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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2005142

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2005142

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2005142
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP PIGEAU CONTE MURILLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mai 2020, M. E C, représenté par Me Murillo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 juillet 2018 par laquelle le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de carte de résident, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé contre cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident longue durée CE dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus de carte de résident a été pris par une autorité incompétente ;

- ce refus est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- ce refus méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une lettre du 18 octobre 2022, le préfet de la Sarthe a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai de 15 jours.

La demande d'aide juridictionnelle formée par M. C a été rejetée par une décision du 4 mars 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant angolais né en 1976, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 5 janvier 2005. Il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en qualité d'étranger malade. Par une décision du 29 avril 2019, le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de titre de séjour. Par un jugement n° 1907622 du 26 janvier 2022, le tribunal administratif de Nantes a rejeté le recours formé contre cette décision.

2. M. C avait également sollicité la délivrance d'une carte de résident. Par une décision du 25 juillet 2018, le préfet de la Sarthe a rejeté cette demande. M. C a exercé un recours gracieux contre cette décision, par une lettre reçue le 3 octobre 2018. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé sur ce recours. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du

25 juillet 2018 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

3. En premier lieu, par un arrêté du 23 mai 2018, publié au recueil spécial n° 35 des actes administratifs de la préfecture du 24 mai 2018, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. D A, directeur de la réglementation et des libertés publiques à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que M. A n'était pas habilité à signer la décision du 25 juillet 2018 manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Une carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE " est délivrée de plein droit à l'étranger qui justifie : 1° D'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre de l'une des cartes de séjour temporaires ou pluriannuelles ou de l'une des cartes de résident prévues au présent code () 2° De ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins. Ces ressources doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance () 3° D'une assurance maladie () ".

5. La décision du 25 juillet 2018 attaquée a été prise au motif que l'intéressé ne disposait d'aucun titre de séjour entre le 7 novembre 2016 et le 29 août 2017, soit pendant plus de neuf mois. Si le requérant se prévaut d'un voyage en Angola et produit un visa de retour, valable du 13 décembre 2016 au 13 mars 2017 et un récépissé de demande de titre de séjour, valable du 28 avril 2017 au 27 juillet 2017, il ressort des pièces du dossier que son dernier titre de séjour avait expiré le 6 novembre 2016. Ainsi, à la date de la décision attaquée, M. C ne justifiait pas d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le refus de carte de résident qui lui a été opposé serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En troisième lieu, si M. C, célibataire, se prévaut de la présence en France de trois de ses enfants qui vivent aux côtés de leur mère, dont il est séparé, il a également quatre autres enfants en Angola. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une intégration particulière en France. Dans ces conditions, le refus de carte de résident attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet de la Sarthe.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Marowski, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.

Le rapporteur,

E. B

La présidente,

C. LOIRAT La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

20051421

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