vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108704 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LEBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 aout 2021, et un mémoire, enregistré le 7 avril 2023, M. A C, représenté par Me Lebon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2020 par laquelle le préfet de l'Essonne a constaté l'irrecevabilité de sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de faire droit à sa demande de naturalisation, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de qualification juridiques des faits ;
- le ministre a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 aout 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique le 22 mai 2024 à 9 h 45.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant irakien, né le 28 février 1970, a sollicité l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation. Par une décision du 22 décembre 2020, le préfet de l'Essonne a déclaré irrecevable sa demande au titre de l'article 21-16 du code civil. L'intéressé a, pour contester cette décision et comme il y était tenu en application de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif notamment aux décisions de naturalisation, saisi d'un recours administratif préalable obligatoire le ministre de l'intérieur le 26 février 2021. Le silence gardé par le ministre sur ce recours pendant plus de quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision préfectorale du 22 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale :
2. Aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. () ". Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles le ministre en charge des naturalisations statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont soumises.
3. La décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours de M. C s'est substituée à la décision prise par le préfet de l'Essonne le 22 décembre 2020. Il en résulte que les conclusions de la requête dirigées contre la décision préfectorale doivent être regardées comme tendant à l'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". M. C n'établit ni n'allègue avoir sollicité la communication des motifs de la décision implicite du ministre. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation.
5. En deuxième lieu, en rejetant implicitement le recours formé par M. C contre la décision du préfet de l'Essonne, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme s'étant approprié le motif de cette dernière décision, tiré de ce que, du fait de la résidence à l'étranger de sa conjointe, le requérant ne peut être regardé comme ayant fixé en France, de manière stable, le centre de ses intérêts matériels et de ses attaches familiales. Pour contester ce motif, M. C ne saurait utilement invoquer une erreur de fait ou de qualification juridique des faits qu'aurait commise le ministre dans l'appréciation de ses ressources. Ainsi, les circonstances qu'il invoque au soutien de ce moyen, selon lesquelles il exerce une activité d'agent des services de sécurité incendie auprès de la société SNGST, s'est toujours acquitté de ses impôts et dispose de ressources suffisantes et stables sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui n'est pas fondée sur un défaut d'insertion professionnelle ou d'autonomie financière de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait et de l'erreur de qualification juridique doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 21-16 du même code : " "Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation.". Ces dispositions imposent à tout candidat à l'acquisition de la nationalité française de résider en France et d'y avoir fixé durablement le centre de ses intérêts familiaux et matériels à la date à laquelle il est statué sur sa demande. Pour apprécier si cette dernière condition est remplie, l'administration peut notamment se fonder, sous le contrôle du juge, sur la durée de la présence du demandeur sur le territoire français, sur sa situation familiale, et sur le caractère suffisant et durable des ressources qui lui permettent de demeurer en France.
7. Le requérant expose qu'il s'est marié avec son épouse en 1995, qu'il en est séparé de fait depuis 2005, que son épouse vit aux Etats-Unis depuis 2009, n'est jamais venue en France et ne compte pas s'y établir tandis que sa mère ainsi que ses frères et sœurs résident régulièrement en France où ils ont obtenu le statut de réfugié. Si M. C se déclare divorcé à l'administration fiscale, il produit une attestation de son avocat, datée du 4 février 2021, selon laquelle la procédure de divorce est toujours en cours devant le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Evry, sans qu'aucun autre élément ne soit apporté quant aux suites données à cette procédure. Dans ces conditions, M. C, alors même qu'il est intégré socialement et professionnellement sur le territoire français, ne pouvait être regardé, à la date de la décision attaquée, comme y ayant fixé, de manière durable, le centre de ses intérêts matériels et familiaux. En outre, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du ministre de l'intérieur du 16 octobre 2012 qui est dépourvue de valeur réglementaire et dont les dispositions ne constituent pas des lignes directrices. Par suite, le ministre de l'intérieur n'a commis ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation en déclarant irrecevable la demande de naturalisation de M. C.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du ministre de l'intérieur doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de M. C tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de lui accorder la nationalité française doivent, en tout état de cause, être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. Xavier Catroux, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
J-K. B
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026