mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2000765 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2020, Mme E C épouse A et M. B A, représentés par Me Olivier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté leurs recours contre les décisions du préfet de la Haute-Savoie rejetant leurs demandes de naturalisation, ainsi que ces décisions préfectorales ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de leurs demandes de naturalisation, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation, dès lors que leur niveau d'étude et l'ensemble des réponses apportées lors de l'entretien, dans leur globalité, n'ont pas été pris en considération ;
- ils sont parfaitement intégrés à la société française, travaillent et maîtrisent suffisamment la langue française.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 août 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre les décisions préfectorales sont dépourvues d'objet dès lors que les décisions ministérielles s'y sont substituées ;
- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et Mme C épouse A, ressortissants tunisiens, ont sollicité l'acquisition de la nationalité française par naturalisation. Leurs demandes ont été rejetées par décisions du préfet de la Haute-Savoie. Saisi le 15 juillet 2019 du recours préalable obligatoire, le ministre de l'intérieur a implicitement confirmé ces décisions. Par leur requête, M. A et Mme C épouse A demandent au tribunal, chacun en ce qui le concerne, d'annuler ces décisions.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les décisions implicites du ministre nées du silence gardé sur les recours administratifs préalables formées par M. A et Mme C épouse A se sont substituées aux décisions du préfet de la Haute-Savoie. Par suite, les conclusions de la requête doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre ces décisions ministérielles.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 21-24 du même code : " Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, dont le niveau et les modalités d'évaluation sont fixés par décret en Conseil d'Etat, et des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l'adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République. () ". Et aux termes de l'article 41 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " () Lors d'un entretien individuel, l'agent vérifie que le demandeur possède les connaissances attendues de lui, selon sa condition, sur l'histoire, la culture et la société françaises, telles qu'elles sont définies au 2° de l'article 37. / A l'issue de cet entretien individuel, cet agent établit un compte rendu constatant le degré d'assimilation du postulant à la communauté française ainsi que, selon sa condition, son niveau de connaissance des droits et devoirs conférés par la nationalité française. () ".
5. Il ressort des termes du mémoire en défense que les rejets des demandes de M. A et Mme C épouse A sont fondés sur le motif tiré d'une connaissance insuffisante par les postulants des éléments fondamentaux relatifs aux repères de l'histoire de France et aux valeurs essentielles de la République.
6. S'agissant de Mme C épouse A, il ressort du compte-rendu de l'entretien d'assimilation mené à la préfecture de l'Isère le 27 mars 2019 que si elle s'exprime correctement en français et a su répondre à certaines des questions qui lui ont été posées, elle n'a pas été en mesure, malgré vingt-cinq années de résidence en France, d'indiquer les dates de la première guerre mondiale, les évènements commémorés les 8 mai et 11 novembre, l'âge de la majorité et du droit de vote, les conditions pour pouvoir voter, le nom du premier ministre, la couleur du drapeau européen. Elle n'a pas su non plus citer le nom d'écrivains français, des sites remarquables. Elle n'a en outre pas su expliciter les notions de démocratie et de laïcité.
7. S'agissant de M. A, il ressort du compte-rendu d'entretien mené le 27 mars 2019 à la préfecture de l'Isère que s'il s'exprime correctement en français et a su répondre à certaines des questions qui lui ont été posées, il ne connaît pas en revanche les dates de la révolution française ni la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, n'a pas été en mesure de préciser la signification du 8 mai 1945, n'a pu citer le nom de sa région, ni le le nom des fleuves français ni encore préciser le rôle de Simone Veil.
8. Le ministre a en conséquence considéré que ces réponses insuffisantes, appréciées dans leur globalité, témoignaient d'une connaissance insuffisante des éléments fondamentaux relatifs aux grands repères de l'histoire de la France, aux règles de vie en société, aux principaux droits et devoirs liés à l'exercice de la citoyenneté et à la place de la France en Europe et dans le monde. En se bornant à faire valoir que leur incapacité à répondre à certaines questions serait imputable au stress lié aux enjeux de l'entretien, les requérants ne remettent pas sérieusement en cause les lacunes ainsi constatées aux points 6 et 7, alors qu'ils résident depuis vingt-cinq ans en France. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation en rejetant les demandes de naturalisation de Mme C épouse A et de M. A.
9. En troisième lieu, les circonstances que M. A et Mme C A justifient d'une insertion professionnelle, de leur intégration à la société française et maîtrisent suffisamment le français sont sans incidence sur les décisions litigieuses eu égard au motif sur lequel elles se fondent.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A et Mme C A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de Mme C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C épouse A, à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
C. D
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière
F. MERLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026