vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 juillet 2023 et le 19 juillet 2023, M. G E et Mme H E, représentés par Me Millet, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre le permis de construire modificatif du 16 mai 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montélier une somme de 3 000 euros à verser à M. et Mme E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent :
- que la condition d'urgence est acquise dès lors que l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme prévoit que la condition d'urgence est présumée satisfaite et qu'ils ont introduit leur référé moins de deux mois après la communication du premier mémoire en défense déposé dans le cadre du recours en annulation ; en tout état de cause, le permis de construire modificatif vise à régulariser une construction en cours de chantier et à permettre la reprise des travaux ;
- qu'ils ont intérêt pour agir ;
- qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dès lors que :
* le dossier de permis de construire est incomplet à défaut de produire une nouvelle notice et un nouveau document graphique en méconnaissance du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
*les dispositions des articles Uc 1 et Uc 11 du règlement et les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
* les dispositions de l'article Uc 7 du règlement ont été méconnues et le permis est entaché de fraude dès lors que la déclaration d'un soubassement de seulement 80 cm vise uniquement à faire échec à la hauteur sur limite de 4,5 mètres prévue à l'article Uc 7 ;
* la forme de la toiture ne respecte pas l'article Uc 11 du règlement et la charte d'intégration urbaine, paysagère et environnementale ;
*les dispositions de l'article Uc 13 du règlement ont été méconnues car les arbres ont été supprimés ;
* les dispositions de l'article Uc 11 ont été méconnues dès lors que le mur de clôture est prévu en teinte G20 quand la façade est en teinte G00 et il n'est pas prévu de couvertine sur le mur de clôture.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 juillet 2023 et le 19 juillet 2023, la commune de Montélier, représentée par Me Plunian conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas respecté les formalités prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; ils n'ont ni intérêt pour agir ni qualité pour agir dès lors qu'ils n'ont pas contesté le permis initial ;
- à titre subsidiaire, la condition d'urgence n'est pas remplie et il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité du permis de construire modificatif contesté.
Par un mémoire enregistré le 17 juillet 2023, Mme B et M. F, représentés par Me Gay, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à leur verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable faute d'intérêt pour agir ;
- subsidiairement, il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de l'autorisation qui leur a été délivrée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 juillet 2023 sous le numéro 2304251 par laquelle
M. et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté du 16 mai 2023 délivrant un permis de construire modificatif.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Muller, greffier d'audience, Mme C a lu son rapport.
Ont été entendus les observations de Me Millet, représentant M. et Mme E, les observations de Me Plunian, représentant la commune de Montélier et les observations de Me Gay pour M. et Mme F.
L'instruction a été clause à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 mai 2021, M. F et Mme B ont déposé, auprès de services de la commune de Montélier, une demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle avec garage pour une surface de 136 m2 sur un terrain d'une superficie de 5 462 m2 situé 17 allée des quatre vents cadastré section YR n° 67. Par un arrêté du 29 juin 2021, la commune de Montélier a accordé le permis de construire sollicité. Le 13 avril 2023, les pétitionnaires ont déposé une demande de permis de construire modificatif portant sur le décalage de l'emprise au sol de la maison au Nord, la réalisation d'un vide sanitaire de 80 cm et un changement de tuile. Par un arrêté du 16 mai 2023, le maire de la commune de Montélier a délivré le permis de construire sollicité. M. et Mme E demandent au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 16 mai 2023 accordant à M. F et à Mme B un permis de construire modificatif.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. L'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme subordonne l'intérêt pour agir d'une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme à la condition que cette décision soit " de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir utilement contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit précédemment les requérants n'ont pas contesté le permis de construire initial, et leur intérêt à agir à l'encontre du permis de construire modificatif doit donc être apprécié à l'aune des seules modifications apportées par le permis de construire modificatif.
5. Le permis de construire modificatif du 16 mai 2023 porte sur des modifications mineures relatives à la création d'un vide sanitaire de 80 cm, un changement de tuiles, le décalage de l'emprise au sol de la construction vers le Sud de 3,50 mètres sans création de surface de plancher et une légère modification de la toiture en limite Est. D'une part, si les époux E établissent être propriétaires de la parcelle cadastrée section YR n° 45, leur tènement ne jouxte pas le projet mais se situe de l'autre côté de l'allée des quatre vents à une distance d'environ 15 mètres du terrain d'assiette du projet. En se bornant à indiquer que le projet est directement visible depuis leur propriété et érigé en premier rideau d'une zone agricole alors qu'il bénéficiait jusqu'alors d'une vue dégagée sur les champs, ils ne justifient pas d'une atteinte supplémentaire aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien alors que l'origine du préjudice de vue invoqué trouve sa source dans la délivrance du permis de construire initial. D'autre part, la circonstance alléguée relative à l'exécution des travaux est sans incidence sur l'appréciation de l'intérêt à agir des requérants. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Montélier et par M. B ainsi que par Mme F doit donc être accueillie. Par suite, les conclusions à fin de suspension du permis de construire modificatif du 16 mai 2023 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les sommes demandées par chacune des parties en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Montélier et par M. F ainsi que par Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G E, à Mme H E, à Mme D B, à M. A F et à la commune de Montélier.
Fait à Grenoble, le 21 juillet 2023.
Le juge des référés,Le greffier,
E. C P. MULLER
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026