LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2208428

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2208428

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2208428
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSAMBA-SAMBELIGUE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête enregistrée le 22 décembre 2022 sous le n° 2008428, M. B A, représenté par Me G, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a assigné à résidence en lui enjoignant de se présenter tous les jours à la brigade de gendarmerie de Reignier ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues,

- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement à son rejet. Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II - Par une requête enregistrée le 22 décembre 2022 sous le n° 2008430, M. B A, représenté par Me G, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire et prononcer une interdiction de retour pour une durée de un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son signataire ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté méconnaît le droit d'être entendu :

- c'est à tort qu'aucun délai volontaire ne lui a été accordé ;

- il porte une atteinte disproportionnée à sa situation familiale ;

- il craint de faire l'objet de traitements violents en cas de retour dans son pays ;

- l'interdiction de retour est disproportionnée, dès lors qu'il vit en France depuis 2015, et entend se marier prochainement.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 614-15 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a, au cours de l'audience publique du 26 décembre 2022, à 14h00 présenté son rapport.

M. A a présenté ses observations, assisté de Mme F, interprète en langue albanaise.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 8 octobre 1991 au kosovo, est entré en France en 2015 selon ses déclarations. Le 29 janvier 2018, il a formé une demande d'admission en qualité de demandeur d'asile, rejetée en dernier lieu par la cour nationale du droit d'asile le 10 avril 2019. Il a fait l'objet le 20 décembre 2022 d'un arrêté préfectoral l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et prononçant une interdiction de retour d'une année. Par arrêté du même jour, le préfet de la Haute-Savoie l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et lui a enjoint de se présenter tous les jours à la brigade de gendarmerie de Reignier.

En ce qui concerne la jonction :

2. Les requêtes susvisées ayant pour objet la situation de M. A, et ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre et de statuer en un même jugement.

En ce qui concerne l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans les instances n° 2208428 et 2208430.

En ce qui concerne les arrêtés pris dans leur ensemble :

4. Les arrêtés ont été signés par Mme C E, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par le préfet par arrêté publié le 23 août 2022.

5. Les arrêtés attaqués visent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile appliquées et mentionne les éléments de faits propres à la situation de l'intéressé sur lesquels il est fondé, sans être tenu de reprendre tous les éléments relatifs à la situation du requérant. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne résulte pas de termes des arrêtés, que le préfet ne serait pas livré à un examen complet de la situation du requérant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a pu présenter ses observations le 20 décembre 2022. Il n 'établit pas qu'il aurait disposé d'autres informations tenant à sa situation personnelle ni qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration divers éléments, concernant notamment une promesse d'embauche et ses relations personnelles, avant que ne soit prise à son encontre, la mesure d'éloignement contestée.

7. M. A fait valoir qu'il vit en France depuis 2015, sans toutefois l'établir. Il n'a jamais demandé de titre de séjour, et la relation dont il se prévaut reste récente, et au surplus non établie, de même que son insertion professionnelle. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour sur le territoire français, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision le privant d'un délai volontaire :

8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".

9. M. A s'est soustrait à l'exécution d'une décision d'éloignement dont il a fait l'objet le 26 juin 2019. Par suite et à supposer même qu'il ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Haute-Savoie pouvait légalement lui refuser un délai de départ et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut être accueilli.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

10. Le requérant ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité des risques qu'il encoure personnellement en cas de retour au Kosovo. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour :

11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " ;

12. Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

13. La décision attaquée mentionne les considérations de droit qui la fondent et prend en compte la durée de présence du requérant sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, la circonstance qu'il présente une menace pour l'ordre public sur le territoire français. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision ne serait pas suffisamment motivée ou qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen et de prise en compte de tous les critères légaux.

14. Aucun délai de départ n'ayant été accordé à M. A, il est dans la situation, prévue par les dispositions précitées où l'administration assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français en l'absence de circonstances humanitaires y faisant obstacle et ne procède à un examen de la situation d'ensemble de l'étranger que pour fixer la durée de l'interdiction. Dès lors et compte tenu de ce qui a été dit au point ci-dessus, la durée d'un an de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre n'est pas disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été fixée et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation et à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées. Le requérant étant la partie perdante dans les deux instances, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans les instances n° 2208428 et 2208430.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme G et au préfet de la Haute-Savoie.

Fait à Grenoble, le 28 décembre 2022.

La magistrate désignée,

D. DLa greffière,

L. Bourechak

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. - 2208430

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions