mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ROURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Roure, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 27 août 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, d'enregistrer sa demande, de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que la décision attaquée méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 18 novembre 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête, au motif que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur la tardiveté de la requête, en application de la décision CE n°387763.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Frapolli,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est un ressortissant kosovar né le 2 septembre 2001, entré sur le territoire français le 6 juillet 2019 sous couvert d'un visa délivré à des fins sportives. Après rejet de sa demande d'asile, en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 13 juillet 2020, le préfet de l'Ain a prononcé à son encontre le 6 mai 2020 une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours avec interdiction de retour d'une durée d'un an, décisions dont la légalité a été confirmée par la juridiction administrative. Le 6 août 2021, à la suite d'un contrôle de son droit au séjour sur le territoire, le préfet de la Haute-Savoie a décidé de l'obliger à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour d'une durée d'un an et assignation à résidence. Dans la présente instance, M. B demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 27 août 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a refusé d'enregistrer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au motif de son caractère manifestement dilatoire.
2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / Le récépissé n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer et de délivrer le récépissé y afférent que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. La seule circonstance que l'étranger soit sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser. En revanche, lorsqu'un étranger a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour assortie d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécuté, cette circonstance s'oppose à ce qu'un nouveau récépissé lui soit délivré, sauf si des éléments nouveaux conduisent l'autorité préfectorale à l'autoriser à former une nouvelle demande.
4. Il ressort des termes même de la décision en litige prise à la suite de la demande d'admission exceptionnelle au séjour formulée le 21 août 2021, qu'elle a été prise au seul motif que M. B avait " fait l'objet, le 6 août 2021, d'une décision portant obligation à quitter le territoire assortie d'une mesure d'assignation à résidence. ". Cette circonstance est insuffisante à caractériser la nature dilatoire ou abusive de la demande, en application du principe énoncé au point précédent, alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait jamais présenté une demande de titre de séjour avant août 2021.
5. Il résulte de de ce qui précède que la décision susvisée du 27 août 2021 doit être annulée.
6. Eu égard au motif d'annulation retenu le présent jugement implique, au sens de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que l'administration réexamine la situation de M. B après lui avoir fixé un rendez-vous aux fins d'enregistrer sa demande. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens au préfet de la Haute-Savoie et de lui impartir un délai de deux mois pour y procéder. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 900 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 août 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Haute-Savoie, dans le délai de deux mois à compter du présent jugement, de réexaminer la situation de M. B après fixation d'un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2206091
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026