mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005930 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JORION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 juin 2020 et le 29 octobre 2021, Mme B A, M. C A et M. D A, représentés par Me Jorion, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2020 par lequel le maire de Saint-Nazaire a refusé de délivrer un permis d'aménager six lots à bâtir sur la parcelle cadastrée section HL n°970 située route de Guérande à Saint-Nazaire ;
2°) d'enjoindre la commune de Saint-Nazaire de leur délivrer un permis d'aménager dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou à titre subsidiaire de réexaminer leur demande de permis d'aménager ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Nazaire une somme de 4 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est illégal à raison de l'illégalité de la délibération du 4 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire (la Carene) a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) qui classe le terrain d'assiette du projet en zone agricole AA1 ;
- il n'est pas établi que les conseillers communautaires aient été régulièrement convoqués à la séance du 4 février 2020 et aient reçu communication d'une note de synthèse suffisante, en méconnaissance des articles L. 2121-10, L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- il n'est pas établi que l'ensemble des personnes publiques devant être associées à la procédure d'approbation du PLUi aient effectivement été consultées, en méconnaissance de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme ;
- la publicité de l'enquête publique n'a pas été effectuée au moyen d'avis publiés dans deux journaux locaux en méconnaissance de l'article R. 123-11 du code de l'environnement ;
- le rapport de présentation du PLUi n'explicite pas le choix du classement en zone agricole de la parcelle HL n°970 ;
- le registre d'enquête publique n'a pas été établi conformément aux dispositions de l'article R. 123-13 du code de l'environnement dès lors qu'il n'est pas établi que les feuillets du registre d'enquête publique étaient non-mobiles, cotés et paraphés ;
- la délibération attaquée est illégale à raison du classement en zone agricole AA1 de la parcelle cadastrée section HL n°970 située sur le territoire de la commune de Saint-Nazaire.
Par des mémoires en défense enregistrés le 19 mai 2021 et 15 novembre 2021, la commune de Saint-Nazaire, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce soit mis à la charge des requérants le versement d'une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- au besoin, il sera fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Jorion, avocat des requérants ;
- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocat de la commune de Saint-Nazaire.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 avril 2020 par lequel le maire de Saint-Nazaire a refusé de délivrer un permis d'aménager six lots en vue d'y bâtir des maisons d'habitation individuelles sur la parcelle cadastrée section HL n°970 située route de Guérande sur le territoire de cette commune.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de délivrer le permis d'aménager sollicité, le maire de Saint-Nazaire s'est fondé sur le motif tiré de ce que le règlement de la zone AA1 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire (Carene), zone dont relève le terrain d'assiette du projet, n'autorise pas la construction de maisons d'habitation individuelles. Les requérants excipent de l'illégalité de la délibération du 4 février 2020 par laquelle la Carene a approuvé ce PLUi.
3. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, applicable en l'espèce en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / Si la délibération concerne un contrat de service public, le projet de contrat ou de marché accompagné de l'ensemble des pièces peut, à sa demande, être consulté à la mairie par tout conseiller municipal dans les conditions fixées par le règlement intérieur. / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. ". ". La délibération attaquée fait état d'une convocation des conseillers communautaires à la séance du 4 février 2020 en date du 28 janvier 2020, convocation transmise par voie électronique le jour même. Les conseillers ont également reçu par voie postale le projet de PLUi devant être soumis à leur approbation, le courrier accompagnant le projet de plan faisant état d'une séance du conseil communautaire du 4 février 2020 à l'occasion de laquelle serait mis aux votes l'approbation du document d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, applicable en l'espèce en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal ". Le défaut d'envoi, avec la convocation aux réunions du conseil municipal d'une commune de 3 500 habitants et plus, de la note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour prévue à cet article entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
