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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2201198

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2201198

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2201198
TypeDécision
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELAS CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE LYON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A contestant le refus de la commune de Crest de lui accorder un branchement au réseau d'eau potable. Le tribunal s'est déclaré incompétent, estimant que le litige relève de l'ordre judiciaire, car le service public de distribution d'eau potable est un service public industriel et commercial (SPIC). La solution retenue est le rejet de la requête pour incompétence de la juridiction administrative, en application des principes de répartition des compétences entre les ordres de juridiction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 février 2022, le 15 octobre 2022 et le 2 mars 2023, M. C A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2021 par laquelle l'adjoint au maire en charge de l'urbanisme de la commune de Crest a refusé de faire droit à sa demande de branchement au réseau communal d'eau potable ;

2°) d'enjoindre au maire de Crest de lui délivrer une autorisation de branchement sur le réseau communal d'eau potable dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Crest une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée retire une décision devenue définitive en méconnaissance de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les motifs de refus sont infondés.

Par des mémoires enregistrés, le 7 octobre 2022 et le 22 février 2023, la commune de Crest, représentée par Me Belluc, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que

- la requête est portée devant une juridiction incompétente ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;

- l'éventuelle annulation de la décision attaquée n'emporte pas droit pour M. A à se voir accorder l'autorisation sollicitée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,

- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,

- et les observations de M. A, et de Me Millanvois, représentant la commune de Crest.

Considérant ce qui suit :

Sur l'exception d'incompétence :

1. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de se prononcer sur un litige opposant le gestionnaire d'un service public industriel et commercial à un usager de ce service.

2. Le litige, relatif au raccordement de la parcelle de M. A sur laquelle est construit un cabanon de vigne, au réseau public de distribution d'eau potable de la commune, se rattache à la détermination des droits de l'usager d'un service public dont il n'est pas contesté qu'il est " financièrement géré comme un service à caractère industriel et commercial ", selon les termes mêmes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales, et relève, dès lors, des seuls tribunaux judiciaires, quand bien même cette décision a été prise par l'adjoint au maire en charge de l'urbanisme. Il y a donc lieu d'accueillir l'exception d'incompétence excipée en défense par la commune Crest et de rejeter pour ce motif les conclusions de M. A tendant à l'annulation de cette décision et à ce qu'il soit enjoint au maire de lui délivrer une autorisation de branchement sur le réseau communal d'eau potable.

Sur les frais liés au litige :

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Crest, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Crest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Crest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Crest.

Délibéré après l'audience du 27 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Coutarel, première conseillère,

M. Derollepot, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2025.

La rapporteure,

A. Coutarel

Le président,

T. Pfauwadel Le greffier,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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