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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2200158

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2200158

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2200158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème chambre
Avocat requérantREGENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, un mémoire enregistré le 12 mai 2022, et un mémoire enregistré le 22 juin 2022, Mme D A et M. B E A, devenu majeur en cours d'instance, représentés par Me Régent, doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 juin 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Conakry (République de Guinée) refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour à M. B E A, en qualité de membre de famille de réfugié ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de faire délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de faire procéder au réexamen de la situation, dans les mêmes conditions de délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation, l'identité et le lien de filiation allégués étant établis par les actes juridictionnels et documents d'état civil produits et corroborés par des éléments de possession d'état ;

- elle est entachée d'erreur de droit, aucun " jugement de délégation de l'autorité parentale " ne devant être produit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Une pièce complémentaire, présentée par la partie requérante le 24 juin 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience, n'a pas été communiquée.

Par une décision du 20 janvier 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, à hauteur de 25%.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2022 :

- le rapport de M. Desimon, rapporteur,

- et les observations de Me Régent, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 25 septembre 1980, s'est vue reconnaître en France la qualité de réfugiée en 2018. La délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en vue de la rejoindre a été sollicitée en faveur de M. B E A, présenté comme son fils. Un refus lui a été opposé par les autorités consulaires françaises de Conakry. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rejeté le recours dirigé contre ce refus par décision du 30 juin 2021. Les requérants doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. La décision en litige repose sur deux motifs. L'un traite de l'identité et du lien de filiation allégués. L'autre traite de l'autorité parentale.

3. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ".

4. Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. / La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ". Aux termes de l'article L. 561-5 du même code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".

5. La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial de l'enfant d'une personne à laquelle la qualité de réfugiée a été reconnue ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public.

En ce qui concerne le premier motif :

6. Il incombe aux autorités administratives françaises de tenir compte des jugements rendus par un tribunal étranger relativement à l'état et à la capacité des personnes sauf à ce qu'ils aient fait l'objet d'une déclaration d'inopposabilité, laquelle ne peut être prononcée que par le juge judiciaire, ou, à établir l'existence d'une fraude ou d'une situation contraire à la conception française de l'ordre public international.

7. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

8. Pour justifier de l'identité du demandeur de visa, ainsi que de son lien de filiation avec Mme A, ont été produites à l'appui de la requête la photocopie d'un jugement supplétif d'acte de naissance rendu par le tribunal de première instance de Conakry 2 le 13 août 2018, la photocopie d'un acte pris en transcription de ce jugement le 27 août 2018 et la photocopie de la page principale d'un passeport guinéen.

9. L'administration a relevé dans sa décision les éléments suivants : " () l'acte de naissance de l'enfant A Thierno E établi selon un jugement supplétif tardif, rendu 8 ans après sa naissance, à la requête d'un tiers dont l'intérêt à agir n'est pas établi, n'est pas conforme à l'article 183 du code civil guinéen, lui ôtant ainsi toute valeur probante. L'identité du demandeur et son lien familial allégué avec la réunifiante ne sont donc pas établis () ". Le ministre de l'intérieur fait valoir qu'ont été produits à l'appui de la demande de visa un jugement supplétif rendu par le tribunal de première instance de Dixinn le 29 décembre 2017 et un acte pris en transcription de ce jugement le 27 juillet 2018. L'administration ajoute notamment que les jugements ont été rendus sur requête du même jour.

Quant aux jugements et aux actes de transcription pris individuellement :

10. Les circonstances relatives à la temporalité des jugements ne sont pas, compte tenu des caractéristiques inhérentes aux actes juridictionnels que sont les jugements supplétifs d'acte de naissance, dont la vocation est en principe d'établir l'identité juridique d'une personne qui ne disposerait pas d'éléments, d'ordre administratif ou juridique, suffisamment probants pour en justifier, et en l'absence de toute démonstration sur ce qui serait à même de faire obstacle à une telle temporalité en République de Guinée, de nature à faire regarder cet acte comme frauduleux ou contraire à la conception française de l'ordre public international.

11. Par ailleurs, il n'appartient pas aux autorités administratives et juridictionnelles françaises d'apprécier la manière dont le juge guinéen ou la juge guinéenne met en œuvre les pouvoirs qu'il ou elle détient. Dès lors, l'administration ne saurait, au demeurant sans apporter de commencement de preuve à l'appui de son allégation, faire valoir que la juridiction aurait méconnu certaines dispositions de droit local, et n'aurait pas correctement rempli son office en rendant son jugement le jour même de l'introduction de la requête sans opérer certaines vérifications. L'administration ne démontre pas qu'une telle célérité serait impossible au regard des règles de procédure juridictionnelle en vigueur en République de Guinée, et cette célérité n'est en l'espèce pas suffisante pour remettre en cause le caractère contradictoire des jugements dès lors qu'il ressort de leurs mentions que le ministère public a pu présenter des observations. Il ressort en outre des mentions des jugements produits que des pièces ont été examinées, qu'une enquête a été menée, que des témoins ont été entendus. L'administration ne saurait davantage contester la manière dont la juridiction guinéenne a apprécié l'intérêt ou la qualité à agir de la partie requérante devant elle.

12. Au vu de ce qui a été dit aux points précédents, l'administration n'explique pas davantage en quoi un élément serait de nature à démontrer le caractère irrégulier, falsifié ou inexact des actes de transcription, au sens et pour l'application des dispositions de l'article 47 du code civil.

