidence sur ses travaux dès lors que l'ITE ne part pas en pied de façade ; les travaux qu'elle a réalisés sont donc conformes aux règles de l'art ;

- les travaux réparatoires ne concernent d'ailleurs pas l'ITE ;

- la responsabilité incombe au maître d'œuvre ;

- sa responsabilité ne pourrait excéder 1/4 des dommages ;

- le préjudice d'indisponibilité n'est pas établi, d'autant que la commune a saisi tardivement le juge des référés ; ce préjudice n'a pas été discuté au cours de l'expertise ;

- au surplus l'indisponibilité des salles de classe ne lui est pas imputable ;

- le montant prévu au titre de la TVA n'est pas non sérieusement contestable, car la commune va bénéficier du fonds de compensation de la TVA.

Par mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2022, la SAS Etablissements Andriollo, représentée par Me Maamma, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'une somme de 2500 euros soit mise à la charge de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les prétentions de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux ne sont pas non sérieusement contestables ;

- contrairement à ce qu'a retenu l'expert, la fixation des garde-corps n'a pas pu provoquer des infiltrations par le toit terrasse de la salle de classe n° 2 ; en effet, une hauteur minimale de 150 mm doit être respectée entre l'isolant de la toiture et la fixation du gousset ; or, en l'espèce, le mur sur le toit-terrasse n'était pas assez haut pour respecter cette règlementation, raison pour laquelle les goussets ont été accrochés sur le mur, à la demande du bureau de contrôle ;

- l'expert lui-même n'était pas formel sur la responsabilité de l'entreprise Andriollo dans la survenue des désordres dans la salle de classe n°2 ;

- par voie de conséquence, elle ne peut être tenue à réparer les désordres " transversaux " ;

- aucun justificatif du préjudice lié à l'indisponibilité des salles n'est produit.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 7 et 11 avril 2022, la SAS Betrec IG, représentée par Me Maamma, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les prétentions de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux ne sont pas non sérieusement contestables ;

- aucune stipulation du CCAP maitrise d'œuvre ne prévoyait un contrôle en cours d'exécution des travaux ; elle a assuré la mission DET (Direction de l'Exécution des Travaux) sur la partie Structure/Fluides/Electricités/ VRD pour seulement 20% ;

- la commune ne peut donc demander sa condamnation en ce qui concerne les fuites sur les salles de classe n°3 et 4 ;

- elle n'a jamais sollicité de modifications en cours d'exécution concernant les travaux du toit terrasse de la salle de classe n°2 ; les seules pièces écrites reprises en phase d'exécution concernent la réécriture du CCTP et du GGPF concernant la nouvelle consultation s'agissant du lot n° 12 ; les désordres ne lui sont donc pas imputables ;

- elle n'a pas non plus demandé de modification des seuils des portes ;

- par voie de conséquence, elle ne peut être tenue de réparer les préjudices " transversaux " ;

- le préjudice de jouissance n'est pas justifié.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2022, la société Espace 26, représentée par Me L'Hostis, conclut :

1°) au rejet de la requête de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

2°) à titre subsidiaire à la condamnation in solidum des sociétés Alpha Services, Andriollo, Delorme-Battendier, Montélimar Façades et Betrec et tout autre responsable

à intégralement la relever et la garantir ou à hauteur de leur part de responsabilité

respective ;

3°) de mettre à la charge de tout succombant la somme de 2 000 euros, à lui verser au titre de l'article 761-1 du Code de justice administrative et aux dépens.

Elle soutient que :

- la créance de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux n'est pas non sérieusement contestable ;

- l'architecte qui n'est pas tenu à une présence permanente sur le chantier ne pouvait voir les malfaçons de l'étanchéité à l'origine des fuites d'eau dans les salles de classe n°2 et 4 ;

- subsidiairement, la responsabilité principale pour ces défauts d'exécution reviendrait à Alpha Service qui devrait être condamnée à garantir la société ESPACE 26 intégralement ou a minima à hauteur de 80 % sur le fondement de la responsabilité quasi délictuelle ;

- si une faute de la maîtrise d'œuvre dans la réalisation de la mission DET était retenue, le cotraitant Betrec qui avait une mission DET à hauteur de 20 % selon la répartition des honoraires devrait garantir la société Espace 26 à hauteur de 10 % ;

