mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2101018 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL INTERBARREAUX RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 janvier 2021, le 9 mai 2022 et le
28 février 2023, le Syndicat mixte Centre Nord Atlantique (SMCNA), représenté par
Me Raimbault, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum les sociétés GÉOSCOP, Charier TP et SODAF Géo
Industrie au paiement de 748 660,68 euros, au titre de la garantie décennale des constructeurs ;
À titre subsidiaire :
2°) de condamner la société GÉOSCOP au paiement de 359 814 euros, au titre de sa
responsabilité contractuelle ;
En tout état de cause :
3°) de condamner in solidum les sociétés GÉOSCOP, Charier et SODAF Géo Industrie au paiement de 2 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux dépens.
Le SMCNA soutient que:
- les désordres constatés rendent l'ouvrage impropre à sa destination et n'étaient pas
apparents avant la réception des travaux ;
- la responsabilité décennale des constructeurs peut être engagée pour la période durant laquelle les alvéoles ont été en attente d'exploitation ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité contractuelle de la société GÉOSCOP peut être engagée dès lors qu'elle s'est abstenue d'appeler son attention sur les désordres affectant l'alvéole A6 et dont elle pouvait avoir connaissance ;
- le maitre d'œuvre a manqué à son devoir de conseil.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 aout et le 25 octobre 2021, les 17 janvier et 27 février 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) SODAF Géo Industrie, représentée par Me Tetrtrais, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de rejeter de la requête ;
2°) de condamner conjointement et solidairement les sociétés Charier TP et GÉOSCOP à la garantir et à la relever indemne de toute condamnation en principal, accessoires, frais et intérêts, qui serait prononcée à son endroit ;
3°) de débouter les sociétés Charier TP et GÉOSCOP de toutes leurs demandes, fins et conclusions à son endroit ;
4°) de condamner le SMCNA ou, le cas échéant, conjointement et solidairement, les sociétés Charier TP et GÉOSCOP à lui verser la somme de 3 000 euros, au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les désordres, qui ne sont pas de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination, étaient connus du maitre de l'ouvrage avant la réception des travaux ;
- l'expert impute les désordres au manque de diligence du maitre de l'ouvrage dans la prise en charge du phénomène de pollution des eaux déjà connu avant la mise en œuvre des alvéoles A5 et A6 ;
- elle n'est pas concernée par les matériaux mis en œuvre qui incombaient à la société Charier TP.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 septembre 2021, le 15 novembre 2022 et le 6 mars 2023 la société par actions simplifiée (SAS) Charier TP, représentée par Me Mandin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de rejeter de la requête.
À titre subsidiaire :
2°) de retenir la responsabilité du SMCNA et lui imputer 80 % de responsabilité ;
3°) de fixer le préjudice à la somme de 168 475,32 euros toutes taxes comprises (TTC) en la convertissant en somme hors-taxes (HT) si le syndicat n'est pas soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
4°) de fixer un partage par moitié entre elle et la société SODAF Géo Industrie et condamner la société GÉOSCOP à la relever et garantir intégralement des condamnations qui pourraient être prononcées à son endroit ;
5°) de condamner le SMCNA à la relever et garantir de l'ensemble des condamnations qui pourraient être prononcées à son endroit ;
6°) de condamner conjointement le SMCNA, les société GÉOSCOP et SODAF Géo
Industrie aux dépens et à lui verser une indemnité de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'expert impute les désordres à l'absence de diligence du SMCNA et estime que ceux-ci lui étaient apparents ;
- la somme demandée par le SMCNA n'est justifiée ni dans son principe ni dans son montant ;
- en l'absence de faute, elle ne peut être appelée en garantie ;
- la société SODAF Géo Industrie a manqué à son obligation d'information et de conseil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, la société Bureau d'étude géologique et géophysique - GÉOSCOP, représentée par Me Hounieu, demande au tribunal :
À titre principal,
1°) de rejeter la requête ;
2°) de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées contre elle, que ce soit par le SMCNA ou dans le cadre des appels en garantie ;
À titre subsidiaire,
3°) de rejeter les demandes présentées au titre des préjudices subis sur l'alvéole A6 et limiter la réparation des préjudices au seul poste de dommages affectant l'alvéole A5 ;
4°) de limiter les sommes susceptibles d'être allouées au SMCNA à 168 475,32 euros TTC ;
5°) de laisser au SMCNA, a minima, 80 % de la charge de la dette ;
À titre infiniment subsidiaire,
6°) de fixer la responsabilité du groupement d'entreprises Charier TP et SODAF Géo Industrie au minimum à 15 % ;
7°) de limiter la part de sa condamnation à 5 %
8°) de condamner in solidum les sociétés Charier TP et SODAF Géo Industrie à la garantir intégralement des condamnations susceptibles de prononcer à son endroit ;
9°) de mettre les frais d'expertise à la charge de l'ensemble des intervenants, à proportion de leurs parts de responsabilité, avec un minimum de 80 % à la charge du SMCNA ;
En tout état de cause :
10°) de condamner le SMCNA ou toute partie succombante à lui verser chacune une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les désordres, qui ne lui sont pas imputables, ne rendent pas l'ouvrage impropre à sa destination ;
- l'expert a conclu à son absence de faute ;
- en tout état de cause, les fautes commises par le maitre d'ouvrage sont de nature à l'exonérer ;
- en l'absence de faute, les appels en garantie ne peuvent qu'être rejetés ;
- les préjudices ne sont pas justifiés dans leur montant.
Par une ordonnance du 19 juin 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er février 2024 :
- le rapport de M. Jégard,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- les observations de Me Raimbault, représentant le SMCNA,
- les observations de Me Caijeo, substituant Me Hounieu, représentant la société GÉOSCOP,
- les observations de Me Bedahane, substituant Me Mandin, représentant la SAS Charier TP,
- et les observations de Me Tertrais, représentant la SARL SODAF Géo Industrie.
Considérant ce qui suit :
1. Le Syndicat mixte Centre Nord Atlantique (SMCNA) est chargé du centre d'enfouissement des déchets sur le territoire de la commune de Treffieux (Loire-Atlantique). Il s'agit du traitement des ordures ménagères ainsi que du tri des emballages, du verre et du papier. L'exploitation a été déléguée jusqu'au 30 septembre 2011 à la société Atlantique Services Déchets (ASD) puis, à compter de cette date, à la société COVED Région Ouest. Le site est constitué de casiers de 50 à 80 000 m³, chacun divisé en alvéoles de 5 000 m² séparées par une digue. Le SMCNA a décidé de construire de nouveaux casiers et de nouvelles alvéoles sur le site ainsi que les pistes d'accès aux nouveaux équipements. Par un acte d'engagement du 27 février 2010, le marché de maitrise d'œuvre a été confié à la société Bureau d'étude géologique et géophysique - Géoscop. Par un acte d'engagement du 28 juin suivant, le marché de travaux de construction des équipements a été confié aux sociétés Charier TP pour les terrassements et SODAF Géo Industrie pour l'étanchéité. Quatre nouvelles alvéoles ont été construites, appelées A5, A6, A7 et A8. L'alvéole A5 a été réceptionnée le 8 octobre 2010, les travaux de voirie le 7 décembre suivant et l'alvéole A6 le 5 novembre 2011, le tout sans réserve. Avant la fin de la construction des deux dernières alvéoles a toutefois été constatée une acidité des eaux pluviales présente dans l'alvéole A5 et au niveau des bassins tampons 1, 2 et 4, ci-après BT1, BT2 et BT4 puis la contamination des eaux de ruissèlement au contact du matériau drainant au niveau des pistes d'accès. La conséquence en a été la nécessité de traitement de ces eaux avant leur rejet dans la nature. Par une ordonnance du n° 1400427 du 9 mai 2014, une expertise a été confiée à M. A, lequel a rendu son rapport le 2 février 2016. Par sa requête, le SMCNA demande la condamnation in solidum des trois entreprises précitées au paiement de 748 660,68 euros, au titre de la garantie décennale, ou, à titre subsidiaire, la condamnation de la société Géoscop à lui verser 359 814 euros, au titre de la responsabilité contractuelle.
