mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2106702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juin 2021, M. B C, représenté par Me Guilbaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, en tous les cas, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur des dispositions de l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 et du décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Guilbaud, avocate de M C, ainsi que celles de ce dernier.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais, né le 14 mai 1991, est entré en France le 2 octobre 2018, sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant valable jusqu'au 29 septembre 2019. Il s'est vu délivrer, en cette qualité, par le préfet de la Loire-Atlantique, un titre de séjour valable du 29 septembre 2019 au 30 septembre 2020. Il a sollicité du préfet le renouvellement de son titre de séjour. Par arrêté du 25 janvier 2021 dont M. C demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande, a assorti ce rejet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons de droit comme de fait pour lesquelles son auteur a décidé de refuser de délivrer un titre de séjour au requérant. A cet égard, il fait état, notamment, de ce que l'intéressé ne justifie pas qu'il mène avec sérieux les études entreprises depuis son arrivée sur le territoire national. Dès lors, cette décision est suffisamment motivée. Il ressort, de plus, de ses termes mêmes qu'elle a été prise à la suite d'un examen particulier de la situation du requérant par le préfet, qui n'était pas tenu de mentionner tous les éléments du dossier qui lui était soumis.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I. - La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention "étudiant" () " Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité, le sérieux et la progression des études poursuivies.
4. M. C était inscrit en première année de master " droit européen et international " durant l'année universitaire 2018-2019. A l'issue de cette année, il a été ajourné avec une moyenne de 7,15 sur 20 et s'est réinscrit en première année de ce master. S'il a progressé dans ses résultats universitaires durant cette seconde année, il a toutefois été, à nouveau, ajourné, avec une moyenne, à l'issue de l'année universitaire 2019-2020, de 9,79 sur 20. Il s'est alors inscrit, pour l'année universitaire 2020-2021, en première année de master " Droit des affaires ". Il ne ressort pas, dès lors, des pièces du dossier qu'il aurait fait preuve de sérieux et de progression dans les études poursuivies, alors même qu'il a validé en juin 2021, soit postérieurement à la décision contestée, un passage en seconde année de master " Droit des affaires ". Par suite, le préfet a pu légalement estimer que les critères fixés par l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour renouveler le titre de séjour de l'intéressé n'étaient pas remplis.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. C ne séjournait en France que depuis deux ans et demi environ à la date de la décision contestée, en vue de poursuivre des études supérieures. Célibataire et sans enfant à charge, et même s'il se prévaut de la présence en France de deux de ses cousins, il n'avait pas noué sur le territoire national des liens anciens, intenses et stables, comme l'a relevé l'administration, compte tenu notamment de la nature des liens familiaux ainsi invoqués et de la courte durée du séjour de l'intéressé en France. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas, au demeurant allégué, que l'intéressé n'aurait pas conservé des attaches personnelles au Congo, où il a vécu la plus grande part de sa vie. Enfin, si le requérant justifie d'activités salariées en France, dans le cadre de contrat à durée déterminée ou de mission d'intérim, cette circonstance ne permet pas d'établir qu'il serait significativement et durablement inséré dans ce pays, compte tenu de la nature des emplois occupés et du statut d'étudiant de l'intéressé. Ainsi, la décision refusant d'admettre au séjour M. C ne porte pas au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit et ne méconnaît pas les stipulations citées au point précédent. Pour les mêmes raisons, et alors même que le refus de titre de séjour en litige peut avoir des impacts sur l'accès de l'intéressé au logement et à l'emploi, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de séjour que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.
8. En second lieu, pour les mêmes raisons que celles exposés au point 6 du présent jugement la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale.
Sur la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les articles L. 511-1 et L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate qu'il est fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français et qu'il est de nationalité congolaise. L'arrêté relève également que le requérant, qui n'a jamais sollicité l'asile, n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées dans son pays d'origine ou qu'il y est exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée.
10. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français, que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de ce refus et de cette obligation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Guilbaud et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
M. Catroux, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
Le rapporteur,
X. A
Le président,
S. DEGOMMIER
La greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026