- s'agissant des fuites de la salle de classe n°2, il ressort du rapport d'expertise que les causes de ces infiltrations proviendraient de la toiture supérieure à la salle de classe 2 soit : les mêmes défauts d'exécution par Alpha Services sur l'étanchéité de la toiture que pour

les salles de classe n°3 et 4, un défaut de hauteur du relevé d'étanchéité par Alpha Services de la rampe d'accès aux personnes à mobilité réduite sur la toiture, un défaut des fixations des garde-corps par Andriollo qui ont percé l'étanchéité ;

- l'expert évoque un " défaut de conception et d'exécution " pour les deux derniers points et " l'absence de plans et prescriptions définissant et décrivant le mode d'exécution " ; en fait il s'agit d'un défaut de la conception technique de ces ouvrages qui relèvent des plans d'exécution des entreprises ; en outre, le second groupement auquel appartient Espace 26 et Betrec n'ont eu aucune mission sur la conception architecturale du projet qui procède du premier groupement

de maîtrise d'œuvre, et aucune mission complémentaire de conception ne leur a été confiée en

particulier concernant les modifications en cours de chantier pour rendre accessible pour des raisons de sécurité la toiture-terrasse sur la salle de classe n°2 notamment aux personnes à mobilité réduite ;

- enfin, les désordres sont ponctuels et ne pouvaient être décelés à l'occasion d'une visite hebdomadaire de chantier au regard de l'ampleur du chantier (travaux d'extension et de réhabilitation du groupe scolaire de Resseguin) et de leur caractère caché : il a fallu en effet des investigations par mise en eau pour trouver la cause des infiltrations ;

- subsidiairement, Alpha Services a la responsabilité principale car elle est responsable

concernant deux des causes ; elle devrait donc être condamnée à la garantir à hauteur de 66 % ou a minima de 55 % sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle ;

- la société Andriollo est responsable de la troisième cause, elle devrait donc être condamnée à la garantir à hauteur de 34 % ou a minima de 25 % sur le fondement de la responsabilité quasi délictuelle ;

- si le tribunal retenait une faute de la maîtrise d'œuvre, le cotraitant Betrec qui

intervenait à chaque stade de la mission (VISA / DET / AOR) selon la répartition des honoraires

devrait garantir la société Espaces 26 à hauteur de 10 % ;

- s'agissant des fuites par les seuils des menuiseries extérieures, les conclusions de l'expert sur les imputabilités ne sont pas claires ; il retient que l'eau s'infiltre par les seuils des menuiseries extérieures ; les menuiseries sont donc fuyardes et sont l'ouvrage de la société Delorme-Battandier ; les désordres sont donc imputables à cette société ;

- le carnet de détail a été réalisé par le premier groupement de maîtrise d'œuvre et les plans d'exécution relevaient de l'entreprise ;

- il y avait des fuites par les sheds, mais la société Delorme-Battandier est intervenue volontairement pendant l'expertise ; mais ces fuites ont contribué à la nécessité de

reprises des embellissements ;

- par voie de conséquence de ce qui précède, elle n'a pas à indemniser les préjudices transversaux ;

- subsidiairement, les sociétés Alpha Services, Andriollo, Delorme-Battandier, et tout autre responsable, devront être condamnées in solidum à la relever et la garantir intégralement l'exposante ou à hauteur de leur part de responsabilité dans les sinistres, sur le

fondement de la responsabilité quasi délictuelle ;

- si le tribunal retenait une faute de la maîtrise d'œuvre, le cotraitant Betrec qui

intervenait à chaque stade de la mission (VISA / DET / AOR) selon la répartition des honoraires

devrait également la garantir à hauteur de 10 % ;

- le préjudice de jouissance n'est pas justifié ;

- sur les trois causes, Alpha Services a la responsabilité principale car elle est responsable

concernant deux des causes, ; elle devrait donc être condamnée à la garantir à hauteur de 66 % ou a minima de 55 % sur le fondement de la responsabilité quasi- délictuelle

- la société Andriollo est responsable de la troisième cause, elle devrait donc être condamnée à la garantir à hauteur de 34 % ou a minima de 25 % sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle ;

- si le tribunal retenait une faute de la maîtrise d'œuvre, le cotraitant Betrec qui intervenait à chaque stade de la mission (VISA / DET / AOR) selon la répartition des honoraires devrait garantir la société ESPACE 26 à hauteur de 10 %.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, la société Alpha Services, représentée par Me Gils, conclut :

