mercredi 17 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2101875 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | IVANOVIC FAUVEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 février 2021, et le 20 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Natacha Ivanovic Fauveau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'OFII, à titre principal, de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser rétroactivement l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 15 décembre 2020 dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation personnelle et ses droits ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme A soutient que la décision attaquée :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été destinataire de l'information prévue par l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- n'a pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle, notamment au regard de sa situation de vulnérabilité ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2023, la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Par décision du 1er mars 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 4 septembre 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 19 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 20 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante afghane née en 1995, déclare être entrée en France en octobre 2019. Sa demande d'asile a été présentée aux services de la préfecture de la Loire-Atlantique le 8 novembre 2019. Elle a accepté ce même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Après sa séparation avec son partenaire, elle a sollicité un nouvel hébergement. Le 4 novembre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a proposé une orientation vers Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Mme A a refusé cette proposition le 10 novembre 2020 et, par un courrier du surlendemain, l'OFII l'a informée de son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Mme A a transmis des observations en réponse le 19 novembre 2020. Par une décision du 15 décembre suivant, la directrice territoriale de l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par sa requête, Mme A sollicite l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 744 - 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / 1° A l'acceptation par le demandeur de la proposition d'hébergement ou, le cas échéant, de la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2. Ces propositions tiennent compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6, des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ; / () Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. / () "
3. Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 744-6 et L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que Mme A a refusé une proposition d'hébergement le 10 novembre 2020. La décision attaquée mentionnant ainsi de manière suffisamment précise et circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a été informée de l'intention de la directrice territoriale de l'OFII de suspendre les conditions matérielles d'accueil, et qu'elle a même émis des observations à la suite de cette information. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information prévu par les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En troisième lieu, Mme A soutient que l'administration n'a pas examiné sa situation personnelle et notamment sa situation de vulnérabilité. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la suite des observations qu'elle a émises le 19 novembre 2020, le service médical de l'OFII a été consulté, et un médecin a émis un avis sur la situation de vulnérabilité de la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, Mme A soutient que son refus était légitimement motivé par le suivi médical dont elle bénéficie au centre hospitalier universitaire de Nantes pour une pathologie grave dont elle est atteinte et qui nécessiterait un suivi dans cet hôpital. Elle produit au soutien de son argument un certificat médical, postérieur à la décision attaquée, dont il ressort qu'elle a effectivement besoin d'un suivi médical. En revanche, elle n'apporte aucun élément probant susceptible d'établir que son suivi ne pourrait se poursuivre ailleurs, notamment à Cherbourg-en-Cotentin. De plus, il ressort d'un courriel adressé à l'OFII le 21 aout 2020 par l'association qui s'occupait de son hébergement à Saint-Herblain, que Mme A souhaitait en priorité être transférée vers le département d'Indre-et-Loire où elle avait des connaissances. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation de vulnérabilité doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Natacha Ivanovic Fauveau et à la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2024.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026