jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306698 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2023, M. B A, représenté par Me Guyon, demande au
- 1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande du 13 février 2023 mettant en demeure le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74) de considérer qu'il dispose d'un schéma vaccinal complet et ne peut donc faire l'objet d'une décision de suspension ultérieure ;
- 2°) d'annuler le refus implicite de rejet de sa demande de retrait de la décision de suspension ;
- 3°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler le refus implicite de rejet de sa demande d'abrogation de la décision de suspension ;
- 4°) d'ordonner au Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74), à titre principal, de prendre en compte ses certificats de rétablissements antérieurs ainsi que son certificat de rétablissement valide du point de vue du décret n°2022-1097 ; de procéder au versement de sa rémunération, y compris de manière rétroactive, dans tous ses éléments et accessoires ; subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation et, en tout état de cause, d'ordonner à l'administration de procéder au versement de sa rémunération, y compris de manière rétroactive, dans tous ses éléments et accessoires ; de manière infiniment subsidiaire, de procéder à son licenciement pour inaptitude ; d'assortir l'injonction choisie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
- 5°) de condamner le Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74) à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.
M. B A soutient que :
- la décision est prise par une autorité incompétente ; elle n'est pas motivée ; elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il bénéficie d'un schéma vaccinal complet ; l'employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents à une obligation de loyauté ; en l'espèce, son dernier certificat de rétablissement a pris fin le 14 février 2023 ; pourtant, pour une raison qui reste encore inconnue, le SDIS 74 l'a laissé en service sur la semaine du 14 février 2023 au 21 février 2023 ; il s'agit d'une sanction déguisée ; la décision attaquée méconnaît l'article L.533-1 du code de la fonction publique ; la décision attaquée, qui constitue une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service, méconnaît l'article L. 531-1 du code de la fonction publique ; la décision attaquée porte atteinte au principe de continuité du service public ; elle constitue une mesure de police administrative illégale ; elle méconnaît le principe d'égalité ; elle est illégale dès lors qu'elle constitue une discrimination ; elle méconnaît l'article 5 de la Convention Européenne des droits de l'Homme ; elle méconnaît l'article 2 de la Convention Européenne des droits de l'Homme ; il est porté atteinte à son droit à la santé ; elle méconnaît le droit de mener une vie privée et familiale normale ; elle méconnaît le principe de respect de l'intégrité physique et du corps humain ; elle méconnaît le principe de précaution ; elle méconnaît le droit au respect du secret médical ; elle est entachée d'erreur d'appréciation ; si à la date à laquelle le tribunal se prononce, la mesure est toujours d'actualité il y aura lieu d'abroger la décision de suspension pour l'un des moyens juridiques précédemment soulevés ; il en va de même pour la note de service ainsi que la décision de refus de réintégration.
Les parties ont été informées le 5 mai 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête : le courrier du 13 février 2023 ne constitue qu'une mise en demeure préventive et générale adressée au SDIS 74 de ne pas adopter de décision de suspension ultérieure. Il n'a pu faire naître aucune décision implicite de rejet et les conclusions et moyens dirigés à l'encontre de cette décision inexistante sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2023-368 du 13 mai 2023 relatif à la suspension de l'obligation de vaccination contre la covid-19 des professionnels et étudiants ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit.
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu ces dispositions en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.
4. Ayant contracté la Covid 19, M. B A, sapeur-pompier professionnel au Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie (SDIS 74), a produit une attestation d'isolement pour la période du 14 octobre 2022 au 23 octobre 2022 inclus et a été autorisé à reprendre ses fonctions à compter du 24 octobre 2022 pour la durée de validité de son certificat de rétablissement, soit quatre mois. Au terme de la période de validité de son certificat de rétablissement, et n'ayant toujours pas fait le choix d'être vacciné, il a régularisé sa situation par la mobilisation de ses droits à congés payés. Disposant de trois certificats de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 et craignant, selon lui, une erreur d'interprétation du décret n°2022-1097 du 30 juillet 2022, il a envoyé une mise en demeure au SDIS 74, le 13 février 2023, de ne pas prendre une décision de suspension ultérieure. Dans le cadre de sa reprise de fonctions prévue le 1er mars 2023, il s'est vu notifier par son supérieur hiérarchique la fiche de gestion de l'absence de passe sanitaire qui constitue l'annexe 2 de la note de service relative à la mise en oeuvre de l'obligation vaccinale au sein du SDIS 74. Aux termes de cette annexe signée de l'intéressé le 1er mars 2023, l'intéressé reconnaissait ne pas être en mesure de présenter les documents satisfaisant à l'obligation vaccinale contre la Covid 19 ou permettant d'y déroger et ne mobilisait pas ses droits à congés payés pour régulariser sa situation. Il était alors informé, d'une part, de la suspension de ses fonctions à compter du jour même et jusqu'à présentation des documents répondant à l'obligation vaccinale et, d'autre part, de l'interruption de sa rémunération pendant la période de suspension. A la suite de la parution du décret n° 2023-368 du 13 mai 2023 relatif à la suspension de l'obligation de vaccination contre la covid-19 des professionnels et étudiants, il a été mis fin à la mesure de suspension de l'intéressé à compter du 15 mai 2023.
5. M. A s'est présenté sur son lieu d'affectation le 1er mars 2023 sans justifier de l'obligation de vaccination contre la Covid-19. En l'absence de justificatif de vaccination, il n'a pas été autorisé à exercer ses fonctions de sapeur-pompier ainsi qu'il lui avait été précisé dès le mois de février 2023. Aux termes d'une décision du 6 avril 2023, M. A a été suspendu de ses fonctions dans l'intérêt du service pour un motif d'ordre public lié à la protection de la santé des personnes, à compter du 1er mars 2023, et jusqu'à régularisation de sa situation. M. A n'a pas contesté la décision du 6 avril 2023 et ne justifie pas en avoir demandé le retrait. Le courrier du 13 février 2023, présenté avant l'intervention de la mesure de suspension du 6 avril 2023, ne contient aucune demande de retrait ou d'abrogation de cette mesure. Ce courrier ne constitue qu'une mise en demeure préventive et générale adressée au SDIS 74 de ne pas adopter de décision de suspension ultérieure. Elle n'a pu faire naître aucune décision implicite de rejet de retrait ou d'abrogation et les conclusions et moyens dirigés à l'encontre de cette décision inexistante sont irrecevables. Dans ces circonstances, les conclusions de M. A dirigées contre la décision implicite de rejet de sa demande du 13 février 2023 ne peuvent être regardées comme dirigées contre la décision du 6 avril 2023 dans les conditions rappelées au point 3. M. A ne justifie pas davantage avoir transmis au SDIS 74 d'autre demande de retrait ou d'abrogation de la décision de suspension prenant effet à compter du 1er mars 2023 ou une demande d'abrogation de la note de service dont il ne précise pas la date au demeurant dans ses écritures et à l'encontre de laquelle, il n'a présenté aucune conclusion au surplus.
6. Dès lors, la requête n'est pas recevable et doit être rejetée en application de l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Service départemental d'incendie et de secours de la Haute-Savoie.
Fait à Grenoble le 22 novembre 2023.
Le président de la 6ème Chambre,
C.Vial-Pailler
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2302470
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026