lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1806601 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LYON-CAEN - THIRIEZ |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une ordonnance n° 1808899 du 18 juillet 2018, la présidente de la 2ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en vertu des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par la société anonyme (SA) Transavia Airlines CV où elle a été enregistrée le 19 juillet 2018 sous le n° 1806601.
Par une requête enregistrée le 1er juin 2018 au greffe du tribunal administratif de Paris, la SA Transavia Airlines CV, représentée par Me Chesneau, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation qui lui a été notifiée par la mise en demeure, tenant lieu de commandement, en date du 23 mars 2018 de payer la somme de 7 700 euros correspondant à une amende infligée par l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires et mise en recouvrement par un titre de perception émis le 9 décembre 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que la prescription de l'action en recouvrement lui est acquise dès lors que le premier acte de poursuite, à savoir la mise en demeure de payer la créance constatée par le titre de perception, a été émis par la direction spécialisée des finances publiques pour l'étranger le 23 mars 2018, soit quatre ans et trois mois après l'émission du titre de perception, postérieurement au délai de quatre ans dont elle disposait en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales applicable aux créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine en vertu de l'article 113 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2018 et régularisé le 1er octobre 2018, le directeur spécialisé des finances publiques pour l'étranger conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SA Transavia Airlines CV ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2018, l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires, représentée par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut :
- au rejet de la requête ;
- à ce qu'il soit mis à la charge de la SA Transavia Airlines CV une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation de la mise en demeure de payer et de la décision du 12 avril 2018 rejetant sa demande d'opposition à poursuites sont irrecevables, en ce que le contentieux du recouvrement relève du recours de plein contentieux ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la SA Transavia Airlines CV ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 septembre 2021 à 12 heures.
II. Par une ordonnance n° 1808896 du 12 octobre 2018, la présidente de la 2ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en vertu des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par la SA Transavia Airlines CV où elle a été enregistrée le 15 octobre 2018 sous le n° 1809567.
Par une requête enregistrée le 1er juin 2018 au greffe du tribunal administratif de Paris, la SA Transavia Airlines CV, représentée par Me Chesneau, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation qui lui a été notifiée par la mise en demeure, tenant lieu de commandement, en date du 23 mars 2018 de payer la somme de 62 150 euros correspondant à une amende infligée par l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires et mise en recouvrement par un titre de perception émis le 23 septembre 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que la prescription de l'action en recouvrement lui est acquise dès lors que le premier acte de poursuite, à savoir la mise en demeure de payer la créance constatée par le titre de perception, a été émis par la direction spécialisée des finances publiques pour l'étranger le 23 mars 2018, soit quatre ans et six mois après l'émission du titre de perception, postérieurement au délai de quatre ans dont elle disposait en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, lequel est applicable aux créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine en vertu de l'article 113 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2018, l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires, représentée par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut :
- au rejet de la requête ;
- à ce qu'il soit mis à la charge de la SA Transavia Airlines CV une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation de la mise en demeure de payer et de la décision du 12 avril 2018 rejetant sa demande d'opposition à poursuites sont irrecevables en ce que le contentieux du recouvrement relève du recours de plein contentieux ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la SA Transavia Airlines CV ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au directeur spécialisé des finances publiques pour l'étranger qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 27 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 septembre 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des transports ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012, notamment son article 113 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thierry, conseillère,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Sarrazin, représentant l'ACNUSA.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes, enregistrées sous les n°s 1806601 et 1809567, qui présentent à juger des questions similaires, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre afin d'y statuer par un seul jugement.
