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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2113674

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2113674

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2113674
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantRENAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 décembre 2021 et 21 janvier 2022, M. C A, représenté par Me Renaud, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux formé le 27 janvier 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 novembre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence pour une durée de 6 mois sur la seule commune de Nantes avec obligation de pointage les lundis de chaque semaine au Commissariat central de Nantes et de se trouver au domicile déclaré tous les jours du lundi au vendredi de 17h à 20h ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la date du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la date du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, en toute hypothèse, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 7 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, que ce soit dans l'attente de l'édiction de sa carte de séjour ou du réexamen de sa situation personnelle ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

- elle n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée une erreur de droit dès lors qu'elle refuse d'examiner sa situation au regard du pouvoir de régularisation à titre exceptionnel du préfet ou d'une erreur manifeste d'appréciation, de sa situation au regard de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et n'a pas respecté son droit d'être entendu garanti à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

S'agissant de la décision l'assignant à résidence :

- elle n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- il n'est pas établi par l'administration que la signature électronique respecte l'ensemble des textes en vigueur et que ce procédé respecte les garanties de fiabilité ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et n'a pas respecté son droit d'être entendu garanti à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et de venir et ses modalités ne sont pas justifiées par l'objectif poursuivi.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 et 28 janvier 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le moyen tiré de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- et les observations de Me Renaud, avocat de M A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, de nationalité algérienne, est né le 22 mars 1994. Il est entré sur le territoire français le 26 novembre 2016 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court

séjour valable 30 jours du 15 novembre 2016 au 13 février 2017. Il a bénéficié du 9 janvier 2020 au 8 janvier 2021 d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante de nationalité française, à la suite à son mariage avec celle-ci intervenu le 23 février 2019. Le 2 février 2021, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 9 juillet 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande, assorti ce rejet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré. Par un arrêté du 6 novembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a assigné M. A à résidence pour une durée de 6 mois. Ce dernier demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.

Sur l'arrêté du 9 juillet 2021 :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées de l'arrêté du 9 juillet 2021 :

2. L'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons de droit comme de fait pour lesquelles son auteur a décidé de refuser de renouveler le titre de séjour du requérant. Dès lors, le préfet, qui n'était pas tenu de mentionner tous les éléments du dossier qui lui était soumis, a suffisamment motivé cette décision. En outre, et en conséquence des dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français est également motivée. Enfin, cet arrêté, qui vise notamment les articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate qu'il est fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, qu'il est de nationalité algérienne et qu'il n'a produit aucun élément justifiant d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination est, de ce seul fait, suffisamment motivée.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme G E, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 17 mars 2021, publié le 18 mars 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé avant de prendre la décision attaquée.

5. En troisième lieu, il ressort de la décision attaquée que le requérant a seulement sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il ne peut, dès lors, pas utilement se prévaloir des stipulations du 5) de l'article 6 de cet accord.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. La présence en France de M. A n'était pas ancienne à la date de la décision contestée, puisqu'il y résidait depuis cinq ans environ. S'il s'est trouvé pendant un an en situation régulière sur le territoire national en tant que conjoint de Français, une enquête de police réalisée le 22 février 2021 a mis en évidence qu'il ne résidait plus au domicile conjugal et que son épouse ne souhaitait plus le voir. Le requérant n'a pas, par ailleurs, noué dans ce pays des liens personnels anciens, intenses et stables. La circonstance que ses frères vivent également en France ne saurait permettre de le regarder comme ayant transféré dans ce pays le centre de ses intérêts personnels et familiaux, alors qu'au contraire, il a vécu la plus grande partie de sa vie en Algérie. Enfin, les périodes d'activité salariée dont se prévaut le requérant, notamment sur les marchés, par leur caractère ponctuel et la nature des activités exercées, ne suffisent pas à considérer qu'il serait inséré, en particulier, professionnellement en France. Ainsi, la décision refusant de renouveler l'admission au séjour de M. A ne porte pas au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit et ne méconnaît dès lors pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. En cinquième lieu, bien que l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne prévoie pas des modalités d'admission exceptionnelle au séjour semblables à celles prévues par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

9. Eu égard à ce qui a été dit au point 7, les circonstances que fait valoir le requérant sur la durée de son séjour en France et son insertion sociale et professionnelle ne permettent pas de considérer que le préfet, qui dispose en la matière d'un large pouvoir d'appréciation, aurait commis une erreur manifeste dans son appréciation de la situation de l'intéressé en rejetant sa demande de régularisation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité du refus de séjour que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.

11. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un Etat membre est donc inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique toutefois pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales.

