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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2111574

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2111574

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2111574
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCRABIERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 octobre 2021 et 21 février 2022, M. A C, représenté par Me Crabières, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de procéder sans délai à l'effacement de son inscription au fichier SIS II, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer sans délai et sous astreinte une autorisation provisoire de séjour

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors que la procédure contradictoire préalable n'a pas été mis en œuvre et que son droit d'être entendu n'a pas été respecté ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, en ce qu'elle se fonde sur les circonstances qu'il se maintient irrégulièrement sur le territoire français depuis la décision de refus de séjour dont il a fait l'objet le 30 septembre 2019 et que sa présence en France représente une menace à l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant du refus de délai de départ volontaire :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle l'expose à des risques de persécution, de violence et de mort ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, eu égard à l'illégalité du refus de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, compte tenu de son parcours d'insertion ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant pakistanais né le 6 juin 2000, est entré en France le 7 juillet 2016, selon ses déclarations. Il a été pris en charge le 13 octobre 2017 par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Sarthe. Il a vainement sollicité, le 8 février 2018, son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale, sa demande ayant été rejetée par une décision du 30 décembre 2019. Il a fait l'objet d'un mandat de dépôt délivré le 24 octobre 2020 par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire du Mans pour des faits de viol commis en réunion. Par un arrêté du 12 octobre 2021, dont M. C demande l'annulation, le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

1. En premier lieu, il ressort des dispositions des articles L. 613-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, en les assortissant le cas échéant d'une interdiction de retour. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait être utilement invoqué à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et interdisant le retour sur territoire français.

2. En second lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales.

3. Il ressort du procès-verbal de l'audition du requérant par un officier de police judiciaire du commissariat de police du Mans, conduite le 11 octobre 2021, que l'intéressé a eu la possibilité de faire valoir des éléments justifiant qu'il soit autorisé à séjourner en France et ne soit pas contraint de quitter ce pays et de retourner au Pakistan. M. C ne justifie d'ailleurs d'aucun élément relatif à sa situation qui, s'il avait été connu du préfet de la Sarthe, aurait fait obstacle à ce que soit décidée la mesure d'éloignement attaquée ou qui aurait pu le conduire à ne pas la décider. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;() 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;()".

5. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les textes dont elle fait application. Elle fait également état de ce que l'intéressé a fait l'objet d'une décision de refus d'admission au séjour le 30 décembre 2019, qu'il se maintient sur le territoire français irrégulièrement depuis cette décision et qu'il a fait l'objet d'un mandat de dépôt délivré le 24 octobre 2020 par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire du Mans pour des faits de viol commis en réunion et a été placé en détention provisoire le même jour à la maison d'arrêt du Mans pour douze mois. L'obligation de quitter le territoire français en litige est, par suite, suffisamment motivée, dès lors qu'elle énonce les considérations de droit et de fait qui la fondent.

6. En deuxième lieu, d'une part, ainsi qu'il vient d'être dit, M. C n'a pas été admis à séjourner en France par une décision du 30 décembre 2019, toujours en vigueur à la date d'édiction de l'obligation de quitter le territoire français en litige. La circonstance que le requérant a formé un recours contentieux contre cette décision du 30 décembre 2019, recours qui ne présente pas de caractère suspensif, est sans incidence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français. D'autre part, si l'intéressé fait valoir que sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace pour l'ordre public, dès lors notamment que son niveau de dangerosité criminologique a été évalué comme plutôt faible, une telle circonstance, à la supposer même établie, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, fondée sur le seul refus de titre de séjour opposé au requérant. Par suite, le moyen tiré de l'inexacte application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. C, célibataire et sans enfant, réside depuis cinq sur le territoire français, où il s'est maintenu en situation irrégulière. Son séjour en France n'est donc pas ancien. Il n'y a pas noué des liens anciens, intenses et stables. Il ressort, en outre, des pièces du dossier qu'il conserve des attaches personnelles et familiales au Pakistan, où il a vécu jusqu'à ses seize ans et où résident les membres de sa famille. Par suite, et malgré les effort d'intégration professionnelle accomplis par le requérant avant sa détention provisoire, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise ni comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

Sur la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

10. En premier lieu, la décision portant refus de délai de départ volontaire se réfère aux articles cités au point précédent dont elle fait application. Elle fait également état de ce qu'il existe un risque de ce que M. C se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, dès lors qu'il a déclaré ne pas avoir de document de voyage ou d'identité, ne pas avoir une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale et qu'il déclare ne pas vouloir quitter la France. La décision refusant le délai de départ volontaire en litige est, par suite, suffisamment motivée, dès lors qu'elle énonce les considérations de droit et de fait qui la fondent.

11. En second lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, le requérant ne disposait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif. Dès lors, la circonstance que M. C dispose d'un passeport et qu'il n'aurait pas fait expressément état de son intention de ne pas quitter la France n'entache pas cette décision d'erreur de droit ou d'appréciation au regard des dispositions citées au point 10.

Sur la décision fixant le pays de destination :

12. Si M. C, qui, par ailleurs, n'a jamais sollicité l'asile en France, soutient que la décision contestée l'expose à des risques de persécution, de violence et de mort, il n'étaye cette allégation d'aucun élément probant en se bornant à produire des documents relatant ses propres déclarations. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ()". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

14. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

15. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour se réfère aux articles cités au point 14 dont elle fait application. Elle fait également état de la durée de la présence de M. C sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et se réfère aux faits pour lesquels il est incarcéré. La décision attaquée est, par suite, suffisamment motivée, dès lors qu'elle énonce les considérations de droit et de fait qui la fondent.

16. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision refusant à l'intéressé l'octroi d'un délai de départ volontaire n'était pas établie eu égard à ce qui précède, l'erreur de droit soulevée au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écartée.

17. En troisième et dernier lieu, les moyens tirés la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés pour les mêmes raisons que celles indiquées au point 11.

18. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Crabières et au préfet de la Sarthe.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mlle Wunderlich, présidente,

M. Catroux, premier conseiller,

Mme Le Lay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

Le rapporteur,

X. BLa présidente,

A.-C. WUNDERLICHLa greffière,

L. BILLAUD

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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