jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200846 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MARMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2022, Mme D C, représentée par Me Sébastien Marmin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, opposées par un arrêté du préfet de la Mayenne pris le 11 juin 2021 ;
2°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de prendre, dans le même délai, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation, et d'assortir l'une ou l'autre de ces injonctions d'une astreinte d'un montant de 80 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne de lui restituer son passeport ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Marmin en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus de séjour a été opposé en méconnaissance de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'instruction de sa demande de titre de séjour a été conduite de manière déloyale et la décision a été opposée sans prise en compte des spécificités de sa situation ;
- le refus de séjour est entaché d'erreur de droit ;
- il est également entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale dès lors que le refus de séjour est lui-même illégal ;
- elle a été opposée sans que le préfet de la Mayenne ait vérifié si elle portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- son passeport ayant été irrégulièrement confisqué, il sera enjoint au préfet de la Mayenne de le lui restituer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2022, le préfet de la Mayenne demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme C par une décision du 20 décembre 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023 qui s'est tenue à partir de 9h20.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C est une ressortissante de nationalité mongole qui est née le 30 octobre 2002. Elle est entrée en France le 9 février 2017, à l'âge de quatorze ans et trois mois, au moyen d'un passeport revêtu d'un visa d'entrée et de court séjour délivré par les autorités allemandes qui était valable du 31 janvier au 1er mars 2017. Devenant majeure le 30 octobre 2020, elle a saisi le préfet de la Mayenne d'une première demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 11 juin 2021, le préfet de la Mayenne a rejeté cette demande, qu'il a examinée au regard des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Mme C demande au tribunal l'annulation des décisions relatives au séjour et l'obligeant à quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision relative au séjour :
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations. / Le délai mentionné à l'article L. 114-3 au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée acceptée ne court qu'à compter de la réception des pièces et informations requises. / Le délai mentionné au même article au terme duquel, à défaut de décision expresse, la demande est réputée rejetée est suspendu pendant le délai imparti pour produire les pièces et informations requises. Toutefois, la production de ces pièces et informations avant l'expiration du délai fixé met fin à cette suspension. / La liste des pièces et informations manquantes, le délai fixé pour leur production et la mention des dispositions prévues, selon les cas, au deuxième ou au troisième alinéa du présent article figurent dans l'accusé de réception prévu à l'article L. 112-3. Lorsque celui-ci a déjà été délivré, ces éléments sont communiqués par lettre au demandeur ".
4. Ces dispositions imposent à l'administration, à peine d'illégalité de sa décision, d'indiquer au demandeur, lorsque la demande de ce dernier est incomplète, les pièces ou informations manquantes dont la production est requise par un texte pour considérer que sa demande est complète et pour en permettre ainsi l'instruction. En revanche, elles n'ont pas pour objet d'imposer à l'administration d'inviter le demandeur à produire les justifications de nature à établir le bien-fondé de cette demande.