5. Il ressort des pièces du dossier que la convocation susmentionnée était accompagnée d'une note de synthèse, rappelant en préambule les objectifs poursuivis et les grandes étapes de la procédure, faisant état des avis et observations émis lors de la consultation, précisant les principales évolutions du document depuis l'arrêt du projet de plan et présentant les pièces constitutives du dossier de PLUi. Par conséquent, le moyen tiré de ce que les conseillers communautaires auraient été insuffisamment informés de l'objet de la délibération attaquée avant la séance du conseil communautaire doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; / (). ". La liste des personnes publiques auxquelles ont été soumises pour avis le projet arrêté de PLUi figure dans le rapport d'enquête publique produit en défense par la Carene. Si les requérants soutiennent qu'il n'est pas établi que l'ensemble des personnes publiques devant être associées ont été effectivement consultées ils ne précisent pas lesquelles des personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 du code de l'urbanisme ne se seraient pas vu soumettre pour avis le projet de PLUi. Il suit de là que le moyen tiré de l'irrégularité de la consultation des personnes publiques associées doit être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ". Aux termes de l'article R. 123-11 du code de l'environnement : " I. - Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés. Pour les projets, plans ou programmes d'importance nationale, cet avis est, en outre, publié dans deux journaux à diffusion nationale quinze jours au moins avant le début de l'enquête. / (). ". Il ressort des pièces du dossier que l'avis d'enquête publique, laquelle s'est déroulée du 20 août au 23 septembre 2019, a été publié en caractères apparents dans deux journaux régionaux, Ouest-France et Presse Océan, diffusés dans le département de la Loire-Atlantique, les 2 et 3 août 2019 et le 23 août 2019. Il suit de là que le moyen tiré de l'irrégularité des mesures de publicité de l'enquête publique à raison de l'absence de publication dans la presse de l'avis d'enquête publique doit être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. /(). ". Il ressort des pièces du dossier qu'une partie du rapport de présentation du PLUi de la Carene est dédiée à l'explication des choix retenus pour établir le règlement et le zonage, et notamment le zonage en zone agricole. Le rapport de présentation explique également les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, et notamment l'orientation " l'agriculture, une activité économique garante de la qualité des milieux " qui entend répondre à l'enjeu d'offrir une lisibilité sur la vocation agricole des terres garantissant le caractère agricole de certains terrains, pour des durées variables. Le rapport de présentation explique également comment sont déterminées les zones mixtes à vocation principale d'habitat, les zones urbaines à vocation principale d'activité et les zones urbaines à vocation principale d'équipements d'intérêt collectif et de services publics. Aucune disposition législative ou règlementaire n'impose que tout changement de zonage d'une ou plusieurs parcelles fasse l'objet d'une motivation à l'occasion de l'approbation initiale d'un plan local d'urbanisme intercommunal. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté.
9. Aux termes de L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ". Aux termes de l'article R. 123-13 du code de l'environnement : " I.-Pendant la durée de l'enquête, le public peut consigner ses observations et propositions sur le registre d'enquête, établi sur feuillets non mobiles, coté et paraphé par le commissaire enquêteur ou un membre de la commission d'enquête, tenu à sa disposition dans chaque lieu d'enquête ou sur le registre dématérialisé si celui-ci est mis en place. / (). ". Il ressort des pièces du dossier qu'ont été mis à disposition du public, dans chacune des communes de la Carene ainsi qu'au siège de celle-ci, trois registres papier, dédiés respectivement à l'enquête publique relative au projet de PLUi, à l'enquête publique relative au projet de plan de déplacements urbains, et à l'enquête publique relative au projet de plan de zonage d'assainissement des eaux pluviales et des eaux usées, cotés et paraphés par les commissaires enquêteurs. Si le rapport d'enquête, qui n'en avait pas l'obligation, ne précise pas que les feuillets de ces registres ne sont pas mobiles, les requérants n'apportent à l'appui du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées aucun élément permettant d'en vérifier le bien-fondé et notamment aucun élément de nature à établir que les feuillets du registre d'enquête publique auraient été mobiles. Il n'est, par ailleurs, pas davantage établi ni même allégué que la commission d'enquête n'aurait pas pris en compte certaines observations. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 123-13 du code de l'environnement doit être écarté.
10. Aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ". L'article R. 151-22 du même code dispose que : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
11. Il résulte des dispositions précédemment citées qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
12. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts. La légalité des dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables. L'appréciation des auteurs du plan sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.
