jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1910984 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 octobre 2019, M. B A, représenté par la SELARL cabinet Coudray, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire du 5 juin 2019 par lequel le syndicat mixte pour l'aménagement du bassin versant de la Chère a mis à sa charge une somme de 22 826,70 euros correspondant à l'indemnité de licenciement qui lui avait été versée à la suite de l'arrêté de licenciement du 23 octobre 2018, arrêté retiré le 25 avril 2019 ;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte pour l'aménagement du bassin versant de la Chère le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la signature, illisible, ne permet pas d'identifier le signataire de l'acte ;
- le titre de perception n'est pas motivé, rien n'y indique ce qui fonde la créance, il n'est notamment pas fait référence à la décision de retrait de la décision de versement de l'indemnité de licenciement ;
- la créance est mal fondée dès lors que le syndicat n'a pas procédé au retrait de la décision de versement d'une indemnité de licenciement, cette décision étant en tout état de cause insusceptible de retrait compte tenu de son caractère définitif.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2020, le syndicat Chère Don Isac, venant aux droits du syndicat mixte pour l'aménagement du bassin versant de la Chère, représenté par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;
- les observations de Me Couëtoux du Tertre, substituant Me Marchand, représentant le syndicat mixte Chère Don Isac.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, technicien principal de 2ème classe au syndicat mixte pour l'aménagement du bassin versant de la Chère (SMABVC) a été licencié pour inaptitude professionnelle par un arrêté du 23 octobre 2018 du président du syndicat mixte. L'article 3 de cet arrêté disposait que M. A percevrait une indemnité de licenciement de 22 826,70 euros. Par une ordonnance n°1902638 du 4 avril 2019, le juge des référés de ce tribunal a suspendu les effets de l'arrêté du 23 octobre 2018. Par un arrêté du 25 avril 2019, le président du syndicat mixte a retiré, sans revêtir ce retrait d'un caractère provisoire, l'arrêté du 23 octobre 2018, a réintégré M. A dans les effectifs du syndicat mixte et a reconstitué sa carrière. Par un courrier du 12 juin 2019, le président du SMABVC a informé M. A de ce qu'il devait rembourser l'indemnité de licenciement et qu'un titre de perception lui serait transmis à cette fin. Le requérant demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire du 5 juin 2019 par lequel le président du SMABVC a mis à sa charge une somme 22 826,70 euros correspondant à l'indemnité de licenciement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / (). ". Le titre de perception en litige précise les nom, prénom et qualité de l'ordonnateur, signataire du titre. La circonstance que la signature manuscrite ne permet pas de déchiffrer le nom ainsi apposé est sans incidence sur le respect des dispositions précitées.
3. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. / () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrir indique les bases de la liquidation. ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
4. Il ressort des pièces du dossier que la mention " remboursement indemnité de licenciement " est indiquée dans la rubrique " objet de la créance " du titre de perception. Il est constant que le montant réclamé à M. A est le même que le montant de l'indemnité de licenciement qui lui avait été versée, de sorte que le titre indique ainsi la base de la liquidation de la créance. En outre, M. A a été destinataire le 18 juin 2019, soit avant l'intervention du titre de perception en litige, d'un courrier lui annonçant l'émission d'un titre de perception à son endroit en vue du remboursement de l'indemnité de licenciement, celle-ci n'ayant pas été déduite, compte tenu de son montant, de la régularisation salariale intervenue au mois de mai 2019. Enfin, le titre de perception n'avait pas à faire état d'une décision de retrait de la décision de verser l'indemnité de licenciement. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation du titre de perception en litige doit être écarté.
5. Il résulte de l'instruction que la décision de versement à M. A par le syndicat mixte d'une indemnité de licenciement résulte de l'arrêté de licenciement du 23 octobre 2018 dont l'article 3 prévoit le versement d'une telle indemnité. Par un arrêté du 25 avril 2019, le président du SMABVC a procédé au retrait de la décision du 23 octobre 2018, y compris en ce que celle-ci prévoyait le versement d'une indemnité de licenciement. Il s'ensuit que M. A ne peut utilement soutenir que la décision de versement d'une indemnité de licenciement était définitive et n'a pas été retirée. Par suite, le moyen tiré de ce que la créance n'est pas fondée en l'absence de retrait de la décision lui octroyant l'indemnité de licenciement doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 5 juin 2019 par le président du SMABVC.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du syndicat Chère Don Isac, qui n'est pas la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par le syndicat Chère Don Isac sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du syndicat Chère Don Isac présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au syndicat Chère Don Isac.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026