LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2104665

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2104665

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2104665
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2021, M. B A, représenté par Me Bouvier, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement l'État et la commune de la Faute-sur-Mer (Vendée) à lui verser une somme de 175 000 euros en réparation des préjudices subis en raison du classement en zone inconstructible d'une parcelle lui appartenant à la Faute-sur-Mer, majoré des intérêts au taux légal à compter de la date de la première demande d'indemnisation formée le 22 janvier 2021 auprès du préfet de la Vendée, avec capitalisation des intérêts échus à compter de cette même date ;

2°) de mettre à la charge de la commune de la Faute-sur-Mer la somme de 1400 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, la créance n'étant pas prescrite ;

- la commune de la Faute-sur-Mer a commis une faute pour lui avoir délivré un certificat opérationnel positif sur une parcelle située en zone inondable, alors qu'elle avait connaissance des risques ;

- il subit un préjudice spécial et certain dans la mesure où sa parcelle qui était située initialement dans une zone urbaine bénéficiant d'une autorisation de construire, est désormais inconstructible ;

- la responsabilité de l'Etat est engagée pour rupture d'égalité devant les charges publiques ;

- il est fondé à demander une indemnité de 175 000 euros au titre du préjudice subi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2021, la commune de la Faute-sur-Mer, représentée par Me Marchand, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de celle-ci comme non-fondée, et à ce que la somme de 1500 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable :

* M. A ne produit pas de titre de propriété et ne justifie ainsi pas de son intérêt à agir ;

* le contentieux n'est pas lié par une demande préalable ;

* la créance est prescrite ;

- à titre subsidiaire, la commune de la Faute-sur-Mer n'a pas commis de faute en délivrant le certificat d'urbanisme du 22 juin 2000 ;

- à titre infiniment subsidiaire, il n'existe aucun lié de causalité entre le préjudice subi par M. A et le certificat d'urbanisme en cause ;

- le montant du préjudice est surévalué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2021, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, les demandes formulées par les lettres du 12 novembre 2020 et du 18 janvier 2021 n'étant pas identiques à celles du recours déposé ;

- la créance est prescrite ;

- M. A n'est pas fondé à invoquer l'existence d'un droit à réparation à la charge de l'Etat en raison du préjudice résultant du plan de prévention des risques approuvé en avril 2017 ;

- M. A n'est pas fondé à invoquer une rupture d'égalité devant les charges publiques.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Brémond, premier conseiller

- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,

- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocate de la commune de la Faute-sur-Mer.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est propriétaire depuis le 27 juillet 2000 d'une parcelle de terrain cadastrée AT n° 9 située 1, allée de la Réserve à la Faute-sur-Mer. Dans le cadre de l'acquisition de cette parcelle, M. A s'est vu délivrer un certificat d'urbanisme opérationnel positif le 22 juin 2000. Suite à la tempête Xynthia du 28 février 2010, la réalisation d'un plan de prévention des risques d'inondation a été engagée. Dans le cadre de ce plan approuvé le 28 avril 2017, la parcelle de M. A a été reclassée en zone " rouge " Ru où les nouvelles constructions à usage d'habitation sont interdites. M. A demande au tribunal de condamner solidairement l'État et la commune de la Faute-sur-Mer à lui verser une somme de 175 000 euros en réparation des préjudices résultant de ce classement.

Sur la responsabilité de la commune de la Faute-sur-Mer :

2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Pour l'application de ces dispositions, l'autorité administrative compétente pour délivrer un permis de construire doit en particulier apprécier, au regard des données disponibles, l'existence d'un risque de submersion marine en prenant en compte notamment le niveau marin de référence, la situation du terrain au regard des ouvrages de défense contre la mer, ainsi que les précédents connus de rupture de digues ou de submersion. Il incombe ainsi au maire, agissant, en l'espèce, au nom de la commune, de vérifier, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise, si le projet de construction ne doit pas être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales, sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

3. Il résulte de l'instruction que la commune de la Faute-sur-Mer a connu plusieurs épisodes de submersion marine avant la tempête Xynthia du 28 février 2010 et que le dossier départemental des risques majeurs, établi par le préfet en 1995, mentionnait que la commune de la Faute-sur-Mer était soumise, notamment, au risque naturel majeur d'inondations maritimes. Toutefois, ces données ne sont pas suffisantes pour établir que la délivrance en 2000 d'un certificat d'urbanisme positif à M. A serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme alors que le caractère insuffisant de la protection contre les eaux assurée par la "digue Est", dont la submersion a été à l'origine des inondations, n'a été révélé qu'en juillet 2006, date de réalisation d'un diagnostic en application des dispositions de l'arrêté du 7 juillet 2005 pris par le préfet de la Vendée classant cette digue au nombre des ouvrages intéressant la sécurité civile. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de la Faute-sur-Mer pour lui avoir délivré le certificat d'urbanisme du 22 juin 2000, dont la durée de validité n'était par ailleurs que d'un an.