13. Aux termes du projet d'aménagement et de développement durables du PLUi de la Carene : " Des milieux naturels exceptionnels et actifs. / () Un réseau écologique fonctionnel / Permettre aux espèces de circuler ! / () L'agriculture, garante de cette qualité environnementale est une activité économique fragile qu'il convient de consolider et de pérenniser durablement en favorisant des productions locales à haute valeur ajoutée. La préservation des espaces naturels et agricoles, particulièrement des espaces les plus stratégiques, est au cœur du projet de l'agglomération avec un objectif de réduction de la consommation d'espace de -35 %. () / Des milieux naturels exceptionnels. / () Limiter la consommation des espaces naturels et agricoles et concentrer le développement dans les centralités existantes. / () L'agriculture, une activité économique garante de la qualité des milieux / cultiver l'agglomération / Donner à la profession agricole une lisibilité sur la vocation agricole des terres pour éclairer sa stratégie d'investissement et guider ses plans d'exploitation et ce, en actant une protection des terres agricoles selon quatre échelles de temps : / Définitivement : encourager la réalisation de PEAN (Périmètre de protection des Espaces Agricoles et Naturels Périurbains) pour figer la vocation des terres agricoles et valoriser ces espaces. / Long terme : affirmer la vocation agricole à au moins 20 ans des terres les plus stratégiques ayant une haute valeur agronomique, écologique, paysagère ou économique. Permettre aux espaces bâtis existants d'y évoluer de manière encadrée. / Maintenir environ 15 000 hectares dont 5 800 hectares de terres hautes en PEAN et en Espaces Agricoles Pérennes (EAP). Préserver prioritairement les gagneries (centre des îles de Brière) ayant une fonction agricole notamment à La Chapelle-des-Marais, Montoir-de-Bretagne, Saint-Joachim, Saint-Malo-de-Guersac et Trignac ainsi que celles ayant un fort caractère patrimonial (îles de Mazin et de Fédrun à Saint-Joachim). Eviter leur déprise qui pourrait bouleverser les exploitations productives de Brière ou l'organisation spatiale des îles. /À moyen terme : garantir le caractère productif des espaces agricoles situés en continuité de l'enveloppe urbaine sur une période d'au moins 10 ans. / En devenir : reconquérir les friches agricoles par leur remise en exploitation, lutter contre leur développement. ()./ Une agriculture pérenne./ Une gestion économe et responsable de l'espace / consommer responsable. / Rationnaliser l'usage du foncier (conformément aux objectifs du SCoT), à l'échelle de l'agglomération et en fonction du contexte de chaque commune / Viser une réduction de la consommation d'espaces agricoles, naturels et forestiers de 35 % par rapport aux extensions de l'urbanisation (à vocation résidentielle ou économique) observées entre 1999 et 2012. / Tendre vers une urbanisation à 60 % dans l'enveloppe urbaine et à 40% en extension de celle-ci. / Privilégier les constructions nouvelles dans les tissus déjà urbanisés (renouvellement urbain, utilisation des espaces non bâtis ou friches, densification,) y compris pour les zones d'activités. / Conserver des secteurs de développement en continuité de l'enveloppe urbaine existante pour répondre aux dynamiques démographiques et économiques, l'urbanisation de ces secteurs ne devant pas déséquilibrer l'organisation spatiale de l'agglomération qui privilégie le confortement des centralités. ".