1°) au rejet de la requête de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

2°) à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'expert n'a pas établi avec précision la part de responsabilité de chaque constructeur ;

- la commune elle-même ne procède pas à un partage des responsabilités ;

- en outre la commune bénéficiera du fond de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée ;

- il existe donc une contestation sérieuse de la créance de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Par ordonnance en date du 3 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux a engagé un chantier de restauration et restructuration du groupe scolaire Resseguin. La maîtrise d'œuvre a été, initialement, confiée à un groupement conjoint d'entreprises, composé de la société Chabal Architectes, mandataire, la société Lebre Ingenierie, BET fluides, la société Dicobat, en qualité d'économiste, la société Sogreah, BET Structure, le BET H2M, BET VRD et la société Europe Acoustique Ingenierie, BET acousticien. Le contrat a été annulé par décision du tribunal de céans et l'intervention de cette première équipe s'est arrêtée à la phase d'assistance pour la passation des contrats de travaux (ACT). Selon acte d'engagement du 16 mai 2012, un nouveau groupement conjoint de maîtrise d'œuvre était mandaté constitué par la société Espace 26, mandataire, la société Betrec IC, BET TCE et SSI et la société Baudet, BET acousticien. Le marché a été divisé en 16 lots, dont le lot n°4 étanchéité, attribué à la société Alpha services, pour un montant de 193 162,40 euros HT, le lot n°5 isolation par l'extérieur - bardage, attribué à la société Montélimar Façades Gard, pour un montant de 217 555,30 euros HT, le lot n°7 serrurerie - métallerie, attribué à la société Andriollo, pour un montant de 72 000 euros HT. La date d'achèvement a été fixée au 14 avril 2014. Compte tenu de désordres, résultant d'infiltrations d'eau, la commune a demandé au tribunal de désigner un expert, lequel a rendu son rapport le 6 août 2021. Au vu des conclusions de ce rapport, la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux demande au juge des référés de condamner le maître d'œuvre et les entreprises titulaires des lots 4, 5 et 7 à lui payer une provision sur l'indemnisation de ses préjudices.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Par délibération du 25 mai 2020, le conseil municipal de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux a délégué à son maire, la compétence pour ester en justice au nom de la commune. Cette délégation n'exclut pas l'action en référé. Par suite, la requête susvisée a été régulièrement introduite et est recevable.

Sur la provision :

3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

4. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Par ailleurs, un constructeur dont la responsabilité est recherchée par un maître d'ouvrage n'est fondé à demander à être garanti par un autre constructeur que si et dans la mesure où les condamnations qu'il supporte correspondent à un dommage imputable à ce constructeur.

5. Selon le rapport de l'expert, les infiltrations ont trois origines, sur les ouvrages de recouvrement (couvertines, relevés, solins), ce qui concerne les classes n°2, 3 et 4, à travers les fixations des garde-corps de la toiture terrasse, ce qui concerne la classe n°2 et depuis les seuils des portes extérieures du rez-de-chaussée, ce qui concerne les salles de classe n°2, 3 et 4. Ces fuites ont engendré la détérioration des planches support des terrasses, et des revêtements de plafond, des murs et du sol. Ces désordres, établis par les pièces du dossier, rendent donc l'immeuble impropre à sa destination. La mise en cause des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale n'est donc pas sérieusement contestable.

S'agissant des infiltrations dans les classes n°3 et 4, depuis les ouvrages de recouvrement :

6. L'expert explique que les fuites résultent d'une mauvaise exécution des relevés d'étanchéité, des évacuations des eaux pluviales, couvertines et solins aluminium recouvrant l'isolation extérieure et contre les murs séparatifs. La réalisation de ces étanchéités était à la charge de la société Alpha Services. L'expert retient la responsabilité de cette société, mais également un contrôle insuffisant des travaux par la maîtrise d'œuvre. La société Espace 26, architecte soutient que s'agissant de désordres ponctuels, ils pouvaient échapper à son contrôle, sans que cela révèle une faute de sa part. Toutefois, ces désordres répétés ne devaient pas échapper à la vigilance du maître d'œuvre. Le bureau d'études Betrec, qui avait participé à la mission DET, soutient, sans être contesté, que cette mission portait sur la partie Structure/Fluides/Electricités/VRD, pour seulement 20%. L'étanchéité en cause ne relève d'aucune de ces spécialités, mais seulement de la compétence de l'architecte. Enfin la société Alpha Services ne conteste pas que les désordres lui soient imputables et se borne à faire valoir que, l'expert et la commune n'ayant pas opéré un partage de responsabilité, la créance de la commune ne serait pas non sérieusement contestable. Un tel moyen n'est pas fondé dans le cadre de la responsabilité décennale, qui est une responsabilité solidaire. Dans ces conditions, la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux est fondée à mettre en cause la responsabilité solidaire de la société Espace 26 et de la société Alpha Services.

