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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1908589

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1908589

mercredi 6 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1908589
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLE FLOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er et 30 août 2019,

M. E B, représenté par Le Floch, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du

15 juillet 2019 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses droits rétroactivement à compter du 15 juillet 2019, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, qu'il lui soit enjoint de réexaminer sa demande à la lueur du jugement et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois sous astreinte de 10 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1, L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cette dernière de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'un second vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi qu'il a bénéficié d'un entretien destiné à évaluer sa vulnérabilité en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : elle est entachée d'une erreur de droit ; l'OFII s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'appréciation du préfet ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il justifie d'un motif légitime l'ayant conduit à déposer sa demande d'asile plus de 90 jours après son arrivée en France et d'une situation de vulnérabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du

3 janvier 2022, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

8 août 2019.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la directive 2013/33/CE du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E B, né le 11 décembre 1997 à Ndjamena (Tchad), de nationalité tchadienne, est entré en France le 30 septembre 2018, muni d'un visa " étudiant " valable du 25 septembre 2018 au 25 septembre 2019. Sa demande d'asile a été enregistrée au guichet unique de la préfecture de la Loire-Atlantique le 15 juillet 2019, et placée en procédure accélérée. Par décision du même jour, notifiée par remise en mains propres, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielle d'accueil au motif de la tardiveté de la demande d'asile. Par ordonnance n° 1908540 du 20 août 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. B tendant à la suspension de la décision de l'OFII. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision de l'OFII du 15 juillet 2019.

Sur les conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par décision du 8 août 2019 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions tendant à ce qu'il soit provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, par une décision du 1er janvier 2016, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n°2016-2 du 15 février 2016, le directeur général de l'OFII a donné à Mme A C, directrice territoriale à Nantes, délégation à l'effet de signer toutes les décisions se rapportant aux mission de l'OFII dans la région Pays de la Loire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué sera donc écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". En l'espèce, après avoir visé les articles L. 744-8 (2°) et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, la décision attaquée indique à M. B que les conditions matérielles d'accueil lui sont refusées parce qu'il n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai légal de 90 jours suivant son entrée sur le territoire français, sans qu'un motif légitime ait pu expliquer ce retard. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas de cette motivation ni d'aucune des pièces du dossier que l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : 1° A l'acceptation par le demandeur de la proposition d'hébergement ou, le cas échéant, de la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2. Ces propositions tiennent compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6, des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ; 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. () ". En l'espèce, M. B fait l'objet d'une décision de refus des conditions matérielles d'accueil, non en raison du refus du lieu d'hébergement ou du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile, mais en raison du caractère tardif de sa demande d'asile, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne peut donc utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour soutenir qu'il aurait dû être préalablement informé de la mesure envisagée. Le moyen sera donc écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Il résulte de ces dispositions que L'OFII n'avait pas l'obligation de soumettre sa décision au respect d'une procédure contradictoire préalable sur le fondement de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que la décision attaquée a été prise sur la demande formulée par M. B. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été adoptée en méconnaissance du principe du contradictoire.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. Lors de l'entretien, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. () " Aux termes de l'article R. 744-14 du même code : " L'appréciation de la vulnérabilité des demandeurs d'asile est effectuée par les agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en application de l'article L. 744-6, à l'aide d'un questionnaire dont le contenu est fixé par arrêté des ministres chargés de l'asile et de la santé. Si le demandeur d'asile présente des documents à caractère médical, en vue de bénéficier de conditions matérielles d'accueil adaptée à sa situation, ceux-ci seront examinés par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui émet un avis. ".

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des captures d'écran du dossier du requérant, produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que

M. B a bénéficié d'une évaluation de sa vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, au cours d'un entretien réalisé par un agent formé spécifiquement et dans une langue que le requérant comprenait. Cette évaluation montre que, sur une échelle de 0 à 3, sa situation de vulnérabilité a été évaluée à 0. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait attiré l'attention des services de l'office sur une particulière vulnérabilité. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas fait l'objet d'un entretien destiné à apprécier sa vulnérabilité. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

10. En septième lieu, aux termes du 2 de l'article 20 de la directive 2013/33/CE du

26 juin 2013 : " Les Etats membres peuvent aussi limiter les conditions matérielles d'accueil lorsqu'ils peuvent attester que le demandeur, sans raison valable, n'a pas introduit de demande de protection internationale dès qu'il pouvait raisonnablement le faire après son arrivée dans l'Etat membre ". Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente () ". Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : 1° Retiré si le demandeur d'asile a dissimulé ses ressources financières, a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ou a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes, ou en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ; 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. L'étranger, présent sur le territoire français, peut introduire une action en paiement dans un délai de deux ans à compter de la date d'ouverture de ses droits. Ce délai est également applicable, à compter du paiement des prestations entre les mains du bénéficiaire, à l'action en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration. La décision de retrait des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. ". Aux termes du III de l'article

L. 723-2 du même code : " L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; ". Aux termes de l'article D. 744-37 du même code : " Le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile peut être refusé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration : ()2° Si le demandeur, sans motif légitime, n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 ; ".

11. D'une part, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni d'aucune des pièces du dossier que l'OFII se serait estimé lié par l'appréciation effectuée par les services préfectoraux sur sa vulnérabilité. M. B n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de droit.

12. D'autre part, il est constant en l'espèce que M. B a déclaré à plusieurs reprises, devant les services de l'OFII, des préfectures de la Loire-Atlantique et de Maine-et-Loire, et de l'OFPRA, être entré en France le 30 septembre 2018 muni d'un visa " étudiant ". Sa demande d'asile a été enregistrée au guichet unique des demandeurs d'asile, le 15 juillet 2019, soit plus de 90 jours donc à compter de son entrée en France. S'il fait valoir qu'il n'a déposé sa demande de protection internationale que lorsqu'il a appris, en 2019, les risques qui pesaient sur sa situation en raison des activités politiques de son père au Tchad, il n'assortit cependant ses affirmations d'aucun élément probant et ne peut ainsi être regardé comme justifiant d'un motif légitime au sens du 2° de l'article L. 732-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que sa demande d'asile a été placée en procédure accélérée également en raison de la non présentation de son passeport et de la dissimulation de documents et de ce qu'il s'était maintenu irrégulièrement sur le territoire national. Enfin, si l'intéressé se prévaut d'une situation de vulnérabilité en raison de son absence totale de ressources en France, il n'apporte à l'appui de ses affirmations aucun élément probant. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Solène Le Floch et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Marowski, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

Le rapporteur,

Y. D

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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