mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108970 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 août 2021 et le 19 novembre 2021, M. F E B, M. D B, M. F C B et
Mme A B, agissant en son nom et en celui de son enfant mineurs, représentés par
Me Bearnais, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 juillet 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont ils bénéficiaient ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de leur accorder les conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif pour la période pendant laquelle ils auraient dû en bénéficier ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité dont la compétence n'est pas établie ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas démontré qu'ils ont reçu l'information des conditions de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil ;
- elle est entachée d'un second vice de procédure dès lors qu'il n'est pas démontré qu'ils ont bénéficié d'un entretien destiné à évaluer leur vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'un défaut d'examen de leur vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il sollicite une substitution de motif, tirée de ce que les intéressés ne se sont pas présentés à l'aéroport munis d'un test PCR le 16 juin 2021 et fait valoir que les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
M. B, a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 août 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante afghane, est entrée en France accompagnée de sa fille mineure et de ses enfants majeurs F E, D et F C et a sollicité l'asile. Par un arrêté du 7 janvier 2021, le préfet de Maine-et-Loire a prononcé le transfert de la famille aux autorités italiennes et les a assignés à résidence dans le département de la
Loire-Atlantique pour une durée de quarante-cinq jours. Par une décision du 19 juillet 2021, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a décidé de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiaient Mme B et sa famille au motif qu'il n'avaient pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Par une ordonnance du
30 août 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a suspendu l'exécution de cette décision au motif qu'il existait un doute sérieux sur sa légalité. Par la présente requête,
Mme B et sa famille demandent l'annulation de la décision du 19 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret () ".
3. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiaient Mme B et sa famille, le directeur de l'OFII s'est fondé sur la circonstance que les intéressés n'avaient pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en refusant de se soumettre à un test PCR obligatoire pour l'entrée effective sur le territoire de l'Etat membre responsable de l'examen de leur demande d'asile. Il ressort des pièces du dossier que la famille B a réalisé les tests PCR demandés le 14 juin 2021 en vue de leur transfert le 16 juin 2021 et que les résultats de ces tests ont été communiqués, par le biais de leur avocate, au pôle régional Dublin de la préfecture de Maine-et-Loire. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
5. Dans son mémoire en défense, communiqué au requérant, l'OFII fait valoir que la décision pouvait également être fondée sur le motif, dont il demande la substitution, tiré de ce que la famille ne s'est pas présentée à l'aéroport, munie des résultats des tests PCR, le 16 juin 2021 en vue de leur transfert aux autorités italiennes.
6. Il ressort des pièces du dossier que, s'il est constant que la famille B ne s'est pas présentée à l'aéroport le 16 juin 2021, l'aîné des fils de Mme B, M. F E B, a été hospitalisé en urgence à compter du 15 juin 2021 et y a subi des soins jusqu'à sa sortie, le 23 juin 2021. Il ressort également des pièces du dossier que le courrier du 21 juin 2021 par lequel l'OFII a informé la famille de son intention de mettre fin à leurs conditions matérielles d'accueil n'évoquait que le motif erroné tiré de ce que les intéressés avaient refusé de se soumettre au test PCR. Dans ces conditions, M. B et sa famille justifient d'un motif légitime à leur absence à l'aéroport de 16 juin 2021. Il suit de là que la demande de substitution de motif demandée par l'OFII ne peut être accueillie.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B et ses enfants sont fondés à demander l'annulation de la décision du 19 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à l'OFII de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de Mme B et de sa famille à compter de leur cessation effective et jusqu'à la date à laquelle il a été définitivement statué sur leur demande d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bearnais renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 juillet 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir rétroactivement la famille B dans leurs droits aux conditions matérielles d'accueil à compter de leur cessation effective et jusqu'à la date à laquelle il a été définitivement statué sur leur demande d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'OFII versera à Me Bearnais la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à M. F E B, à M. D B, à M. F C B, à Me Bearnais et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
La rapporteure,
M. G
SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEULa greffière,
A. GOUDOU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026