7. Les réparation exigent d'inspecter, réparer ou remplacer les ouvrages défaillants et contrôler le résultat à l'aide d'un nouveau test de fumée ou par mise en charge, outre de fournir des membranes, résines, solins, couvertines et accessoires. L'expert évalue le coût de la réparation de ces désordres à 4 073 euros TTC, avec un taux de TVA de 10%. La société Alpha Services conteste que l'indemnisation soit majorée de la taxe sur la valeur ajoutée, compte tenu que la commune bénéficiera d'une restitution de celle-ci par le fond de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée.

8. Le montant du préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander aux constructeurs la réparation, à raison des désordres affectant l'immeuble qu'ils ont réalisé correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, élément indissociable du coût des travaux, à moins que le maître d'ouvrage ne relève d'un régime fiscal lui permettant normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle qu'il a perçu à raison de ses propres opérations. Or, en application du premier alinéa de l'article 256 B du code général des impôts, les personnes morales de droit public ne sont pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée pour l'activité de leurs services administratifs, sociaux, éducatifs, culturels et sportifs lorsque leur non-assujettissement n'entraîne pas de distorsions dans les conditions de la concurrence. Il appartient aux constructeurs mis en cause d'apporter au juge tout élément de nature à remettre en cause la présomption de non assujettissement des collectivités territoriales à la taxe sur la valeur ajoutée et à établir que le montant de celle-ci ne devait pas être inclus dans le montant du préjudice indemnisable. En l'absence de tout élément de preuve contraire apporté par les parties, la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux doit être réputée ne pas être assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'activité des services énumérés à l'article 256 B du code général des impôts.

9. Si l'article L. 1615-1 du code général des collectivités territoriales a institué un fonds de compensation destiné à permettre progressivement le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par les collectivités territoriales sur leurs dépenses réelles d'investissement, ces dispositions législatives, qui ne modifient pas le régime fiscal des opérations desdites collectivités, ne font pas obstacle à ce que la taxe sur la valeur ajoutée grevant les travaux de reprise d'un ouvrage public soit incluse dans le montant de l'indemnité due par les constructeurs à la commune. Par suite, la créance d'un montant de 4 073 euros de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteux à l'encontre des sociétés Espace 26 et Alpha Services, en tant qu'elle intègre la taxe sur la valeur ajoutée n'est pas sérieusement contestable.

S'agissant des infiltrations affectant la salle n°2 depuis la toiture-terrasse :

10. L'expert explique que ce désordre résulte du percement de l'étanchéité lors de la fixation des garde-corps par la société Andriollo et de défauts dans les relevés d'étanchéité réalisés par la société Alpha Services. L'expert impute ces désordres, pour partie à l'absence de plans et de prescriptions définissant et décrivant le mode d'exécution dans le respect des règles de l'art et au manque de contrôle de cette exécution par la maîtrise d'œuvre et pour partie à des défauts d'exécution et de respect des règles de l'art par les exécutants.

11. La société Andriollo qui a fixé les garde-corps, soutient que la fixation des gardes corps n'a pas pu provoquer des infiltrations par le toit terrasse de la salle de classe n° 2. Toutefois, les tests effectués par la société Hydrotech ont établi que l'eau arrosée au niveau de la fixation des gardes-corps s'infiltrait dans le plafond du local situé plus bas. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que les modalités de fixation des garde-corps ont été modifiées en cours de chantier pour répondre à des contraintes de sécurité et techniques, liées à la nécessité que la terrasse soit accessible, dans le cadre du dispositif anti-incendie.

12. La société Betrec fait valoir, sans être contestée, que l'étanchéité et la pose des garde-corps ne relevaient pas de ses missions Structure/Fluides/Electricités/VRD.

