mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2107361 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 2 juillet 2021 et le 15 juin 2022, M. C A, représenté par Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mai 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné sa demande de naturalisation à deux ans ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le ministre a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2022 et le 4 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Des pièces, enregistrées le 26 mars 2024, ont été présentées pour M. A et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 mars 2024 à 9h45 :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Bearnais, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 1er décembre 1986, a sollicité l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation auprès du préfet de la Loire-Atlantique, lequel a ajourné à deux ans sa demande par une décision du 10 novembre 2020. L'intéressé a, pour contester cette décision, saisi d'un recours préalable obligatoire le ministre de l'intérieur, le 12 janvier 2021, lequel l'a rejeté par une décision du 11 mai 2021 confirmant l'ajournement à deux ans de sa demande de naturalisation. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision qui s'est substituée à la décision préfectorale.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : "'Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée'" et aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : "'La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision°". La décision attaquée vise les articles 45 et 48 du décret du 20 décembre 1993 et mentionne les circonstances de faits, propres à la situation du postulant, que le ministre a prises en compte pour décider d'ajourner la demande de naturalisation de M. A. Ainsi cette décision comporte-t-elle, avec suffisamment de précision, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Par suite, elle est suffisamment motivée et satisfait aux exigences des articles 27 du code civil et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En second lieu, aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite.
4. Pour ajourner la demande de naturalisation de M. A, le ministre s'est fondé sur l'article 48 du décret du 30 décembre 1993. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant, au nombre desquels peut figurer la circonstance que l'intéressé a eu un comportement critique au regard de ses obligations locatives.
5. Il est constant que M. A était redevable, au mois de septembre 2020, d'une dette de
1 287, 17 euros auprès de son bailleur Nantes Métropole Habitat. Si M. A soutient que cette dette a été contractée car il lui était impossible de régler ses loyers du fait de la fermeture de son agence locative pendant la période du confinement, il ressort des pièces du dossier que d'autres moyens avaient été mis en place par l'agence locative pour éviter les déplacements des locataires en agence, tels qu'un virement bancaire, un paiement par carte bancaire depuis le site internet de l'agence, un prélèvement automatique ou l'envoi d'un chèque bancaire ou postal. A supposer même qu'il se soit trouvé dans l'incapacité de recourir à ces moyens, M. A ne démontre pas avoir essayé de contacter l'agence locative en vue d'exposer ses difficultés à payer son loyer ni avoir accompli des démarches en vue de s'acquitter de cette dette locative sitôt la période de confinement terminée, M. A ayant, le 14 octobre 2020, après accord de son bailleur, choisi d'échelonner le paiement de ses loyers impayés sur une durée de 24 mois à raison de 51 euros par mois. Ainsi, la circonstance que cette dette locative ait été apurée en juin 2021, postérieurement à la date de la décision attaquée, est sans incidence sur la possibilité dont disposait le ministre de prendre en compte cette défaillance récente de M. A dans le paiement de ses loyers. Par suite, le ministre, qui dispose en la matière d'un large pouvoir pour apprécier de l'opportunité d'accorder la faveur de la naturalisation à l'étranger qui la sollicite, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ajournant la demande de l'intéressé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 11 mai 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la demande de naturalisation de M. A doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse,premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
La rapporteure,
J-K. B
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026