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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2113863

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2113863

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2113863
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantBAZIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 9 décembre 2021, le président du tribunal administratif de Montpellier a transmis au tribunal administratif de Nantes le dossier de la requête de M. D.

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2021, M. C D, représenté par Me Bazin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle le préfet de l'Hérault a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d'enjoindre aux services préfectoraux de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la signataire de la décision attaquée ne justifie pas de sa compétence ;

- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993.

La requête a été communiquée au préfet de l'Hérault qui n'a pas produit d'observations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut à l'incompétence territoriale du tribunal administratif de Nantes et demande que le dossier soit transmis au président de la section du contentieux du conseil d'Etat sur le fondement de l'alinéa 2 de l'article R. 351-6 du code de justice administrative.

Par une décision du 5 octobre 2021, M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D demande au tribunal d'annuler la décision du 20 avril 2021 par laquelle le préfet de l'Hérault a classé sans suite sa demande de naturalisation.

2. En premier lieu, la décision attaquée est signée, pour le préfet de l'Hérault, par Mme B A. Par un arrêté n° 2021/01/324 du 31 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture librement accessible aux parties, le préfet de l'Hérault a donné à Mme A, directrice des migrations et de l'intégration délégation de signature pour les matières relevant du ministère de l'intérieur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, les décisions de classement sans suite n'entrent pas dans le champ de l'obligation de motivation définie à l'article 27 du code civil et ne présentent pas non plus le caractère de décisions administratives individuelles défavorables devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de l'Hérault n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la complétude du dossier de M. D.

4. Pour classer sans suite la demande de naturalisation présentée par M. D, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur la circonstance que le postulant n'avait pas produit, en dépit d'une invitation en ce sens formulée le 4 mars 2021, le formulaire cerfa de demande en deux exemplaires originaux, dûment replis, signés et datés du même jour ainsi que l'original de la traduction faite par un traducteur agréé de son acte de mariage.

5. S'agissant du formulaire cerfa de demande de naturalisation, la production de ce document a été demandée à M. D par le préfet de l'Hérault par des courriers des 22 février 2021 et 4 mars 2021. La circonstance qu'un premier courrier de demande de pièces complémentaire du 5 novembre 2020 ne mentionnait pas le formulaire cerfa de demande ne faisait pas obstacle à ce que le préfet demande, par des courriers ultérieurs, la production de ce document et ne dispensait pas M. D de communiquer ce document. Par ailleurs, si les courriers susmentionnés ne demandent qu'un seul formulaire cerfa, alors que la décision attaquée évoque deux exemplaires, le requérant ne justifie pas avoir transmis ne serait-ce qu'un seul formulaire cerfa de demande de naturalisation à la suite de ces deux courriers. Si le requérant soutient qu'il " n'a cessé de renvoyer les Cerfas demandés ", il n'en justifie pas et soutient au contraire qu'il a considéré à la réception des courriers des 22 février 2021 et 4 mars 2021 que cette demande de communication de pièce était infondée. S'agissant de la traduction originale de son acte de mariage, le requérant se borne à soutenir avoir transmis ce document au préfet de l'Hérault sans en justifier, alors que ce document lui a été demandé par trois courriers du préfet, en date des 5 novembre 2020, 22 février 2021 et 4 mars 2021, ce dernier courrier indiquant que seule une photocopie du document avait été produite. Par suite, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D a produit à l'appui de sa demande de naturalisation le cerfa en deux exemplaires originaux ainsi que l'original de la traduction faite par un traducteur agréé de son acte de mariage, documents dont le requérant ne conteste pas qu'ils devaient figurer à son dossier de demande de naturalisation, le préfet de l'Hérault a pu à bon droit classer sans suite la demande de l'intéressé.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Bazin et au préfet de l'Hérault.

Copie en sera communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

La rapporteure,

C. MILIN

La présidente,

V. GOURMELONLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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