Sur la responsabilité de l'Etat :

4. Aux termes de l'article L 105-1 du code de l'urbanisme : " N'ouvrent droit à aucune indemnité les servitudes instituées par application du présent code en matière de voirie, d'hygiène et d'esthétique ou pour d'autres objets et concernant, notamment, l'utilisation du sol, la hauteur des constructions, la proportion des surfaces bâties et non bâties dans chaque propriété, l'interdiction de construire dans certaines zones et en bordure de certaines voies, la répartition des immeubles entre diverses zones. Toutefois, une indemnité est due s'il résulte de ces servitudes une atteinte à des droits acquis ou une modification à l'état antérieur des lieux déterminant un dommage direct, matériel et certain. () "

5. Les servitudes instituées par les plans de prévention des risques en application de dispositions introduites dans la loi du 22 juillet 1987 par la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement, ultérieurement codifiées aux articles L. 562-1 et suivants du code de l'environnement, constituent des servitudes d'utilité publique mais ne sont pas instituées par application du code de l'urbanisme. Il résulte des termes de la loi du 2 février 1995, éclairés par ses travaux préparatoires, que le législateur a entendu faire supporter par le propriétaire concerné l'intégralité du préjudice résultant de l'inconstructibilité de son terrain nu résultant des risques naturels le menaçant, sauf dans le cas où ce propriétaire supporterait une charge spéciale et exorbitante hors de proportion avec l'objectif d'intérêt général poursuivi.

6. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A ne peut utilement soutenir qu'une indemnité lui serait due en raison de la servitude d'utilité publique instituée par le plan de prévention des risques naturels prévisibles littoraux approuvé le 28 avril 2017 en application des dispositions des articles L.562-1 et suivants du code de l'environnement., cette servitude n'étant pas instituée en application du code de l'urbanisme. Au surplus, le classement de sa parcelle en zone rouge interdisant toute nouvelle construction à usage d'habitation est justifié par sa localisation dans une zone d'aléa inondation fort, hors du centre-bourg, où aucune dérogation n'est possible, comme cela lui a été expliqué en réponse à son observation lors de l'enquête publique ayant précédé l'adoption de ce plan.

7. En second lieu, il résulte de l'instruction que le terrain dont M. A est propriétaire depuis le 27 juillet 2000, situé 1, allée de la Réserve à la Faute-sur-Mer, cadastré AT n°9, et auparavant classé en zone urbanisée du plan d'occupation des sols, ne supporte aucune construction. Il se caractérise par un niveau d'aléa inondation fort à très fort, avec des hauteurs d'eau supérieures à un mètre, ce qui a conduit à son classement, dans le plan de prévention des risques d'inondation, en zone rouge, dans laquelle les constructions nouvelles de toute nature et les implantations nouvelles d'hôtellerie de plein air sont strictement interdites, afin, selon la notice de présentation du plan, d'éviter tout nouvel apport de population résidente et de ne pas augmenter de manière substantielle les biens et activités vulnérables. Il ressort en outre des plans produits que de nombreux terrains non bâtis de ce secteur ont été classés en zone rouge du plan de prévention des risques naturels prévisibles littoraux, à l'instar de ceux de M. A. Dans ces conditions, au regard de l'objectif de sécurité des habitants auquel répondent les dispositions du plan en litige et compte tenu de l'étendue géographique des périmètres de protection instaurés, la servitude affectant le terrain de M. A ne peut être regardée comme lui faisant supporter une charge spéciale et exorbitante, hors de proportion avec l'objectif d'intérêt général poursuivi et ainsi, de nature à ouvrir droit à indemnisation à raison de la rupture du principe d'égalité.

8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, M. A n'est pas fondé à demander la condamnation solidaire de la commune de la Faute-sur-Mer et de l'Etat à lui verser une somme de 175 000 euros en réparation de ses préjudices

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de la Faute-sur-Mer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A le versement de la somme demandée par la commune de la Faute-sur-Mer à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la Faute-sur-Mer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de la Faute-sur-Mer et au préfet de la Vendée.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,

E. BRÉMOND

La présidente,

H. DOUETLa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions