vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2409528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2024, la communauté de communes Porte de DrômArdèche, représentée par Me Blanc, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de M. B A, de la société Icare 26 et de tout occupant de leur chef du hangar situé sur l'aérodrome de Saint-Rambert-d'Albon, objet de la convention d'occupation signée en 2007 avec la SCI Icare 26, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de fixer le montant de l'astreinte due par M. A, la société Icare 26 et tout occupant de leur chef, faute pour eux d'avoir libéré les lieux dans le délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, à un montant de 1 000 euros par jour de retard
3°) de l'autoriser, faute pour M. A, la société Icare 26 et tout occupant de leur chef, d'avoir libéré les lieux dans le délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, à faire procéder d'office à leur expulsion, au besoin avec le concours de la force publique ;
4°) de mettre à la charge de M. A la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que M. A occupe les lieux depuis plusieurs années, et résiste à toutes les demandes de libération des lieux et de remise en état, que la SCI Icare 26 sous-loue le hangar à d'autres personnes dont la société Aeroskylux France, ce qui crée des problèmes en termes de responsabilité et d'assurance, que M. A refuse de s'acquitter tant de la redevance due au titre de la convention désormais expirée que des indemnités d'occupation dues depuis l'expiration de cette convention ;
- la mesure demandée présente un caractère utile dès lors qu'elle se justifie par le bon fonctionnement du service public ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse, la convention d'occupation dont disposait la SCI Icare 26 est venue à échéance depuis le 15 juillet 2017 et n'a jamais été renouvelée.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2024, la SCI Icare 26 et M. B A, représentés par Me Cunin, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté de communes Porte de DrômArdèche la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les conclusions tendant à ordonner la libération des lieux à la SCI Icare 26 ou à tout occupant de son chef sont irrecevables dès lors qu'elles ne sont d'aucune utilité, la communauté de communes ayant déjà obtenu l'expulsion de cette société et le respect de l'injonction de quitter les lieux ;
- les conclusions tendant à ordonner la libération des lieux à M. B A ou à tout occupant de son chef sont irrecevables dès lors qu'il n'est plus présent dans les lieux en sa qualité de personne physique ;
- les conclusions tendant à autoriser le concours de la force publique sont irrecevables dès lors qu'il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser une collectivité à solliciter auprès de l'Etat le concours de la force publique ;
- il n'est pas justifié de l'urgence ;
- la mesure demandée ne présente pas un caractère utile ;
- les sociétés présentes sur place, dont l'une est propriétaire des aéronefs, n'ont pas été mises en cause.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 16 décembre 2024 en présence de M. Palmer, greffier d'audience, M. Pfauwadel a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Blanc, avocat de la communauté de communes Porte de DrômArdèche ;
- les observations de Me Cunin, avocat de M. A et de la SCI Icare 26.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. Il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
2. La chambre de commerce et d'industrie Nord-Ardèche, agissant pour le compte de la communauté de communes Porte de DrômArdèche, a conclu 2 juillet 2007 avec la SCI Icare 26, dont le gérant est M. B A, une convention d'occupation du domaine public aéronautique, pour occuper un terrain de 600 m² dépendant de l'aérodrome de Saint-Rambert-d'Albon (Drôme), en vue de l'exploitation d'une unité de construction de prototypes aéronautiques dans des installations à construire par la société, moyennant le paiement d'une redevance annuelle de 1200 euros indexée. Cette autorisation accordée pour une durée de dix ans a pris fin le 14 juillet 2017. La communauté de communes a adressé à la SCI Icare 26 plusieurs mises en demeure de remettre en état les lieux, conformément à la convention, qui n'ont pas été suivies d'effet. Par une ordonnance du 23 mars 2022, le juge des référés a enjoint à la SCI Icare 26 de libérer le terrain dans un délai d'un mois. Par une ordonnance du 29 juin 2022, le juge des référés lui a enjoint de libérer les lieux sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par une ordonnance du 7 juin 2023, le juge des référés lui a enjoint de libérer les lieux sous astreinte de 500 euros par jour. Par une requête enregistrée sous le numéro 2306743, la communauté de communes Porte de DrômArdèche a demandé la liquidation de l'astreinte prononcée le 7 juin 2023. La SCI Icare 26 a soutenu en défense qu'elle avait libéré les lieux le 15 juin 2023. Par une ordonnance du 6 décembre 2023, le juge des référés a rejeté en l'état des pièces du dossier la demande de liquidation d'astreinte, faute d'identification des personnes occupant le hangar. Par une ordonnance