5. Il ressort de la motivation de l'arrêté du 11 juin 2021 pris par le préfet de la Mayenne que cette autorité a fait état du parcours scolaire de Mme C en relevant notamment que "le seul bulletin qu'elle produit pour cette formation est celui du premier trimestre de l'année 2020-2021". L'intéressée soutient qu'il appartenait aux services de la préfecture de la Mayenne de l'inviter à produire ses autres bulletins scolaires. Toutefois, aucun texte n'exige de produire, à l'appui d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les bulletins scolaires de la personne présentant cette demande. Au surplus, la demande de titre de séjour déposée par la requérante n'a pas été rejetée au motif qu'elle n'avait pas produit d'autres bulletins scolaires. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
6. En deuxième lieu, en vertu des dispositions alors inscrites à l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui énoncent qu'il est remis, à toute personne de nationalité étrangère admise à souscrire une première demande de délivrance d'un titre de séjour, un récépissé autorisant la présence de cette personne en France pour la durée qu'il précise. Mme C ne s'est pas vu délivrer un tel récépissé. Elle soutient qu'en conséquence les services de l'Ecole nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), au sein de laquelle elle était inscrite, pour la seconde fois, lors de l'année 2020-2021, ont refusé qu'elle poursuive sa formation en vue de l'obtention du brevet artistique des techniques du cirque et que l'administration a manqué à son obligation de loyauté en lui opposant l'absence de production d'autres bulletins scolaires au titre de cette année alors que, selon elle, l'absence de délivrance de récépissé est à l'origine de la décision de la direction de l'Ecole nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois de lui interdire la poursuite de sa scolarité. Toutefois, d'une part, Mme C ne justifie pas de la position prise par cette direction à la suite de l'absence de délivrance d'un tel récépissé, absence qu'il lui était loisible au demeurant de contester, le cas échéant, devant le juge, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Mayenne ait été informé de cette position avant de prendre son arrêté. Par suite, le moyen soulevé par Mme C doit, en tout état de cause, être écarté.
7. En troisième lieu, il ressort de l'ensemble de la motivation de l'arrêté du 11 juin 2021 pris par le préfet de la Mayenne que cette autorité a appréhendé l'ensemble des éléments de la situation de Mme C qui avaient été portés à sa connaissance, en particulier lors de l'entretien entre l'intéressée et les services de la préfecture de la Mayenne qui s'est tenu le 4 mars 2021. La double circonstance qu'il a été fait état de l'absence de ressources propres et d'exercice d'une activité professionnelle pour cette jeune majeure n'est, en tout état de cause, pas de nature, en elle-même, eu égard aux autres éléments ressortant de la motivation de l'arrêté, à révéler, contrairement à ce que soutient la requérante, que son "dossier a été instruit de manière automatique, sans qu'il ne soit procédé à un examen des spécificités de [sa] situation () et sur la base d'éléments incomplets".
8. En quatrième lieu, l'autorité préfectorale dispose d'un large pouvoir d'appréciation lorsqu'elle examine, en application des dispositions précitées du premier alinéa de l'article
L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, si l'admission au séjour d'une personne de nationalité étrangère répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels que cette personne fait valoir afin de déterminer s'il y a lieu de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale". En conséquence, le préfet de la Mayenne a pu, sans commettre d'erreur de droit, apprécier, au titre des conditions d'existence de Mme C en France, lesquelles doivent au demeurant être prises en compte en vertu de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, article que le préfet a également appréhendé dans sa décision, si l'intéressée disposait de ressources propres.
9. En dernier lieu, Mme C fait valoir qu'elle a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Cette demande est régie par les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile conduisant l'autorité préfectorale à porter une appréciation sur la situation de la personne concernée. Précisément, la requérante soutient que le préfet de la Mayenne a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, entrée en France à l'âge de 14 ans et 3 mois le 8 février 2017, a obtenu, le 21 juin 2019, le certificat de formation générale puis, le 17 septembre 2019, le diplôme d'études en langue française justifiant de l'acquisition du niveau A2 du cadre européen commun de référence pour les langues, tel qu'adopté par le comité des ministres du Conseil de l'Europe dans sa recommandation CM/ Rec (2008) du 2 juillet 2008. Elle fait valoir qu'elle parle plusieurs langues et qu'elle séjourne en France depuis plus de quatre années à la date de la décision attaquée. Toutefois, sa demande de titre de séjour est motivée par sa volonté de poursuivre sa formation afin de travailler dans les métiers du cirque. Or, il ressort