vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) Ferchau Immobilier, représentée par Me Tuffery-Kerherve, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du service des impôts des entreprises de Châteaubriant du 2 avril 2021 par laquelle sa demande de remise gracieuse a été rejetée et de prononcer par voie de conséquence la décharge de la taxe sur les véhicules de sociétés mise à sa charge au titre des années 2018 et 2019.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, n'étant pas en possession du véhicule immobilisé dans un garage auquel elle n'a pas accès, elle ne peut être redevable d'une taxe sur les véhicules de sociétés ;
- à titre subsidiaire, l'existence de difficultés financières liées à l'achat du véhicule justifie l'admission d'une demande de remise gracieuse ; elle entend se prévaloir de réponses écrites des 2 et 30 mars 2006.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2021, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à la décharge des taxes sur les véhicules de sociétés mises à la charge de la SARL Ferchau Immobilier sont irrecevables à défaut d'avoir été précédées, comme l'exigent les dispositions précitées de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, d'une demande préalable à l'administration ;
- les conclusions tendant à la remise gracieuse des impositions sont irrecevables dès lors qu'aucune autorité publique ne peut accorder de remise totale ou partielle de taxe sur les véhicules de société conformément aux dispositions combinées de l'article 1010 B du code général des impôts et de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales ;
- les moyens soulevés par la SARL Ferchau Immobilier ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Penhoat,
- et les conclusions de M. Huin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Ferchau Immobilier, qui exerce une activité d'agence immobilière, a par mail du 29 novembre 2019 présenté une demande tendant à la remise gracieuse de la taxe sur les véhicules de sociétés mise à sa charge au titre des années 2018 et 2019. Cette demande a été rejetée par une décision du service des impôts des entreprises du 10 août 2020. Par la présente requête, elle demande l'annulation de cette décision portant rejet de sa demande de remise gracieuse et de prononcer la décharge de la taxe sur les véhicules de sociétés.
Sur la recevabilité des conclusions à fin de décharge de la taxe sur les véhicules de sociétés :
2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition (). ".
3. Il est constant que la demande de la SARL Ferchau Immobilier présentée le 29 novembre 2019 présente un caractère gracieux au sens des dispositions de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales. Il ne résulte pas de l'instruction que les conclusions tendant à la décharge de la taxe sur les véhicules de sociétés mises à la charge de la SARL Ferchau Immobilier au titre des années 2018 et 2019 aient été précédées, comme l'exigent les dispositions de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, d'une demande préalable à l'administration. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur le rejet de la demande de remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article 1010 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - Les sociétés sont soumises à une taxe annuelle à raison des véhicules de tourisme qu'elles utilisent en France, quel que soit l'Etat dans lequel ils sont immatriculés, ou qu'elles possèdent et qui sont immatriculés en France. () ". Aux termes de l'article 1010 B du même code dans sa version applicable au litige : " Le recouvrement et le contrôle de la taxe prévue à l'article 1010 sont assurés selon les procédures, sûretés, garanties et sanctions applicables en matière de taxes sur le chiffre d'affaires. / Les réclamations sont instruites et jugées comme en matière de taxes sur le chiffre d'affaires. Aux termes du huitième alinéa de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " Aucune autorité publique ne peut accorder de remise totale ou partielle () de taxes sur le chiffre d'affaires, de contributions indirectes et de taxes assimilées à ces droits, taxes et contributions. ".
5. Il résulte de ces dispositions que la taxe sur les véhicules de sociétés, assimilée aux taxes sur le chiffre d'affaires, ne peut donner lieu à remise gracieuse et que l'administration est tenue de rejeter une telle demande. Par suite, elle ne peut utilement se prévaloir de son impossibilité de disposer du véhicule, de difficultés financières ni opposer en tout état de cause la réponse ministérielle faite à M. A, sénateur, publiée au Journal officiel du Sénat le 4 mai 2006 (p. 1275, n° 22532) ainsi que la réponse ministérielle faite à M. B, sénateur, au Journal officiel du Sénat le 22 juin 2006 (p. 1725 n° 21937). Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la SARL Ferchau Immobilier n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision lui refusant la remise gracieuse de la taxe sur les véhicules de société en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête la SARL Ferchau Immobilier doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Ferchau Immobilier est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Ferchau Immobilier et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
M. Penhoat, premier conseiller,
Mme Frelaut, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
Le rapporteur,
A. PENHOATLa présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026