vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2103096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GOLDMAN |
Vu la procédure suivante :
I°, Par une requête enregistrée le 19 mars 2021 sous le n° 2103096, Mme A C, représentée par Me Goldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de réintégration dans la nationalité française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de la réintégrer dans la nationalité française ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; elle réside de manière stable et régulière sur le territoire français ; elle y dispose de l'intégralité de ses attaches et certains membres de sa famille ont acquis la nationalité française ; elle et son mari, tous deux retraités, bénéficient d'une pension alimentaire annuelle de 3 400 euros chacun, versée par leur fille ; son mari justifie percevoir une somme de 5 998 euros par ans versée par la mutuelle sociale agricole au titre de l'allocation de solidarité aux personnes âges portant ainsi le revenu du foyer annuel à la somme de 12 800 euros environ ; elle est très investie dans la vie de sa cité ; elle remplit les conditions de connaissance de l'histoire, de la culture et de la société française et ainsi que celle d'être de bonnes mœurs ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
II°, Par une requête enregistrée le 19 mars 2021 sous le n° 2103097, M. B C, représenté par Me Goldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de réintégration dans la nationalité française ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de la réintégrer dans la nationalité française ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; il réside de manière stable et régulière sur le territoire français ; il y dispose de l'intégralité de ses attaches et certains membres de sa famille ont acquis la nationalité française ; lui et son épouse, tous deux retraités, bénéficient d'une pension alimentaire annuelle de 3 400 euros chacun, versée par leur fille ; son mari justifie percevoir une somme de 5 998 euros par ans versée par la mutuelle sociale agricole au titre de l'allocation de solidarité aux personnes âges portant ainsi le revenu du foyer annuel à la somme de 12 800 euros environ ; il est très investi dans la vie de sa cité ; elle remplit les conditions de connaissance de l'histoire, de la culture et de la société française et ainsi que celle d'être de bonnes mœurs ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Huin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. C ont présenté une demande de naturalisation auprès du préfet de Val-d'Oise qui ont été rejetées par des décisions du 30 juin 2020. Mme et M. C ont formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur. Par des décisions du 7 janvier 2021, le ministre de l'intérieur a rejeté les recours présentés par Mme et M. C contre les décisions du préfet du Val-d'Oise du 30 juin 2020. Par la présente requête Mme C et M. C demandent l'annulation des décisions du 7 janvier 2021.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2103096 et 2103097 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : " Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée ". En application de l'article 49 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française prise en application du présent décret est motivée conformément à l'article 27 de la loi n° 98-170 du 16 mars 1998 relative à la nationalité ". En vertu de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Les décisions attaquées mentionnent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont donc suffisamment motivées.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le défaut d'insertion professionnelle pérenne et le degré d'autonomie matérielle du postulant.
6. Pour rejeter les demandes de naturalisation présentées par Mme et M. C, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur la circonstance que les intéressés ne disposaient pas de revenus personnels suffisants et subvenaient à leurs besoins pour l'essentiel à l'aide de prestations sociales.
7. Il ressort des pièces du dossier que ni Mme C, ni son mari n'exercent de profession et ne subviennent à leurs besoins par des ressources autonomes mais bénéficient de pensions alimentaires versées par leur fille ainsi que d'une allocation de solidarité pour personne âgée dont le montant cumulé approche 12 800 euros, ce qui représente une somme insuffisante pour permettre que le foyer et ses membres soient autonomes. Par suite, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont dispose le ministre, ce dernier n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant pour ce motif les demandes de Mme et M. C.
8. En troisième et dernier lieu, égard au motif qui la fonde, les circonstances invoquées par Mme et M. C tirées de ce qu'ils résident de manière stable et régulière sur le territoire français alors qu'ils y disposent de l'intégralité de leurs attaches et que certains membres de leur famille ont acquis la nationalité française, qu'ils sont très investis dans la vie de leur cité, ils remplissent les conditions de connaissance de l'histoire, de la culture et de la société française et ainsi que celle d'être de bonnes mœurs, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme et M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme et M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme et M. C la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2103096 de Mme C et n°2103097 de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
F. HUIN
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2, 2103097
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026