Sur la garantie décennale :
2. La réception est l'acte par lequel le maitre de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve et met fin aux rapports contractuels entre le maitre de l'ouvrage et les constructeurs. Sauf stipulations contraires du marché, la prise de possession de l'ouvrage ne peut valoir réception définitive qu'à la condition, d'une part, que l'ouvrage soit achevé ou en état d'être définitivement réceptionné et que, d'autre part, la commune intention des parties ait bien été de réceptionner définitivement l'ouvrage.
3. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Les constructeurs ne peuvent s'exonérer de leur responsabilité qu'en prouvant que les désordres proviennent d'une cause étrangère à leur intervention.
4. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'étanchéité des alvéoles est assurée par un complexe constitué d'un géotextile puis d'une géomembrane de type PeHD de deux millimètres d'épaisseur et que le recouvrement est assuré par un géotextile inférieur de type P70, 700 g/m². En fond d'alvéole, il y a un dispositif de collecte des lixiviats et des drains sont raccordés à un puits. L'ensemble est recouvert d'un matériau drainant de type gravier sur une hauteur d'environ cinquante centimètres. Il existe enfin des pistes d'accès aux casiers pour les camions ou autres engins.
5. Il résulte par ailleurs de l'arrêté 2007 ICPE 062 du préfet de la Loire-Atlantique du 6 mars 2007 notamment de son point IX.1 qu'une seule alvéole peut être exploitée à la fois. En attente de remplissage d'une alvéole non exploitée, les eaux de pluie y sont recueillies, collectées et envoyées vers des bassins tampons puis rejetées dans le milieu naturel. L'arrêté préfectoral distingue entre les eaux de lixiviats, qui doivent être traitées, et les eaux de ruissèlement des pluies.
6. Le SMCNA soutient que l'acidification des eaux de pluie qui rend nécessaire leur traitement avant rejet dans la nature est due à une erreur dans l'exécution du marché de construction qui est constitutif d'un désordre tendant à la mise en œuvre de la garantie décennale, dans les conditions rappelées au point 3.
En ce qui concerne le caractère apparent des désordres :
7. Les sociétés Charier TP et SODAF Géo industrie soutiennent que les désordres étaient connus du SMCNA avant la réception, ce qui fait obstacle à la mise en œuvre de la garantie décennale.
8. Il résulte du rapport d'expertise que dans un document intitulé " synthèse des analyses ", édité en 2014 par le SMCNA et retraçant l'historique et l'évolution des eaux acides sur le centre, il apparait que dès décembre 2009 et janvier 2010, la société ASD a informé le SMCNA de l'existence d'acidité des eaux pluviales, soit bien avant la réception des premiers travaux. Par la suite, des analyses du taux d'acidité des BT1 et BT2 ont été engagées en novembre 2010. Au soutien de sa demande, le SMCNA soutient d'une part que c'est seulement à partir de la communication des résultats de ces analyses qu'il est possible de considérer que le désordre était connu de sa part, soit après la réception de l'alvéole A5, et, d'autre part que la circonstance que des eaux acides aient été relevées antérieurement sur le site ne sauraient valoir connaissance du désordre affectant les alvéoles A5 et A6. Il résulte toutefois de l'instruction que c'est la présence d'eaux acides dans les bassins tampons qui a nécessité les analyses dont les résultats ont été rendus en novembre 2010 et dont le but était de déterminer le taux d'acidité de l'eau mais non la présence de l'acidité. Il résulte des comptes rendus des réunions de chantier des 22 juin et 20 juillet 2011, antérieurs à la réception de l'alvéole A6, que le SMCNA avait alors connaissance des désordres ayant affecté l'alvéole A5 et s'enquérait de la manière de les éviter. Par suite, il n'est pas possible de retenir la garantie décennale pour les désordres affectant l'alvéole A6.
