jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2109284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 août 2021, Mme B A C, représentée par Me Bearnais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 février 2021 du ministre de l'intérieur rejetant son recours contre la décision du 25 juin 2020 par laquelle le préfet de l'Essonne avait rejeté sa demande de réintégration, ensemble ladite décision préfectorale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande de réintégration dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme A C soutient que :
- la décision ministérielle attaquée est entachée d'un défaut de motivation en droit en méconnaissance des dispositions de l'article 27 du code civil ;
- la décision ministérielle attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une discrimination liée à l'âge ; l'absence de revenus personnels en France ne pouvait lui être opposée dès lors qu'elle percevait, il y a quelques années, l'allocation pour adulte handicapé, qu'elle est désormais retraitée et ne peut ainsi exercer une activité professionnelle lui permettant de justifier de tels revenus ;
- la décision ministérielle attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : elle a travaillé en qualité de coiffeuse, s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé et a perçu l'allocation pour adulte handicapé en 2018 ; elle est dans l'impossibilité de travailler compte tenu de son statut de retraitée ;
- elle réside régulièrement sur le territoire français depuis 2008, est insérée dans la société française, maîtrise le français, est de bonne moralité et est bénévole au Secours Catholique depuis 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme A C n'est fondé.
Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes du 24 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hannoyer, premier conseiller,
- et les observations de Me Fabre, substituant Me Bearnais, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante algérienne née en 1957, demande au tribunal d'annuler la décision du 9 février 2021 du ministre de l'intérieur rejetant son recours contre la décision du 25 juin 2020 par laquelle le préfet de l'Essonne avait rejeté sa demande de réintégration, ensemble ladite décision préfectorale.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale :
2. En application des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, les décisions par lesquelles le ministre statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées et dont les conclusions à fin d'annulation deviennent dès lors irrecevables. Ainsi les conclusions dirigées contre la décision préfectorale sont irrecevables et la requête doit être regardée comme exclusivement dirigée contre la décision ministérielle.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle :
3. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une réintégration accordée par décret à la demande de l'étranger ". En vertu des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de réintégration, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, si le ministre chargé des réintégrations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Une fois ce délai expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à la postulante, si elle le juge opportun, de formuler une nouvelle demande. Il appartient ainsi au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la réintégration à la ressortissante étrangère qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le caractère suffisant et durable des ressources lui permettant de demeurer en France.
4. Pour confirmer le rejet de la demande d'acquisition de la nationalité française de Mme A C, le ministre s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée n'avait pas de revenus personnels et ne subvenait pour l'essentiel à ses besoins qu'à l'aide de prestations sociales.
5. En premier lieu, aux termes de l'article 49 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de réintégration, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de réintégration ou de réintégration dans la nationalité française prise en application du présent décret est motivée conformément à l'article 27 " du code civil. La décision attaquée vise les articles 45 et 48 du décret du 30 décembre 1993 et mentionne les circonstances de faits propres à la situation de la postulante. Ainsi cette décision comporte, avec suffisamment de précision, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Par suite, elle est suffisamment motivée et satisfait aux exigences de l'article 27 du code civil.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que les revenus de Mme A C proviennent essentiellement de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, à hauteur de 782,79 euros par mois, outre une retraite personnelle qu'elle perçoit à hauteur de 27,40 euros par mois, et le ministre établit qu'elle percevait précédemment le revenu de solidarité active. Si la situation financière dans laquelle elle se trouve résulte, selon la requérante, du fait qu'elle s'était vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé et avait perçu l'allocation pour adulte handicapé en 2018, et qu'elle a dorénavant atteint l'âge de la retraite, d'une part, l'allocation qu'elle perçoit est une prestation sociale qui n'est pas accordée en compensation d'un handicap, et, d'autre part elle n'établit pas qu'elle aurait préalablement à sa retraite été dans l'impossibilité de travailler du fait d'un handicap, dont elle ne révèle au demeurant ni la nature ni le degré. Par ailleurs, la circonstance que Mme A C était retraitée à la date de la décision attaquée et ne pouvait ainsi exercer une activité professionnelle lui permettant de justifier de revenus personnels n'est pas de nature à la faire regarder comme autonome financièrement. Dans ces conditions, le ministre, qui a fait usage de son large pouvoir d'accorder ou non la réintégration demandée, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de réintégration dans la nationalité française de l'intéressée pour le motif susmentionné.
7. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme A C n'est pas fondée à soutenir que le ministre aurait, pour les mêmes raisons, entaché sa décision d'une erreur de droit en lui opposant l'absence de revenus personnels alors qu'elle est retraitée. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la circonstance que Mme A C a atteint l'âge de la retraite ne permet pas d'établir un lien suffisamment direct entre son âge et l'absence de revenus personnels de l'intéressée, sur laquelle le ministre a fondé sa décision de rejet et qui découle de la seule situation professionnelle antérieure de Mme A C. Le moyen tiré de ce qu'en se fondant sur un tel motif le ministre aurait commis une discrimination liée à l'âge doit, par suite, être écarté.
9. En cinquième et dernier lieu, les circonstances selon lesquelles Mme A C résiderait régulièrement sur le territoire français depuis 2008, serait insérée dans la société française, maîtriserait le français, serait de bonne moralité, et serait bénévole au Secours Catholique depuis 2018 sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif sur lequel elle se fonde.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A C ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2': Le présent jugement sera notifié à Mme B A C, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Bearnais.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025 , à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2025.
Le rapporteur,
R. HANNOYERLa présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
Le greffier,
P. VOSSELER
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026