14. Il ressort de la " caractérisation de l'enveloppe urbaine : méthodologie et analyse " de la partie du rapport de présentation dédiée à la justification des choix que la méthodologie appliquée pour la délimitation de cette enveloppe urbaine est la suivante : " • Suivi du tracé parcellaire des entités déjà urbanisées constituant les espaces urbains. / • Émancipation de ce tracé lorsque l'emprise foncière du bâti ne couvre qu'une infime partie de la parcelle ou de l'unité foncière. / • Ne sont pas inclus dans l'enveloppe urbaine : les enclaves non urbanisées de plus de 5 hectares, les dents creuses possédant une profondeur moins importante que la largeur de leur façade sur voie. Le tracé de l'enveloppe urbaine peut inclure des enclaves (toujours inférieures à 5ha). ". Par ailleurs, " le PLUi qualifie les secteurs urbanisés identifiés soit d'agglomération / d'île de Brière / de village / de hameau / secteur urbanisé dans les communes soumises à la loi littoral / d'écart. "
15. Le rapport de présentation indique également dans sa " justification du zonage du PLUi " que : " La zone agricole du PLUi de l'agglomération de Saint-Nazaire est divisée en 4 sous-secteurs, afin de prendre en compte les différents types d'occupations et d'usages des sols en fonction de la proximité des zones agglomérées notamment, et les besoins et enjeux spécifiques de certains secteurs. / () La zone AA regroupe les espaces agricoles pérennes, espaces dont la vocation agricole des terrains qui y sont inclus est affirmée à long terme au-delà même du PLUi, comme affirmé dans le PADD. /La zone AA fait l'objet de deux sous-secteurs, différenciés au regard de leur proximité à la zone agglomérée : / la sous-zone AA1 constitue la zone agricole pérenne (de long terme) la plus éloignée de la zone agglomérée. / Elle admet une constructibilité ouverte pour les activités agricoles professionnelles (bâtiments d'exploitation, logements), et restreinte pour les constructions existantes à usage d'habitation, puisqu'elle n'autorise que la construction d'extension limitée et d'annexes () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section HL n°970, végétalisée et de vastes dimensions, se situe à la périphérie d'un espace urbanisé classé en zone UBa1, espace dont elle se distingue par son absence de construction et par son ouverture au sud et à l'ouest sur un vaste espace naturel et agricole, peu densément bâti, classé comme la parcelle en cause en zone AA1. Cette parcelle ne se situe pas dans une enveloppe urbaine au sens et pour l'application du plan local d'urbanisme, les auteurs du PLU souhaitant, comme il ressort du PADD et du rapport de présentation cités ci-dessus, réduire la consommation d'espaces agricoles en limitant les enveloppes urbaines aux centralités existantes et aux espaces déjà urbanisés, en s'appuyant sur le parcellaire existant et en excluant même les parcelles déjà bâties, lorsque celles-ci le sont faiblement, voire des " dents creuses. " Par ailleurs, la circonstance que la parcelle se situe à proximité des réseaux de viabilisation ne fait pas obstacle à son classement en zone agricole, comme l'indique explicitement l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme précité. En outre, son classement en zone urbaine UB sous l'empire du précédent document d'urbanisme est sans incidence sur la pertinence de son classement en zone agricole, les auteurs d'un document d'urbanisme n'étant pas tenus par un précédent classement. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement en zone agricole de la parcelle cadastrée section HL n°970 doit être écarté.
17. A supposer que les requérants aient entendu soutenir que le classement de la parcelle cadastrée section HL n°970 dans la sous-zone AA1 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que ce terrain n'est pas éloigné d'une zone agglomérée, il résulte du rapport de présentation, comme du règlement graphique, que les auteurs du PLUi ont entendu limiter les " zones agglomérées ", s'agissant de la distinction entre sous-zone AA1 et sous-zone AA2, aux " agglomérations " telles qu'elles sont définies par le rapport de présentation, à savoir, s'agissant de la commune de Saint-Nazaire, " la zone agglomérée de la façade estuarienne et littorale de Saint-Nazaire, Trignac et Montoir-de-Bretagne ". Il ressort des pièces du dossier que la parcelle dont s'agit ne se situe pas à proximité de cette zone agglomérée, de sorte que son classement en zone agricole, sous-zone AA1, correspondant aux terres agricoles éloignées de la zone agglomérée, n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
18. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité de la délibération du 4 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la Carene a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal, dont le règlement graphique classe le terrain d'assiette de leur projet de permis d'aménager en zone agricole. Par suite, le maire de Saint-Nazaire pouvait à bon droit refuser de délivrer le permis d'aménager sollicité sur le fondement de l'article AA1a. 2.2 du règlement écrit de ce plan local d'urbanisme.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 20 avril 2020 par lequel le maire de Saint-Nazaire a refusé de délivrer un permis d'aménager six lots à bâtir sur la parcelle cadastrée section HL n°970 située route de Guérande sur le territoire de la commune.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-Nazaire, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme à ce titre. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que la commune de Saint-Nazaire présente au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête des consorts A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Nazaire sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, représentante unique des requérants et à la commune de Saint-Nazaire.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
C. MILINLe président,
A. DURUP DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2005930
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026