13. Dans ces conditions, il n'est pas sérieusement contestable que les désordres affectant la toiture-terrasse de la salle de classe n°2 sont imputables à la société Espace 26, la société Andriollo et la société Alpha Services, cette dernière ne pouvant utilement faire valoir que l'absence de partage de responsabilité par l'expert et la commune rendrait sérieusement contestable la créance de cette dernière.

14. Les parties ne contestent pas les réparations prévues au rapport d'expertise, selon lequel la totalité de l'étanchéité du toit-terrasse de la salle n°2, de ses relevés périphériques et de ses éléments de recouvrement en aluminium doit être refaite et l'étanchéité contrôlée par la mise en charge des ouvrages, pour un coût global de 42 514,12 euros TTC. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 11 de la présente ordonnance, la créance de la commune à l'encontre des sociétés Espace 26, Andriollo et Alpha Services doit être calculée TTC.

S'agissant des désordres relatifs aux infiltrations en provenance des seuils de portes extérieures des classes situées à l'Ouest :

15. Selon l'expert, ces désordres résultent de l'insuffisance de pente des seuils, ce qui, en cas de fortes précipitations, permet à l'eau de pluie d'être poussée par le vent sous les menuiseries au lieu de s'écouler dans le caniveau prévu à cet usage. Ces désordres concernent particulièrement les salles de classe n°2, 3 et 4. L'expert n'a pas clairement désigné les constructeurs responsables de ces désordres et la commune met en cause les sociétés Alpha Services, Espaces 26, Betrec IG et Montélimar Façades Gard.

16. Toutefois, il résulte du rapport de l'expert, que le caniveau à grille est posé à l'emplacement qui lui revient, au pied de la tôle larmée. Sa position est conforme à ce qu'elle doit être et il évacue bien les eaux qu'il reçoit. Il n'évacue pas celles qu'il ne reçoit pas du fait qu'elles sont poussées sous la menuiserie. Les caniveaux posés par l'entreprise de VRD ne sont pas en lien avec le désordre. La hauteur de démarrage l'ITE n'intervient pas en l'affaire. Ici le sommet de l'ITE enterré est dominé par la tôle larmée, horizontale au lieu d'être en pente. Dans ces conditions, la responsabilité ne peut qu'être imputée à la maîtrise d'œuvre.

17. La société Betrec IG conteste être intervenue dans une modification des seuils. En tout état de cause, la configuration des seuils n'entre pas dans la mission structure du BET. En l'espèce, les désordres sont imputables à la seule société Espace 26, qui a fait une erreur de conception, en ne prévoyant aucune pente, à l'exclusion d'une erreur de réalisation des menuiseries.

18. D'ailleurs l'expert estime qu'il n'existe aucune solution techniquement acceptable du fait de la configuration de l'ensemble, si ce n'est de reprendre l'ouvrage en abaissant le caniveau et en donnant de la pente au seuil, pour un coût TTC de 3 982,22 euros, ce qui confirme que la société titulaire du lot menuiseries n'a pas de responsabilité dans la survenue du désordre.

19. Dans ces conditions, la créance de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux d'un montant de 3 982,22 euros à l'encontre de la société Espace 26 n'est pas sérieusement contestable.

En ce qui concerne les désordres " transversaux " :

20. Les infiltrations d'eau dans les salles de classe ont endommagé les dalles de plafond sur 6 m², les peintures des murs des façades situées à l'ouest sur 50 m² et les revêtements de sol sur 85 m². Le coût global de ces réfections se monte à 9 702,55 euros TTC. La commune demande la condamnation in solidum des constructeurs auxquels les autres dommages ont été imputés. Ces derniers contestent devoir contribuer à la réparation de tous les désordres, alors que certaines dégradations ne leur seraient pas imputables.

21. En l'espèce, la reprise des revêtements de sol est une conséquence des infiltrations par les seuils. La dépense peut donc être imputée à la société Espace 26, seule responsable de ces infiltrations. La créance de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux à ce titre se monte à la somme non sérieusement contestable de 7 741,80 euros. Il y a donc lieu de condamner la société Espace 26 à payer cette somme à la commune.

