jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2020, M. A B, représenté par la S.E.L.A.F.A. Cabinet CASSEL, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 février 2020 par laquelle le préfet de la Vendée a rejeté sa demande tendant au versement de la prime informatique " fonction d'analyste ", ainsi que la décision implicite ayant rejeté son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui attribuer la prime informatique " fonction d'analyste " depuis sa prise de fonction au sein de la préfecture de la Vendée, en toute hypothèse, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision du 13 février 2020 a été prise par une autorité compétente ;
- les décisions litigieuses sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'administration ne peut valablement opposer à sa demande l'instruction n° 17-000934-1 du 15 septembre 2017 du secrétariat général du ministère de l'intérieur, qui est illégale en ce, d'une part, qu'elle a été prise par une autorité incompétente, et que, d'autre part, elle méconnaît les dispositions du décret n°2014-513 du 20 mai 2014, de l'arrêté du 27 août 2015 pris en application de l'article 5 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, du décret n° 71-343 du 29 avril 1971 et de la circulaire du 5 décembre 2014 relative à la mise en œuvre du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2020, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gourmelon, présidente-rapporteure,
- et les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ingénieur d'études et de fabrications du ministère de la défense, a été recruté par la voie du détachement par Nantes métropole à compter du 1er février 2016, avant d'être intégré dans le corps des ingénieurs territoriaux. Il a été de nouveau recruté par l'Etat par la voie du détachement, pour exercer, à compter du 14 mai 2018, les fonctions de chef du service interministériel départemental des systèmes d'information et de communication (SIDSIC) à la préfecture de Vendée, et nommé sur un emploi d'ingénieur des systèmes d'information et de communication. M. B, estimant remplir les conditions pour percevoir la prime informatique instituée par le décret du 29 avril 1971 relatif aux fonctions et au régime indemnitaire des fonctionnaires de l'Etat et des établissements publics affectés au traitement de l'information, a sollicité l'intégration du montant correspondant à cette indemnité dans son régime indemnitaire. Par une décision du 13 février 2020, le préfet de la Vendée a rejeté sa demande. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision, ainsi que celle par laquelle son recours gracieux a été rejeté implicitement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat: " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " L'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et le complément indemnitaire annuel sont exclusifs de toutes autres primes et indemnités liées aux fonctions et à la manière de servir, à l'exception de celles énumérées par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 16 décembre 2015 pris pour l'application au corps des ingénieurs des systèmes d'information et de communication des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Le corps des ingénieurs des systèmes d'information et de communication et de chef de projet relatif à un système d'information ou de communication régis par le décret du 27 mai 2015 susvisé () bénéficient des dispositions du décret du 20 mai 2014. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 29 avril 1971 relatif aux fonctions et au régime indemnitaire des fonctionnaires de l'Etat et des établissements publics affectés au traitement de l'information : " Lorsqu'ils exercent les fonctions définies à l'article 2 et à condition qu'ils appartiennent à des corps ou soient titulaires de grades dont le niveau hiérarchique est précisé à l'article 4, les fonctionnaires de l'Etat qui sont régulièrement affectés au traitement de l'information peuvent percevoir, en sus des primes et indemnités prévues par la réglementation en vigueur pour les grades ou les corps auxquels ils appartiennent, et dans les conditions précisées aux articles ci-après, une prime de fonctions non soumise à retenues pour pension de retraite. ".
4. Enfin, en vertu de l'article 1er de l'arrêté du 27 août 2015 pris en application de l'article 5 du décret du 20 mai 2014, la prime informatique instituée par le décret du 29 avril 1971 n'est pas au nombre des primes et indemnités qui peuvent être cumulées avec l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) ou le complément indemnitaire annuel (CIA)
5. Il résulte des dispositions précitées du décret du 29 avril 1971, qui n'a pas été abrogé par le décret du 20 mai 2014, que le bénéfice de la prime informatique est subordonné à la double condition d'exercer une des fonctions définies à l'article 2 du décret, et de relever d'un corps ou d'un grade éligible. Dès lors que cette prime ne figure pas parmi celles susceptibles de se cumuler avec les indemnités instituées par le décret du 20 mai 2014, le fonctionnaire satisfaisant à la double condition précitée est fondé à obtenir que le montant correspondant à cette prime soit pris en compte pour la détermination du montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, celle-ci étant liée à l'exercice des fonctions.
6. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de M. B tendant à la prise en compte, dans le montant de son IFSE, du montant de la prime informatique à laquelle il estime avoir droit du fait des fonctions qu'il exerce, le préfet de la Vendée a fait application des dispositions du 1.9. de l'instruction du 19 septembre 2017 relative aux modalités de gestion de l'IFSE des ingénieurs des systèmes d'information et de communication, prévoyant que les fonctionnaires recrutés par voie de détachement dans le corps précité perçoivent un montant d'IFSE égal au montant d'IFSE ou de primes de même nature perçu dans leur administration d'origine. Toutefois, de telles dispositions, qui figent le montant de l'IFSE par rapport au niveau de primes perçu dans le corps d'origine, doivent être regardées comme ayant pour effet d'exclure par principe la possibilité de tenir compte, pour la détermination du régime indemnitaire dans le corps d'arrivée, des montants auxquels ils pourraient prétendre au titre de l'exercice de fonctions informatiques. De ce fait, ces dispositions sont contraires aux dispositions de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 disposant que le montant de l'IFSE est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis pour l'exercice des fonctions actuelles. Par suite, le préfet de la Vendée ne pouvait en faire application pour rejeter la demande de M. B. Le requérant est, par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, fondé à demander l'annulation de la décision du 13 février 2020, ainsi que de la décision ayant rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Vendée réexamine la situation de M. B au regard des fonctions qu'il exerce effectivement au service SIDSIC et statue de nouveau sur sa demande. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'agir en ce sens, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 13 février 2020 du préfet de la Vendée et la décision implicite ayant rejeté le recours gracieux de M. B contre cette décision sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Vendée de réexaminer la demande de M. B et de statuer de nouveau sur cette demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie pour information au Préfet de la Vendée.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, président,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La présidente-rapporteure,
V. GOURMELON
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. MILIN
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026