du 16 octobre 2024, le président du tribunal judiciaire de Valence a désigné un commissaire de justice avec mission d'entrer dans le hangar après avoir procédé le cas échéant à son ouverture forcée avec l'assistance de la force publique et d'un serrurier, de constater la présence des occupants, de relever leur identité et de lister et photographier les éléments et biens présents dans le hangar permettant l'identification des personnes occupant les locaux. Le commissaire de justice désigné s'est rendu sur les lieux le 17 octobre 2024 et a notamment constaté : sur la porte du hangar, une affiche intitulée avertissement informant que toute intrusion entraînerait le dépôt d'une plainte pour violation de secret d'entreprise et d'une autre affiche mentionnant que le hangar était sous vidéo-surveillance avec enregistrement déporté ; la présence dans le hangar de deux aéronefs de type ULM motorisé sous les ailes desquels étaient accrochées des affiches portant la raison sociale et les coordonnées de l'entreprise Smoking Duck ; la présence d'un courrier daté du 29 février 2024 adressé à M. A B, 13 rue de Bonrepos, chez Wenche Gradval 26140 Saint-Rambert-d'Albon. A l'issue de ce constat, le serrurier a procédé au changement du barillet de la porte du hangar endommagé lors de l'ouverture et en a déposé les clés au siège de la communauté de communes. Un de ses agents ayant constaté le 19 octobre 2024 que les portes du hangar étaient ouvertes, la communauté de communes a déposé plainte le 25 octobre 2024 pour introduction dans un local professionnel à l'aide de manœuvres, et occupation frauduleuse. Dans la présente instance, la communauté de communes demande que soit ordonnée l'expulsion de M. B A, de la société Icare 26 et de tout occupant de leur chef du hangar, sous astreinte de 1 000 euros par jour.
3. M. A et la SCI Icare 26 soutiennent que cette dernière a exécuté l'injonction de quitter les lieux le 15 juin 2023 et le constat du commissaire de justice ne mentionne pas la présence de biens ou matériels identifiés comme appartenant à celle-ci. Il n'y a dès lors pas lieu d'ordonner l'expulsion de cette société.
4. M. A ne conteste pas occuper le hangar. Cette occupation est confirmée par la plainte adressée par son avocat au procureur de la République le 15 décembre 2024 pour un prétendu vol de données informatiques, dont il ressort que M. A a réinvesti le hangar le jour même de la visite du commissaire de justice et du changement du barillet de la porte d'entrée du hangar. Il n'est pas fondé à soutenir qu'il ne serait pas présent dans le hangar " en sa qualité de personne physique " et à se prévaloir de ce que la demande d'expulsion n'est pas dirigée contre son entreprise personnelle Smoking Duck ou toute autre entreprise. La demande d'expulsion de M. A présente ainsi un caractère utile. En ce qu'elle vise également tout occupant du chef de M. A, cette demande d'expulsion présente également un caractère utile dès lors qu'il résulte de l'instruction que la présence dans le hangar de biens et matériels pouvant appartenir à d'autres entités juridiques résulte des agissements volontaires de M. A.
5. La demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que M. A occupe le hangar sans droit ni titre et que sa mise en scène d'une protection de la propriété intellectuelle, manifestement destinée à l'empêcher ou à la retarder, ne lui confère ni à tout autre occupant aucun droit au maintien dans les lieux.
6. La mesure demandée présente un caractère d'urgence dans la mesure où les obstacles mis systématiquement en œuvre par M. A n'ont pas permis à la collectivité de reprendre possession du domaine public dont l'occupation n'avait été autorisée que jusqu'au 14 juillet 2017.
7. Il résulte de ce qui précède que, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'ordonner à M. B A ainsi qu'à tout occupant de son chef d'évacuer sans délai le hangar occupé sans droit ni titre sur l'aérodrome de Saint-Rambert-d'Albon, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
8. En revanche, il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser la collectivité à demander à l'Etat, sur le fondement des dispositions du code des procédures civiles d'exécution, le concours de la force publique pour l'exécution de cette décision. Les conclusions de la communauté de communes Porte de DrômArdèche en ce sens sont par suite irrecevables.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Porte de DrômArdèche, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCI Icare 26 et M. B A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 2000 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes Porte de DrômArdèche et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est ordonné à M. B A ainsi qu'à tout occupant de son chef d'évacuer sans délai le hangar occupé sans droit ni titre sur l'aérodrome de Saint-Rambert-d'Albon, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : M. B A versera à la communauté de communes Porte de DrômArdèche la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes Porte de DrômArdèche et à M. B A.
Fait à Grenoble, le 7 février 2025.
Le juge des référés,
T. Pfauwadel
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026