2. D'une part, aux termes de plusieurs décisions adoptées les 14 janvier 2011, 17 juin 2011, 19 janvier 2012 et 19 novembre 2012, l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) a infligé à la société anonyme (SA) Transavia Airlines CV plusieurs amendes d'un montant total de 56 500 euros. En vue du recouvrement de cette créance, le directeur spécialisé des finances publiques pour l'étranger a émis un titre de perception en date du 23 septembre 2013 à l'encontre de la SA Transavia Airlines CV. D'autre part, aux termes d'une décision du 13 novembre 2013, l'ACNUSA a de nouveau infligé à la société une amende d'un montant de 7 000 euros. En vue du recouvrement de cette seconde créance, le directeur spécialisé des finances publiques pour l'étranger a émis un titre de perception en date du 9 décembre 2013. Faute de paiement de ces deux créances, le comptable public a adressé à la société requérante, le 23 mars 2018, deux mises en demeure valant commandement de payer, comportant chacune une majoration de 10% des sommes mises à la charge de la SA Transavia Airlines CV. Par deux lettres du 9 avril 2018, la société a fait opposition à l'exécution de ces actes de poursuite en contestant l'exigibilité des créances correspondantes. Ces oppositions à poursuite ont été rejetées par décision du 12 avril 2018. La société requérante doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des obligations de payer qui lui ont été notifiées par les mises en demeure, tenant lieu de commandement, en date du 23 mars 2018 de payer les sommes respectives de 62 150 euros et de 7 700 euros, correspondant aux amendes majorées infligées par l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires et mises en recouvrement par deux titres de perception émis les 23 septembre 2013 et 9 décembre 2013.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 6361-13 du code des transports, dans sa rédaction applicable au litige : " Les amendes administratives mentionnées à l'article L. 6361-12 ne peuvent excéder, par manquement constaté, un montant de 1 500 € pour une personne physique et de 20 000 € pour une personne morale (). Elles sont recouvrées comme les créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine. () ". Aux termes de l'article 113 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Le recouvrement des ordres de recouvrer relevant de la présente sous-section s'effectue comme en matière d'impôts directs. Toutefois, les dispositions du dernier alinéa de l'article 24 ne s'appliquent pas à ces recettes. ". Les dispositions de ce décret ne concernent que les formes et procédures à observer dans l'exercice des poursuites contre les débiteurs, le recouvrement des créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine n'étant pas soumises sur le fond aux dispositions du livre des procédures fiscales.
4. En outre, aux termes du premier alinéa de l'article 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 6361-13 du code des transports que les amendes administratives prononcées par l'ACNUSA sont recouvrées comme les créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine.
6. La société requérante soutient que la prescription des actions en recouvrement lui est acquise dès lors que les premiers actes de poursuite, à savoir les mises en demeure de payer les amendes mises à sa charge par les titres de perception émis par l'ACNUSA, ont été émis respectivement quatre ans et trois mois et quatre ans et six mois après l'émission de ces titres de perception, soit au-delà du délai de quatre ans imparti à l'administration pour recouvrer lesdites créances, en vertu de l'article 274 du livre des procédures fiscales, qui serait selon elle applicable aux créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine par le truchement de l'article 113 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Toutefois, les dispositions précitées de l'article 113 de ce décret n'ont pas pour effet, ainsi qu'il a été dit, de soumettre le recouvrement des créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine en cause à la prescription quadriennale de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales. Ainsi, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les actions du comptable public seraient prescrites en vertu des dispositions de cet article L. 274 du livre des procédures fiscales.
7. D'autre part, aux termes de l'article 2224 du code civil, dans sa rédaction issue de la loi du 17 juin 2008 : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ". En vertu de ces dispositions, et à défaut de dispositions prévoyant une prescription plus courte pour les créances de l'Etat étrangères à l'impôt et au domaine, le reversement des sommes dues à l'Etat par la société requérante est soumis à la seule prescription quinquennale. Par suite, et sans qu'il y ait lieu d'examiner si l'action en recouvrement des amendes litigieuses serait susceptible d'être prescrite par trente ans comme le fait valoir l'ANCUSA, le comptable public a pu à bon droit, par deux mises en demeure du 23 mars 2018, procéder au recouvrement des créances dues par la SA Transavia Airlines CV à raison des titres de perception émis les 23 septembre 2013 et 9 décembre 2013, les actions en recouvrement n'étant pas prescrites à ces dates.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'ACNUSA, que doivent être rejetées les conclusions aux fins de décharge des obligations qui lui ont été notifiées le 23 mars 2018 par les mises en demeure, tenant lieu de commandement, de payer les sommes mises en recouvrement par deux titres de perception émis respectivement les 23 septembre 2013 et 9 décembre 2013 ainsi que les majorations dont elles sont assorties.
Sur les frais liés au litige :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ACNUSA, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, les sommes que la SA Transavia Airlines CV demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SA Transavia Airlines CV une somme totale de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'ACNUSA dans ces deux instances et non compris dans les dépens.
10. D'autre part, les présentes instances n'ayant pas donné lieu à la liquidation de dépens, les conclusions de la SA Transavia Airlines CV tendant à la condamnation de l'État aux entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 1806601 et 1809567 de la SA Transavia Airlines CV sont rejetées.
Article 2 : La SA Transavia Airlines versera à l'ACNUSA une somme totale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA Transavia Airlines CV, au directeur spécialisé des finances publiques pour l'étranger et à l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
M. Huin, premier conseiller,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
La rapporteure,
S. THIERRY
Le président,
Y. LIVENAISLe greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 1806601, 1809567
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026