lundi 27 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408574 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | VINCENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 février 2024 au greffe du tribunal administratif de Paris et transmise par ordonnance du président de ce tribunal du 4 novembre 2024 au tribunal de céans, et un mémoire enregistré le 19 décembre 2024, la société Arel Aménagement représentée par Me Vincent demande au juge des référés de condamner l'ANAH (Agence Nationale de l'Habitat) à lui verser, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision d'un montant de 22 000 euros, à raison du non-paiement de la prime de rénovation pour trois chantiers terminés, ainsi qu'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a effectué des travaux de rénovation chez M. et Mme H pour 8 000 euros, chez Mme C pour 3 000 euros, chez M. et Mme E G pour 11 000 euros ; que les propriétaires ont signé les documents nécessaires pour que les primes soient perçues par la requérante, qui a vainement demandé à l'ANAH paiement des sommes en cause ; que sa demande en paiement vaut recours administratif ; que M. D a démonté les travaux effectués ; qu'elle ne peut être tenue pour responsable du comportement des bénéficiaires qui ont refusé la visite de contrôle.
Par un mémoire enregistré le 3 décembre 2024, l'ANAH conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est irrecevable pour les dossiers de M. et Mme H et de M. et Mme E G, faute pour la requérante d'avoir exercé le recours administratif préalable prévu à l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 ; que la conformité des travaux pour les dossiers litigieux a été remise en cause par la visite de contrôle pour l'un des dossiers, et pour les deux autres n'a pu être vérifiée à raison de l'absence de coopération des propriétaires ; que par suite la requête ne peut qu'être rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. "
2. La société Arel Aménagement fait valoir qu'elle a effectué des travaux de rénovation subventionnables chez M. et Mme H pour 8 000 euros, chez Mme C pour 3 000 euros, chez M. et Mme E G pour 11 000 euros. Dans le cadre du dispositif dit " A F ", institué par le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 visé ci-dessus, les propriétaires de ces logements ont signé les documents nécessaires pour que la prime soit perçue par la requérante. Celle-ci a vainement demandé aux délégations départementales de l'ANAH paiement des sommes en cause. Il lui a été répondu que les dossiers étaient traités par le siège national de l'ANAH, et que ses demandes lui ont été transférées. En tout état de cause, et eu égard aux dispositions de l'article L 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, la requérante doit être regardée comme ayant ainsi saisi l'ANAH préalablement à l'engagement de son contentieux indemnitaire.
3. Pour demander la condamnation de l'ANAH au paiement d'une provision d'un montant de 22 000 euros, la requérante expose qu'elle n'a pas touché les montants des primes précitées, pour lesquelles elle est subrogée dans les droits des propriétaires, que les travaux ont été effectués, et que rien ne s'oppose au versement des primes.
4. Toutefois, l'ANAH expose que chacun des trois dossiers en litige a fait l'objet d'une décision de retrait de la décision d'attribution de la prime, par des décisions respectivement du 6 février 2024 pour les époux H, du 21 mai 2024 pour M. C et du 23 février 2024 pour les époux G. L'ANAH fait valoir que pour les époux H, un contrôle réalisé par le bureau Véritas a fait apparaître que les travaux éligibles à la prime n'avaient pas été effectués dans leur totalité, et que ni M. C ni les époux G n'ont répondu aux demandes réitérées de l'ANAH visant à organiser un contrôle sur place par le même bureau, empêchant ainsi de constater la réalité des travaux éligibles à la prime.
5. Aux termes de l'article 10 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020, les bénéficiaires de la prime s'engagent à se soumettre à une visite de contrôle, et le résultat négatif de celle-ci ou le fait de ne pas se soumettre à une telle visite sont des motifs de retrait de la décision d'accorder la prime.
6. La requérante soutient que M. D aurait démonté une partie des travaux effectués, et qu'elle ne dispose d'aucun moyen pour contraindre les bénéficiaires à accepter les visites de contrôle. Par ces remarques, elle n'apporte aucune contradiction aux constats faits par l'ANAH tels que rappelés au point précédent. Il y a lieu de constater l'existence d'une difficulté sérieuse quant à la réalisation effective des travaux susceptibles d'être éligibles à la prime en cause.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'irrecevabilité soulevée par l'ANAH, que l'existence de l'obligation de l'ANAH envers la requérante ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, par suite, de faire droit à ses conclusions tendant au versement d'une provision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
9. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'ANAH, qui n'est pas dans la présente affaire la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Arel Aménagement est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Arel Aménagement et à l'ANAH.
Fait à Grenoble, le 27 janvier 2025.
Le juge des référés,
F. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026