mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1905721 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BERAHYA LAZARUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mai 2019, M. D B, représenté par Me Berahya-Lazarus, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la direction départementale des finances publiques de Maine-et-Loire a rejeté son recours gracieux formé contre le titre exécutoire émis le 20 juillet 2018 au titre de la redevance d'archéologie préventive pour un montant de 2 605 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception est insuffisamment motivé dès lors que n'y figure pas le détail des sommes à payer et des métrés exacts et qu'il n'est pas précisé s'il s'agit de constructions nouvelles ou de bâtiments rénovés ;
- le titre de perception est entaché d'une erreur de droit, d'une erreur de fait ou à le moins d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les bases de liquidation ne portent pas mention d'un procès-verbal d'achèvement des travaux de sorte que le titre est dépourvu de fondement juridique, que les travaux en cause ont été sans impact sur le sous-sol et que la surface des constructions préexistantes n'a pas été soustraite de la surface taxable retenue de 868 m².
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2020, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir acquis dans le courant de l'année 2012 une propriété située 15 route de Fontaine-Milon, au lieu-dit " La Planche " sur la commune de Mazé-Milon et réalisé sans autorisation des travaux de transformation d'une partie des bâtiments présents sur le terrain d'assiette, M. B a, le 23 janvier 2013, déposé une demande de permis de construire de régularisation. Par un arrêté du 7 juin 2013, le maire de Mazé-Milon a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Le 17 octobre 2016, le maire de la commune a dressé un procès-verbal portant sur la construction sans autorisation d'un garage pour le rangement de véhicules et du matériel d'entreprise, de bureaux et d'un réfectoire sur la fermeture de bâtiments existants par la réalisation d'une façade. Le procès-verbal a été transmis au procureur de la République. Par un jugement du 14 juin 2018, le tribunal correctionnel de Saumur a reconnu M. B coupable d'infractions aux dispositions du plan local d'urbanisme et d'exécution de travaux non autorisés par un permis de construire et l'a condamné à une peine d'amende et à la démolition des constructions irrégulières sous astreinte. Par un courrier du 14 mai 2018, le directeur départemental des territoires de Maine-et-Loire a informé M. B de l'engagement d'une procédure de taxation d'office en application des dispositions du code de l'urbanisme et l'a invité à formuler ses observations dans un délai de 30 jours. Un titre de perception a été émis par la direction départementale des finances publiques de Maine-et-Loire le 20 juillet 2018 d'un montant de 2 605 euros correspondant à la somme due au titre de la redevance d'archéologie préventive afférente aux travaux réalisés. Le 14 septembre 2018, M. B a formé un recours gracieux contre ce titre exécutoire, recours qui a fait l'objet d'un rejet implicite. Le requérant demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de son recours gracieux. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 20 juillet 2018 et de le décharger du paiement de la somme de 2 605 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 524-2 du code du patrimoine : " Il est institué une redevance d'archéologie préventive due par les personnes, y compris membres d'une indivision, projetant d'exécuter des travaux affectant le sous-sol et qui : a) Sont soumis à une autorisation ou à une déclaration préalable en application du code de l'urbanisme ; () ". Le I de l'article L. 524-7 du code du patrimoine dispose : " Lorsqu'elle est perçue sur les travaux mentionnés au a de l'article L. 524-2, l'assiette de la redevance est constituée par la valeur de l'ensemble immobilier déterminée dans les conditions prévues aux articles L. 331-10 à L. 331-13 du code de l'urbanisme. / Le taux de la redevance est de 0,40 % de la valeur de l'ensemble immobilier ".
3. Aux termes de l'article L. 331-10 du code de l'urbanisme : " L'assiette de la taxe d'aménagement est constituée par : / 1° La valeur, déterminée forfaitairement par mètre carré, de la surface de la construction ; / 2° La valeur des aménagements et installations, déterminée forfaitairement dans les conditions prévues à l'article L. 331-13. / La surface de la construction mentionnée au 1° s'entend de la somme des surfaces de plancher closes et couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 mètre, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment, déduction faite des vides et des trémies. ".
