mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202206 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2022, M. A B, représenté par Me Mathis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2021 par lequel l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures à compter du jugement à intervenir, de manière rétroactive à compter du mois de septembre 2021, et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée, et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas statué sur sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil au regard des trois critères fixés par le Conseil d'Etat dans son arrêté n°428314 du 17 avril 2019 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Naillon,
- les conclusions de Mme C,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian, déclare être entré en France en août 2018. Le 14 novembre 2018, sa demande d'asile a été enregistrée en préfecture de l'Isère en procédure dite " Dublin ". Le même jour, il a accepté la prise en charge par l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par arrêté du 28 décembre 2018, le préfet de l'Isère a décidé de son transfert vers l'Italie, responsable de l'examen de sa demande d'asile. Le 22 mai 2019, M. B a été déclaré en état de fuite. Par une décision du 27 mars 2020, l'OFII a suspendu ses droits aux conditions matérielles d'accueil. Le 30 août 2020, la demande d'asile de M. B a été enregistrée en préfecture de l'Isère, qui a été requalifiée en procédure accélérée. Par une décision du 25 octobre 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 11 mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Par courrier du 15 septembre 2021, M. B a sollicité le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il sollicite l'annulation de la décision du 26 novembre 2021 par laquelle l'OFII a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, la décision du 26 novembre 2021 vise les textes dont elle fait application et en énonce les éléments de fait essentiels tenant à la situation personnelle de M. B. Elle est suffisamment motivée. De plus, les termes de la décision témoignent du fait que l'OFII a examiné la situation de M. B avant de refuser de rétablir les conditions matérielles d'accueil, quand bien même ce dernier aurait souhaité qu'y figurent d'autres éléments. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation, du défaut d'examen particulier, et de l'erreur de fait, doivent être écartés.
3. En deuxième lieu, si les termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
4. Il résulte de l'article L. 744-1 du CESEDA que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 de ce code. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'OFII, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil.
5. Pour refuser de rétablir les conditions matérielles d'accueil, l'OFII a estimé que l'intéressé ne justifiait pas des raisons pour lesquelles il ne s'était pas présenté à l'embarquement, le 16 mai 2019, pour son transfert vers l'Italie. Si, à l'appui de sa requête, M. B déclare craindre pour sa vie en cas de retour vers son pays d'origine qui pourrait être ordonné par les autorités italiennes, il n'en justifie pas. D'ailleurs, dans sa décision du 25 octobre 2021, l'OFPRA a estimé que les déclarations de l'intéressé ne permettaient pas de tenir les faits allégués pour établis et de regarder comme fondés les risques d'atteintes graves auxquels il se dit exposé en cas de retour. La CNDA a confirmé cette décision le 11 mars 2022. Il ressort également des termes de la décision attaquée que l'OFII a reçu l'intéressé lors d'un entretien de vulnérabilité le 9 novembre 2021, et a examiné ses besoins en matière d'hébergement. Si le requérant soutient qu'il souffre de troubles de santé, notamment de douleurs à la jambe et à la tête, le seul certificat médical peu circonstancié produit à l'appui de sa requête n'est pas de nature à justifier un état de vulnérabilité tel que les conditions matérielles d'accueil auraient dû être rétablies. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit.
6. Pour les mêmes motifs, l'OFII n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences que comporte son arrêté sur la situation de M. B. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit, par suite, être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte, et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Mathis et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, présidente,
Mme Portal, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
L. Naillon
La présidente,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202206
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026