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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406977

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406977

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406977
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLE GULLUDEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024 Mme D et Mme A demandent au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la commune de Tréminis de produire le compromis de vente des parcelles D65 et D68 signé par la maire de la commune ;

2°) de suspendre de l'exécution dudit compromis de vente ;

3°) de mettre à la charge de commune de Tréminis la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité du compromis litigieux.

Vu :

* les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2406978, enregistrée le 13 septembre 2024, par laquelle Mmes D et A demandent l'annulation du compromis contesté.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mmes D et A demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution d'un compromis de vente, au prix de 70 000 euros, d'une parcelle cadastrée D65 avec une maison mitoyenne de 80 mètres carrés habitable, composée de cinq pièces, un grenier de 45 mètres carrés, une cave, un garage double de 45 mètres carrés sur une parcelle de 445 mètres carrés située 268 route neuve à Château-Bas, et d'une parcelle cadastrée D68 avec un jardin de 220 mètres carrés et d'enjoindre à la commune de leur communiquer ce compromis de vente.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Le même code dispose à son article L. 522-1 que : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " ; à son article L. 522-3 que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " D'autre part, aux termes de l'article R. 522-8-1 du même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

3. En premier lieu, la juridiction administrative est compétente pour connaître des conclusions d'annulation dirigées contre une délibération ou une décision relative à l'aliénation d'un bien appartenant au domaine privé d'une collectivité territoriale, mais est incompétente pour connaître d'un litige relatif à l'acte de vente lui-même d'un tel bien. Par suite, les conclusions de Mmes D et A tendant à la suspension de l'exécution du compromis de vente des parcelles D65 et D68 doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

4. En second lieu, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

5. Mmes D et A ne demandent pas la suspension ni l'annulation du refus du maire de leur communiquer le compromis de vente litigieux et ne justifient d'ailleurs pas avoir exercé au préalable le recours obligatoire devant la commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir la communication de ce document. Leur demande d'injonction, dépourvue de lien avec la suspension ou l'annulation d'un acte administratif est ainsi manifestement irrecevable.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de commune de Tréminis, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de Mmes D et A en ce sens doivent également être rejetées.

7. Il y a lieu, dès lors de rejeter la requête de Mmes D et A en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mmes D et A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et Mme B A.

Fait à Grenoble, le 17 septembre 2024.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24069772

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