13. Par ailleurs, l'administration n'allègue pas que le passeport ne serait pas probant, et par conséquent, ce document corrobore ce qui a été dit aux points précédents. Cette appréciation est confortée par la circonstance que le numéro personnel apposé sur le passeport comprend des chiffres qui se retrouvent sur les actes de transcription, conformément au système en vigueur en Guinée. Rien ne permet de comprendre pourquoi les deux actes de transcription auraient dû selon l'administration comporter un numéro différent. La photographie présente sur ce passeport, qui peut être comparée à celle apposée sur le formulaire de demande de visa, permet de confirmer qu'il s'agit d'un même individu.

Quant à la coexistence des documents d'état civil :

14. S'agissant de la République de Guinée, aucun élément ne permet de considérer que ne serait pas une pratique acceptable le fait de solliciter dans certaines circonstances un jugement supplétif en dépit du fait que la naissance ait déjà été déclarée à l'administration locale, bien qu'il soit vrai que cette pratique heurte la compréhension que peut avoir la présente juridiction, au regard de son contexte juridique national, de la procédure juridictionnelle tendant au prononcé d'un tel jugement, laquelle n'est censée intervenir qu'une seule fois lorsqu'une personne ne dispose pas d'un acte de naissance, eu égard notamment au principe d'unicité de l'acte de naissance. En l'espèce, la requérante apporte des explications quant à cette coexistence tenant notamment à une difficulté d'orthographe relative au deuxième prénom (Oury/Woury) de Mme A, rappelle, sans être contestée, les défaillances de l'administration d'état civil en Guinée et soutient que son statut l'empêche de mettre elle-même en œuvre certaines démarches pour son fils.

15. La partie requérante soutient également, sans être contredite, que la souche des registres d'état civil ne fait apparaître que l'acte dressé le 27 août 2018. La première série de documents doit ainsi être considérée comme superfétatoire. Pour étonnante que soit la situation prise dans son ensemble, le ministre de l'intérieur n'apporte aucun élément permettant de comprendre la nature de la fraude qu'il pourrait y avoir à l'œuvre alors que l'ensemble des pièces comportent les mêmes mentions relatives aux personnes concernées par la présente procédure. La bonne foi de la partie requérante est corroborée par la circonstance que tous les documents ont été spontanément produits par elle au cours de la procédure administrative et contentieuse.

Quant aux éléments de possession d'état :

16. Mme A a eu des déclarations précises et constantes aux autorités administratives et juridictionnelles françaises quant à l'existence de son fils depuis son entrée en France pour y rechercher l'asile. Au titre des éléments de possession d'état sont également produites des photographies, des attestations, des documents relatifs à la scolarité de l'intéressé, des mandats d'envoi d'argent et des captures d'écran d'échanges sur une application de messagerie instantanée. Conformément au régime de preuve prévu par les dispositions citées au point 4, ces éléments font foi jusqu'à preuve du contraire. Alors que la commission n'a pas mentionné ces éléments, le ministre de l'intérieur se borne à émettre des critiques à leur encontre sans rechercher à rapporter la preuve contraire.

17. Dans ces conditions, l'identité du demandeur de visa, ainsi que son lien de filiation avec Mme A, doivent être tenus pour établis. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que les requérants sont fondés à soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne le second motif :

18. Aux termes de l'article L. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. () ".

19. Aux termes de l'article L. 434-3 du même code : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ". Aux termes de l'article L. 434-4 du même code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".

20. L'administration a relevé dans sa décision les éléments suivants : " () le dossier est incomplet : Madame A D ne produit pas de jugement de délégation de l'autorité parentale du père de l'enfant, Monsieur A C, dont l'identité est pourtant mentionnée sur les actes d'état civil de A Thierno E () ".

21. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a toujours eu depuis son entrée en France des déclarations constantes et précises sur le géniteur de son enfant, en indiquant qu'il l'avait quittée en 2003 avant la naissance de l'enfant et qu'elle n'avait plus de nouvelles de lui. Au vu de leur constance et de leur précision, ces allégations sont convaincantes. Elles sont par ailleurs corroborées par la circonstance que l'enfant a été confié à d'autres personnes de la famille de Mme A depuis son départ. La circonstance que le père soit mentionné dans les actes d'état civil, qui reflète principalement le fait que le géniteur soit connu, s'avère peu déterminante. Le ministre de l'intérieur ne saurait sérieusement faire peser sur la partie requérante la charge d'une preuve impossible en demandant que soit rapportée la " preuve que M. C A n'intervient pas dans la vie de son enfant ". Dans ces conditions, alors qu'il n'est ni allégué ni démontré que Mme A ne conservait pas à la date de la décision attaquée l'autorité parentale sur son enfant, et que rien ne laissait à penser que le géniteur de l'enfant était en mesure d'exercer son autorité parentale, l'administration a commis une erreur de d'appréciation en se fondant sur ce qui a été cité au point 20.

22. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

23. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à M. B E A le visa sollicité. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de leur faire délivrer ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

24. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de prononcer contre l'Etat, à défaut pour lui de justifier de l'exécution du présent jugement dans un délai de deux mois à compter de sa notification, une astreinte de 100 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.

Sur les frais de l'instance :

25. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, Me Régent peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Régent renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Régent de la somme de 1 200 euros.

D É C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 30 juin 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour à M. B E A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Une astreinte de 100 euros par jour est prononcée à l'encontre de l'Etat, s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l'article 2 ci-dessus.

Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me Régent en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et M. B E A, au ministre de l'intérieur, et à Me Aude Régent.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Desimon, conseiller,

Mme Louazel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

Le rapporteur,

F. DESIMON

La présidente,

S. RIMEU

La greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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