4. Il résulte de la combinaison des dispositions citées ci-dessus que la redevance d'archéologie préventive repose sur la même assiette que la taxe d'aménagement et que celle-ci est assise sur la surface de la construction créée à l'occasion de toute opération de construction, de reconstruction ou d'agrandissement de bâtiments. Doit être regardée comme une reconstruction, une opération comportant la construction de nouveaux bâtiments à la suite de la démolition totale des bâtiments existants. Dans ce cas, la taxe d'aménagement est assise sur la totalité de la surface de la construction nouvelle, sans qu'il y ait lieu d'en déduire la surface supprimée.
5. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. / () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
6. Le titre de perception litigieux indique que la créance correspond à la redevance d'archéologie préventive prévue par les articles L. 524-1 et suivants du code du patrimoine. Il comporte, en dernière page, un encadré intitulé " détail de la somme à payer " qui comporte un descriptif du projet soumis à la taxe, et en particulier la surface taxable totale créée des constructions, de 868 m², les montants et éléments de calcul. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que ce titre de perception serait insuffisamment motivé.
7. Il résulte de l'instruction que, le 12 juillet 2016, le maire de Mazé-Milon a dressé un procès-verbal relevant divers travaux réalisés sans autorisation par M. B, la demande de permis de construire de celui-ci, portant en outre sur une partie des travaux déjà réalisés seulement, ayant fait l'objet d'un refus en date du 7 juin 2016. Le requérant ne conteste pas le contenu de ce procès-verbal qui a été versé à l'instance. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit à raison de l'absence de procès-verbal constatant l'achèvement des constructions en cause doivent être rejetés.
8. Le requérant soutient que la surface taxable de 868 m² est erronée dans la mesure où n'ont pas été déduites les surfaces des bâtiments déjà construits. Il n'apporte toutefois aucun élément à l'appui de ses allégations. Il résulte de l'instruction que M. B, récupérateur de métaux, a fait l'acquisition dans le courant de l'année 2012 d'une propriété composée d'une maison d'habitation, d'une ancienne maison d'habitation, d'une grange et de deux hangars dont seul l'un présentait une partie close. M. B a procédé à la démolition de la grange afin d'y édifier un lieu de stockage de 246 m² et un bâtiment à usage de bureaux et de réfectoire de 228 m² et a entièrement clos les deux hangars afin d'y créer un entrepôt de 230 m² et un garage de 314 m², dont la surface déjà close de 150 m² a été exclue de la taxation. Si M. B évoque une " rénovation de bâtiments agricoles ", il n'apporte comme il a été dit aucun élément de nature à étayer ses allégations. Il résulte de l'instruction que le refus de permis de construire du 7 juin 2013 est notamment fondé sur la " démolition " de la grange, les photographies produites à l'appui de la demande de permis de construire ne permettant pas d'établir qu'il s'agirait d'une simple rénovation, et le requérant lui-même fait état de la clôture de bâtiments jusque-là non clos. Par ailleurs, si le requérant soutient que les travaux en cause ont été sans effet sur le sous-sol, il n'apporte là encore pas d'éléments à l'appui de ses allégations de nature à établir que les travaux en cause, de reconstruction et de construction, de bâtiments à usage de bureaux, de garage et d'entrepôt, auraient été réalisés sans fondations ou sur la même emprise que la grange, s'agissant du lieu de stockage de 246 m² et des locaux à usage professionnel. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le titre de perception serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation à raison de l'absence de déduction de la surface taxable de la surface des bâtiments existants et dès lors que les travaux n'affecteraient pas le sous-sol.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de Maine-et-Loire et au directeur départemental des finances publiques de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
C. C
Le président,
A. A DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026