22. Le surplus des dépenses portant sur la remise en état de murs et plafonds représente une somme de 1 960,75 euros, qu'il y a lieu de mettre in solidum à la charge des sociétés Espaces 26, Alpha Services et Andriollo qui ont toutes contribué aux désordres. Si la société Espace 26 allègue qu'une partie de ces désordres seraient aussi imputable à des fuites par les sheds, corrigées par la société Delorme-Battandier, intervenue pendant l'expertise pour procéder à des réparations, elle ne l'établit pas. Il y a donc lieu de condamner ces trois sociétés à payer la somme globale de 1 960,75 euros à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

En ce qui concerne le préjudice de jouissance :

23. Si l'expert a noté dans son rapport l'impossibilité d'utiliser une salle de classe, il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux ait dû engager des dépenses pour faire face à cette indisponibilité. Par suite, sa demande tendant à ce qu'une somme de 20 000 euros soit mise à la charge des constructeurs, à titre d'indemnisation de son préjudice de jouissance n'est pas non sérieusement contestable et doit donc être rejetée.

En ce qui concerne les intérêts légaux :

24. Les sommes de 4 073,30 euros, 42 514,12 euros, 3 982,22 euros, 7 741,80 euros et 1 960,75 euros doivent être majorées de l'intérêt au taux légal depuis le 15 février 2022, date d'enregistrement de la requête. Une année d'intérêts ne s'étant pas écoulée, les conclusions aux fins de capitalisation doivent être rejetées.

Sur les appels en garantie :

25. Pour les désordres résultant des infiltrations dans les classes n°3 et 4, depuis les ouvrages de recouvrement (4 073,30 euros), il doit être retenu un pourcentage de responsabilité de 80% à la charge de la société Alpha Services et de 20% à la charge de la société Espace 26.

26. Pour les désordres résultant des infiltrations affectant la salle n°2 depuis la toiture-terrasse (42 514,12 euros), il doit être retenu un pourcentage de responsabilité de 60% à la charge de la société Alpha Services, dont les malfaçons dans l'exécution des étanchéités ont un rôle prépondérant dans l'apparition de ces désordres, et 20% à chacune des sociétés Espaces 26 et Etablissements Andriollo.

27. Pour les désordres résultant des infiltrations par les seuils de porte (3 982,22 euros + 7 741,80 euros), les appels en garantie présentées par la société Espace 26, seule responsable en raison d'une erreur de conception, doivent être rejetés.

28. Pour les désordres transversaux concernant les murs et plafonds, il doit être retenu un pourcentage de responsabilité par tiers entre les sociétés Espaces 26, Alpha Services et Andriollo.

29. Les condamnations prononcées au titre des appels en garantie correspondent à la réparation des sommes dues en fonction des parts respectives de responsabilité de chaque intervenant, le surplus des appels en garantie est rejeté.

30. Les conclusions d'appel en garantie présentées par la société MF Habillez vos façades, doivent être rejetées comme étant sans objet, dès lors que cette société ne supporte aucune condamnation.

Sur les frais du litige :

31. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de chacune des sociétés Espace 26, Alpha Services et Andriollo une somme de 500 euros à verser à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, à verser aux sociétés Espace 26, Alpha Services et Andriollo.

33. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit au surplus des conclusions présentées par les autres parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La société Espace 26 et la société Alpha Services sont condamnées solidairement à payer à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux une somme de 4 073,30 euros, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 15 février 2022.

Article 2 : Les sociétés Alpha Services, Espace 26 et Andriollo sont condamnées solidairement à payer à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux une somme de 42 514,12 euros, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 15 février 2022.

Article 3 : La société Espace 26 est condamnée à payer à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux une somme de 11 724,02 euros (3 982,22 euros + 7 741,80 euros), majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 15 février 2022.

Article 4 : Les sociétés Alpha Services, Espace 26 et Andriollo sont condamnées in solidum à payer à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux une somme de 1 960,75 euros, majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 15 février 2022.

Article 5 : La société Alpha Services, la société Andriollo et la société Espace 26 sont condamnées à se garantir mutuellement, à concurrence chacune des partages de responsabilité déterminés au point 27, 28 et 30 de la présente ordonnance, des condamnations prononcées à leur encontre par ladite ordonnance.

Article 6 : La société Alpha Services, la société Andriollo et la société Espace 26 verseront chacune à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux à la société Alpha Services, la SAS Etablissements Andriollo, la société Espace 26, la SAS MF Habillez vos façades, la SAS Betrec IG et à la société Delorme-Battendier.

Fait à Grenoble, le 27 septembre 2022.

La juge des référés,

A. Wolf

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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