12. Le requérant a présenté une demande de titre de séjour. A cette occasion, il a eu la possibilité de faire valoir tous éléments justifiant qu'il soit autorisé à séjourner en France et ne soit pas contraint de quitter ce pays et de retourner en Algérie. Il ne justifie d'ailleurs d'aucun élément quelconque relatif à sa situation qui, s'il avait été connu du préfet de la Loire-Atlantique, aurait fait obstacle à ce que soit décidée la mesure d'éloignement attaquée ou qui aurait pu le conduire à ne pas la décider. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

13. D'autre part, il ressort des dispositions des articles L. 613-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait être utilement invoqué à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire pris sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. En dernier lieu, pour les mêmes raisons que celles exposés au point 7 du présent jugement la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. Il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de cette obligation

Sur l'arrêté du 6 novembre 2021 :

16. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. D B, sous-préfet. Par arrêté du 8 janvier 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant assignation de résidence. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1367 du code civil : " La signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique identifie son auteur. Elle manifeste son consentement aux obligations qui découlent de cet acte. Quand elle est apposée par un officier public, elle confère l'authenticité à l'acte. / Lorsqu'elle est électronique, elle consiste en l'usage d'un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache. La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu'à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l'identité du signataire assurée et l'intégrité de l'acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État ". Aux termes de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions de l'administration peuvent faire l'objet d'une signature électronique. Celle-ci n'est valablement apposée que par l'usage d'un procédé, conforme aux règles du référentiel général de sécurité mentionné au I de l'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives, qui permette l'identification du signataire, garantisse le lien de la signature avec la décision à laquelle elle s'attache et assure l'intégrité de cette décision ". Ce référentiel est fixé par le décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017 relatif à la signature électronique.

18. La décision contestée a fait l'objet d'une signature électronique par son auteur. Il ressort des pièces produites en défense que le procédé qui a été utilisé pour apposer cette signature est conforme au référentiel général de sécurité mentionné ci-dessus, dès lors, en particulier, que le service concerné est un prestataire de certification électronique et d'horodatage qui a obtenu une qualification à cet effet, attestant de son respect du référentiel. Il est par ailleurs établi que l'emploi de ce procédé respecte la réglementation générale sur la protection des données (RGPD), qui a été mise en œuvre dans le service concerné. Le moyen tiré de ce que la décision contestée n'aurait pas été valablement signée par un procédé électronique doit, dès lors, être écarté.

19. En troisième lieu, il ressort du procès-verbal de constatations et d'interpellation du requérant par les services de la gendarmerie nationale, établi le 5 novembre 2021, que l'intéressé a bien été entendu, et a pu faire valoir à cette occasion ses observations, préalablement à l'édiction, le 6 novembre suivant, de la décision contestée. Par suite, les moyens tirés de l'absence de mise en œuvre de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et de la méconnaissance du droit d'être entendu garanti à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent être écartés.

20. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'indication des raisons de droit comme de fait pour lesquelles son auteur a décidé d'assigner à résidence l'intéressé, dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet. Dès lors, le préfet, qui n'était pas tenu de mentionner les considérations de fait qui l'ont conduit à définir la fréquence de présentation au commissariat de police imposée au requérant, a suffisamment motivé cette décision. Il ressort des pièces du dossier et des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé avant de le prendre.

21. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code prévoit que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside.".

22. Les circonstances que le requérant ait fait une demande d'aide juridictionnelle, puis ait introduit un recours par la présente requête contre l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet sont sans incidence sur l'écoulement du délai de départ volontaire qui lui avait été consenti. A la date de la décision d'assignation à résidence en litige, ce délai était expiré. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit ou de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

23. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient M. A, il ressort des pièces du dossier que son éloignement demeurait une perspective raisonnable, dès lors qu'il disposait d'un passeport et que les liaisons aériennes fonctionnaient malgré la crise sanitaire. Cette assignation à résidence se justifiait par ailleurs par la nécessité d'assurer l'exécution de la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet. Si le requérant fait valoir qu'il a de nombreuses attaches personnelles et professionnelles et notamment sur le territoire nazairien et de Pornic, il n'apporte pas d'éléments relatifs à sa situation personnelle qui seraient de nature à établir que la présentation hebdomadaire au commissariat, la limitation à Nantes du périmètre de ses déplacements, ainsi que l'obligation de rester de 17 heures à 20 heures dans les locaux où il réside seraient disproportionnées au regard de l'objet de la mesure d'assignation dont il fait l'objet. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que cette mesure est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Renaud et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

M. Labouysse, premier conseiller,

M. Catroux, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

Le rapporteur,

X. F

Le président,

L. MARTIN La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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