En ce qui concerne le caractère décennal des désordres :
9. Selon le SMCNA, les désordres affectant les alvéoles les rendent impropres à leur destination. Il se prévaut de l'arrêté préfectoral cité au point 6 et en déduit qu'il existerait deux types de destination pour les alvéoles :' celle en attente de l'exploitation et celle de stockage des déchets.
10. Il sera toutefois rappelé ici que la mission du SMCNA est d'exploiter un centre d'enfouissement des déchets. La destination de l'ouvrage est donc l'enfouissement des déchets. La circonstance que l'arrêté préfectoral prévoit ce qui est fait des eaux pluviales n'a ni pour objet ni pour effet de modifier cette destination. Il s'agit de prescriptions liées à l'exploitation qui ont pour but d'éviter la pollution par les eaux pluviales en attente d'exploitation de l'alvéole pour sa destination. Dès lors les désordres n'ont pas pour effet d'empêcher le fonctionnement normal de l'ouvrage. Il suit de là qu'ils n'ont pas un caractère décennal et que les conclusions tendant à l'indemnisation du syndicat requérant au titre de la garantie décennale doivent par suite être rejetées.
Sur la responsabilité contractuelle :
11. À titre subsidiaire, le SMCNA recherche la responsabilité contractuelle de la société Géoscop pour l'alvéole A6 dès lors que cette entreprise aurait dû, en tant que maitre d'œuvre, attirer son attention sur les désordres qui avaient affecté l'alvéole A5 afin d'éviter la récession de l'ouvrage. La défenderesse conteste le lien de causalité dès lors qu'elle estime que le SMCNA avait lui-même refusé le remplacement des matériaux drainants dans le cadre du marché conclu avec les sociétés Charier TP et SODAF Géo. Le rapport d'expertise conclut à l'absence de faute de sa part. Il résulte des comptes rendus des réunions de chantiers cités au point 8 que la société Géoscop a fait procéder à des tests de lixiviation supplémentaires pour s'assurer de l'absence d'apparition du même type de désordre que celui affectant l'alvéole A5. Les tests de lixiviation initiaux se déroulent sur vingt-quatre heures et ceux effectués à la demande de la société Géoscop ont été réalisés sur une durée de soixante-douze heures afin d'évacuer tout risque d'acidification. Ces nouveaux tests n'ont rien révélé. Il suit de là que, en l'absence de défaut de direction, de surveillance ou d'exécution dans la tâche du maitre d'œuvre, le requérant n'est pas fondé à rechercher sa responsabilité contractuelle au titre d'un manquement à son obligation de conseil.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de SMCNA doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les dépens :
13. Par une ordonnance n° 1410005, 1405097 et 1400427 du 17 mars 2016, le président du tribunal a liquidé et taxé les vacations, frais et honoraires des experts pour un montant de 21 549,17 euros TTC et les a mis à la charge du SMNCA.
14. Il y a lieu de laisser ces frais à la charge définitive du syndicat requérant.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du SMCNA une somme de 1 000 euros au titre des frais d'instance exposés par chaque défenderesse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de SMCNA est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 21 549,17 euros, sont mis à la charge définitive du SMCNA.
Article 3 : Le SMCNA versera à chacune des sociétés Géoscop, Charier TP et SODAF Géo
Industrie des sommes de 1 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat mixte Centre Nord Atlantique, à la société Bureau d'étude géologique et géophysique - Géoscop, à la SARL SODAF Géo Industrie et à la SAS Charier TP.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
A. GOUDOU
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026