lundi 8 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ABOUDAHAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Aboudahab, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 6 juillet 2022 refusant le renouvellement de son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer dans un délai de trois jours, une autorisation provisoire de séjour et de travail d'une durée de six mois et de statuer à nouveau sur son dossier dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dans une situation de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; le refus de renouvellement le prive de l'emploi qu'il occupe depuis le 1er juillet et lui fait perdre les droits qui lui ont été reconnus en qualité de travailleur handicapé ;
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen de sa situation puisqu'il exerce un emploi d'agent de service chargé de l'entretien des locaux depuis le 1er juillet 2022 dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée et que cet emploi figure sur la liste des métiers en tension pour lesquels la situation de l'emploi n'est pas opposable.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2022, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'était pas informé de l'existence du contrat de travail à la date de l'arrêté.
Vu :
- la requête enregistrée le 25 juillet 2022 sous le numéro 2204678 par laquelle M. C demande l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur la demande de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Joly, greffière d'audience, Mme Bailleul, juge des référés, a lu son rapport et entendu les observations de Me Aboudahab et de M. C qui font également valoir que :
- le préfet n'a pas pris en compte les dispositions de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les critères fixés par l'instruction ministérielle du 28 février 2019 pour instruire sa demande de titre de séjour ;
- le préfet a instruit la demande de renouvellement de titre de séjour " salarié " sans prendre en compte le fait qu'il a été involontairement privé d'emploi ;
- il n'a pu signer un second contrat de travail du fait de sa situation au regard du droit au séjour.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
2. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant et, d'autre part, qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé, cette condition d'urgence étant en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.
3. Eu égard aux conséquences du refus en litige sur le droit au séjour en France de M. C, la condition d'urgence exigée par les dispositions citées au point précédent est satisfaite.
4. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de fait puisqu'il occupe un emploi d'agent d'entretien depuis le 1er juillet 2022 dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de la décision du 6 juillet 2022 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de renouveler le titre de séjour de M. C, d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de la situation de l'intéressé et de lui délivrer dans un délai de trois jours une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du jugement se prononçant sur la légalité de l'arrêté du 6 juillet 2022.
6. Dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu, en particulier, du caractère provisoire des mesures ordonnées par le juge des référés, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du préfet de l'Isère du 6 juillet 2022 refusant le renouvellement du titre de séjour de M. C est suspendue.
Article 2: Il est enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la situation de M. C et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de trois jours, jusqu'à l'intervention du jugement se prononçant sur la légalité de l'arrêté du 6 juillet 2022.
Article 3 : Le surplus des conclusions de M. C est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 8 août 2022.
Le juge des référés,La greffière,
C. B V. Joly
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026