LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2109714

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2109714

mercredi 21 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2109714
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 août 2021, le 3 décembre 2021, le

19 janvier 2022, le 16 mars 2022, le 16 mai 2022 et le 19 décembre 2023, la société Mélaine Ferré Architecture, représentée par Me Livory, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Monnières à lui verser la somme de 7 668,50 euros, augmentée des intérêts à hauteur de 1,5 fois le taux légal à compter du 21 février 2019, en paiement des honoraires qu'elle estime lui être dus en application du contrat de maîtrise d'œuvre conclu le 3 juillet 2017 dans le cadre du projet d'extension et de réaménagement du pôle enfant et de la construction d'une halte-garderie ;

2°) de condamner la commune de Monnières à lui verser la somme de 40 euros au titre des frais de recouvrement ;

3°) de condamner la commune de Monnières à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de la résistance abusive dont a elle a fait preuve en refusant de régler la facture ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Monnières la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est fondée à demander le règlement de la facture de 7 668,50 euros dès lors que sa prestation a été exécutée ;

- la circonstance que le jardin d'hiver de la halte-garderie soit affecté de désordres est sans incidence sur la créance qu'elle détient sur la commune ;

- elle est fondée à demander le versement de la somme de 40 euros au titre des frais de recouvrement pour retard de paiement ;

- le refus de paiement de la commune est constitutif de résistance abusive et lui a causé un préjudice à hauteur de 2 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 octobre 2021, le 31 décembre 2021, le

21 février 2022, le 27 avril 2022 et le 23 novembre 2023, la commune de Monnières, représentée par Me Naux, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la société Mélaine Ferré Architecture sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'elle est fondée à retenir la somme demandée par la société dès lors que cette dernière n'a pas remédié aux désordres constatés affectant le sol du jardin d'hiver.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;

- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;

- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,

- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,

- et les observations de Me Lorant, substituant Me Livory, représentant la société Mélaine Ferré Architecture.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement signé le 3 juillet 2017, la commune de Monnières a confié à la société Mélaine Ferré Architecture, en qualité de mandataire de groupement, la maîtrise d'œuvre pour le projet d'extension et de réaménagement du pôle enfance et de la construction d'une halte-garderie. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 16 janvier 2019. Le

21 janvier 2019, la société Mélaine Ferré Architecture a facturé une note d'honoraires d'un montant de 7 668,50 euros TTC au titre du marché de maîtrise d'œuvre. La commune de Monnières a refusé de régler cette facture au motif que des désordres affectaient le jardin d'hiver compris dans le lot n° 1 du marché de travaux conclu avec la société Aubron Mechineau. Par un courrier du 7 mai 2021, la société Mélaine Ferré Architecture a demandé à la commune de Monnières le versement de cette somme.

Sur les conclusions tendant à la condamnation de la commune de Monnières :

2. D'une part, aux termes de l'article 59 de l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics : " I. - Les marchés publics autres que de défense ou de sécurité passés par l'Etat, ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial, les collectivités territoriales et les établissements publics locaux autres que les offices publics de l'habitat donnent lieu à des versements à titre d'avances, d'acomptes, de règlements partiels définitifs ou de solde, dans les conditions prévues par voie réglementaire. (). ".

3. D'autre part, la réception de l'ouvrage met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre en ce qui concerne les prestations indissociables de la réalisation de l'ouvrage, au nombre desquelles figurent, notamment, les missions de conception de l'ouvrage. Par suite, le constat de la réception de l'ouvrage fait obstacle à ce que la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre soit recherchée à raison des fautes de conception qu'il a éventuellement commises. La réception ne met toutefois fin aux obligations contractuelles des constructeurs que dans cette seule mesure et demeure ainsi, par elle-même, sans effet sur les droits et obligations financiers nés de l'exécution du marché, à raison notamment de retards ou de travaux supplémentaires, dont la détermination intervient définitivement lors de l'établissement du solde du décompte définitif. Seule l'intervention du décompte général et définitif du marché a pour conséquence d'interdire au maître de l'ouvrage toute réclamation à cet égard. Il en va de même lorsque, en raison d'une faute du maître d'œuvre dans la conception de l'ouvrage ou dans le suivi de travaux, le montant de l'ensemble des travaux qui ont été indispensables à la réalisation de l'ouvrage dans les règles de l'art est supérieur au coût qui aurait dû être celui de l'ouvrage si le maître d'œuvre n'avait commis aucune faute, à hauteur de la différence entre ces deux montants.

4. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction qu'un décompte général serait intervenu. Il ressort également de la rédaction du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du lot n° 1 du marché que la réalisation du jardin d'hiver a été intégrée au programme de travaux et entrait dans le champ du contrat de maîtrise d'œuvre. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que la commune aurait précisé l'usage qu'elle souhaitait faire de l'espace dédié au jardin d'hiver et que le choix d'un sol stabilisé en béton drainant serait inapproprié, de sorte que la commune n'établit pas que la dégradation du revêtement, laquelle est apparue postérieurement à la réception des travaux, est imputable à un défaut de conception de l'architecte.

5. Il résulte de ce qui précède que la société Mélaine Ferré Architecture, qui a exécuté ses obligations contractuelles, a droit au paiement de la facture qu'elle a émise le 21 janvier 2019 et est fondée à réclamer le versement de la somme de 7 668,50 euros en paiement de ses honoraires.

6. En deuxième lieu, la société Mélaine Ferré Architecture a droit aux intérêts au taux légal à compter du 11 mai 2021, date de réception de la demande préalable par la commune de Monnières. A défaut de mention d'une éventuelle majoration du taux de l'intérêt légal dans le contrat tel que produit par la société requérante, elle n'est pas fondée à demander à ce que la somme à verser soit majorée des intérêts au taux de 1,5 fois le taux légal.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique, applicable au marché en litige : " Lorsque les sommes dues en principal ne sont pas mises en paiement à l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement, le créancier a droit, sans qu'il ait à les demander, au versement des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée. ". Aux termes de l'article 9 de ce décret : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ".

8. En application de ces dispositions, la commune de Monnières est condamnée à verser à la société Mélaine Ferré Architecture la somme de 40 euros correspondant à l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.

9. En dernier lieu, la société Mélaine Ferré Architecture n'apporte aucun élément de nature à démontrer que la commune de Monnières aurait fait preuve d'une résistance abusive lui causant un préjudice distinct de celui déjà couvert par le versement des intérêts moratoires. Par suite, elle n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune à lui verser la somme de 2 000 euros sur ce fondement.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Mélaine Ferré Architecture, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Monnières une somme de 1 500 euros au titre de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Monnières est condamnée à verser à la société Mélaine Ferré Architecture la somme de 7 668,50 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du

11 mai 2021, ainsi que la somme de 40 euros.

Article 2 : La commune de Monnières versera à la société Mélaine Ferré Architecture la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Mélaine Ferré Architecture et à la commune de Monnières.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.

La rapporteuse,

M. EL MOUATS-SAINT-DIZIER

La présidente,

S. RIMEU La greffière,

A. GOUDOU

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2109714

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions