jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404259 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PORET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2024, M. B, représenté par Me Poret, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite née le 4 août 2023 par laquelle le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre audit préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois en l'autorisant provisoirement au séjour, dans l'attente et sous quinzaine et, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de cinq jours ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- l'urgence est caractérisée car l'absence de droit au séjour le place dans une situation administrative précaire, ne lui permet pas de poursuivre ses études, de prétendre à l'obtention de son diplôme et d'un logement ;
- les moyens de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision sont l'absence de motivation, la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, le préfet de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'urgence n'est pas caractérisée au regard de la saisine tardive et dès lors que le requérant ne justifie pas des difficultés alléguées pour poursuivre ses études ou de ses tentatives pour trouver un emploi ; qu'aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 15 juin 2024 sous le numéro 2404258 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Ribeaud, greffier d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Miran, substituant Me Poret, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais né en janvier 2005, est entré mineur en France le 30 août 2019 et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Le 4 avril 2023, il a déposé une première demande de titre de séjour " vie privée et familiale " et des récépissés lui ont été remis dont le dernier expirait le 22 mai 2024. Il a sollicité à plusieurs reprises le renouvellement de son récépissé, sans toutefois y parvenir. M. B sollicite du juge des référés la suspension de la décision implicite de rejet née le 4 août 2023 sur sa demande de titre de séjour.
Sur la demande d'aide d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. M. B a formé une demande de titre de séjour le 4 avril 2023 et le dernier récépissé délivré a expiré le 22 mai 2024 sans qu'il ne parvienne, malgré ses démarches, à en obtenir le renouvellement. M. B se trouve ainsi placé en situation irrégulière alors même qu'il achève un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) au métier de menuisier fabricant, après avoir obtenu un CAP en maintenance technique des bâtiments l'an passé. Par ailleurs, il n'est pas contesté que l'absence de droit au séjour rend complexe l'accès de l'intéressé, actuellement hébergé, à un logement et l'expose à être retenu en cas de contrôle d'identité. Dans ces circonstances, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation du requérant est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
7. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. B.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le prononcé de la suspension de l'exécution de la décision contestée implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la situation de M. B et de prendre une décision explicite sur la demande de titre de séjour présentée par ce dernier, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans l'attente, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un document l'autorisant à séjourner dans un délai de deux jours.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. M. B étant admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Poret de la somme de 600 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à ce dernier.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision implicite en date du 4 août 2023 refusant la délivrance d'un titre de séjour est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de réexaminer la situation de M. B et de prendre une décision explicite se prononçant sur la demande de titre de séjour présentée par ce dernier, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans l'attente, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un document l'autorisant à séjourner dans un délai de deux jours.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Poret, avocat de M. B, une somme de 600 euros en application des dispositions du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros sera versée à ce dernier.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Poret et au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 4 juillet 2024.
La juge des référés,Le greffier,
A. CS. RIBEAUD
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026