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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2010743

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2010743

mercredi 4 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2010743
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBLANQUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 octobre 2020 et 9 mars 2022, M. C de E, représenté par Me de Folleville, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 5 mars 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de l'Huisserie a décidé de procéder à l'acquisition de terrains auprès de M. D B dans le cadre du projet de lotissement du Fougeray ;

2°) d'annuler la délibération du 5 mars 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de l'Huisserie a approuvé le lancement d'une procédure de déclaration d'utilité publique et a sollicité du préfet de la Mayenne le lancement d'une enquête publique en vue de la réalisation du lotissement du Fougeray ;

3°) d'annuler la décision du 24 août 2020 par laquelle la commune a rejeté son recours gracieux formé contre les délibérations attaquées ;

4) de mettre à la charge de la commune de l'Huisserie une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

en ce qui concerne la délibération autorisant l'acquisition d'un terrain :

- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 2121-12, L. 2121-13 et L. 2241-1 du code général des collectivités territoriales ;

- l'avis des domaines a été rendu sur la base d'informations partielles et incomplètes ;

- la délibération est entachée de détournement de pouvoir ;

- la délibération attaquée est entachée d'erreur de droit ;

- le prix d'acquisition voulu par la commune de 5 euros le m² est disproportionné ;

en ce qui concerne la délibération relative au lancement d'une procédure de déclaration d'utilité publique et d'enquête parcellaire :

- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle porte sur le même objet qu'une délibération du 5 décembre 2019 dont elle ne vise qu'à régulariser le caractère prématuré ;

- la délibération attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle est prématurée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 février 2021 et 19 mai 2022, la commune de l'Huisserie conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir contre la délibération autorisant l'acquisition d'un terrain ;

- la délibération relative au lancement d'une procédure de déclaration d'utilité publique est dépourvue de caractère décisoire ;

- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Dias, rapporteur public,

- et les observations de Me Blanquet, avocat de la commune de l'Huisserie.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre d'opération préalables à la réalisation du projet de lotissement " Le Fougeray ", la commune de l'Huisserie est entée en négociation avec les différents propriétaires des parcelles concernées par ce projet afin d'en obtenir la maîtrise foncière. A l'issue de ces discussions, M. B s'est engagé à vendre au prix de 5 euros le m² les parcelles cadastrées B 0200, B 0202, B 0203, B 0204, B 0209, B 0210, B 0211, B 0819, B 0825, B 1599 et B 1601, par une promesse de vente du 26 février 2020. Par sa requête, M. E demande au tribunal d'annuler deux délibérations du 5 mars 2020 par lesquelles le conseil municipal de la commune de l'Huisserie a, d'une part, approuvé l'acquisition de ces parcelles et, d'autre part, sollicité du préfet de la Mayenne le lancement d'une procédure de déclaration d'utilité publique et d'enquête parcellaire pour la réalisation du lotissement. Il demande également l'annulation de la décision du 24 août 2020 par laquelle le maire de la commune a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération approuvant l'acquisition des parcelles appartenant à M. B :

2. M. E, qui ne se prévaut pas de sa qualité de contribuable, ne justifie d'aucun droit sur les terrains faisant l'objet d'une acquisition par la commune. En se bornant à soutenir que le prix de vente au mètre carré des terrains de 5 euros est largement inférieur à celui du marché, dont il entend lui-même bénéficier pour la vente de ses propres terrains à la commune dans le cadre du projet de lotissement " Le Fougeray ", le requérant ne peut être regardé comme lésé de façon suffisamment directe et certaine dans ses intérêts par la première délibération attaquée et ne justifie dès lors pas d'un intérêt à agir. Dès lors, la commune de l'Huisserie est fondée à soutenir que les conclusions de M. E à fin d'annulation de la délibération du 5 mars 2020 approuvant l'acquisition des parcelles appartenant à M. B sont irrecevables. Par suite, il y a lieu de les rejeter comme telles.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération sollicitant du préfet de la Mayenne le lancement d'une procédure de déclaration d'utilité publique :

3. La délibération par laquelle un conseil municipal sollicite du préfet une déclaration d'utilité publique revêt le caractère d'une mesure préparatoire, insusceptible de recours. Par suite, les conclusions du requérant à fin d'annulation de la délibération du 5 mars 2020 mentionnée ci-dessus ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables, ainsi que le fait valoir en défense la commune.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de chacune des parties les frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. de E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de l'Huisserie présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C de E et à la commune de l'Huisserie.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2023.

Le rapporteur,

P-E. A

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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