des pièces du dossier qu'elle a rencontré des difficultés lors de la première année de cette formation suivie en 2019-2020, le conseil pédagogique regroupant ses enseignants a ainsi estimé qu'elle devait faire preuve de plus d'engagement dans l'ensemble des matières, s'est interrogé, à l'issue du premier trimestre, sur son envie réelle de suivre cette formation, et a relevé, par la suite, que son engagement n'était pas en correspondance avec les attentes de l'établissement. Ces enseignants l'ont autorisée à suivre les enseignements du premier trimestre de l'année scolaire 2020-2021 pour leur prouver son engagement en lui indiquant cependant qu'à défaut de démontrer son engagement elle ne pourrait être autorisée à poursuivre sa scolarité. S'il ressort de l'examen du bulletin scolaire de ce trimestre que des progrès ont été relevés dans certaines matières, d'autres matières n'ont donné lieu à l'attribution d'aucune note, dès lors que l'intéressée n'a pas participé à l'évaluation, en particulier en ce qui concerne la matière "techniques de cirque". Alors que la poursuite de la scolarité au sein de l'Ecole nationale des arts du cirque au-delà du premier trimestre de l'année 2020-2021 était conditionnée à la preuve de son engagement au sein de la formation à laquelle elle était inscrite, la requérante ne justifie pas, comme cela a été précédemment relevé, de l'existence d'une décision des services de cet établissement de mettre fin à sa scolarité au seul motif de l'absence de délivrance du récépissé prévu à l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Au regard de ces éléments, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Mayenne a estimé que l'admission au séjour de Mme C, dont la mère, avec qui elle est en contact, et la grand-mère résident en Mongolie, ne répondait pas à des considérations humanitaires et ne se justifiait pas au regard de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé à la requérante ayant été écartés aux points 3 à 10, Mme C n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
12. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté du 11 juin 2021 pris par le préfet de la Mayenne que cette autorité a apprécié si l'obligation de quitter le territoire français qu'il a finalement édictée à l'encontre de Mme C portait une atteinte disproportionnée non seulement au droit au respect de la vie familiale, mais également au droit au respect de la vie privée au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si la requérante soutient que le préfet de la Mayenne n'a pas pris en compte, au titre du droit au respect de sa vie privée, la double circonstance qu'elle réside en France depuis plusieurs années et y a noué de "solides relations d'amitié", l'arrêté du 11 juin 2021 fait bien mention de la durée de présence en France de la requérante et s'il n'évoque pas les solides relations d'amitié par la requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait justifié auprès de l'autorité préfectorale, lors de l'instruction de sa demande, de l'existence de telles relations dont elle se borne au demeurant à alléguer l'existence devant le tribunal. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le préfet de la Mayenne dans la mise en œuvre de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
13. En dernier lieu, une décision obligeant une personne de nationalité étrangère à quitter le territoire français n'ayant, par elle-même, pas pour objet de fixer le pays à destination duquel elle doit se rendre, Mme C ne peut utilement faire valoir, pour contester la légalité de cette mesure d'éloignement, que la Mongolie a fermé ses frontières en raison de la crise sanitaire et que les retours de citoyens mongols en provenance de France sont impossibles, circonstance qui, au demeurant, ne ressort pas des pièces du dossier.
14. Il résulte de tout ce qui précède que doivent être rejetées les conclusions à fin d'annulation des décisions refusant à Mme C la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, opposées par l'arrêté du préfet de la Mayenne pris le 11 juin 2021 à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction de délivrance d'un titre de séjour, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation :
15. Les conclusions à fin d'annulation des décisions refusant à Mme C la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, opposées par l'arrêté du préfet de la Mayenne pris le 11 juin 2021 à son encontre, étant rejetées, doivent être également rejetées les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à cette autorité de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction de restitution du passeport :
16. Mme C soutient que le préfet de la Mayenne a irrégulièrement conservé son passeport dès lors que ce document a été confisqué dès l'enregistrement de sa demande de titre de séjour intervenu le 4 mars 2021. Toutefois, afin de procéder aux vérifications concernant l'état civil d'une personne de nationalité étrangère, comme le prévoient les dispositions alors inscrites à l'article L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les services préfectoraux sont en droit d'exiger que, sauf impossibilité qu'il appartient à cette personne de justifier, celle-ci produise, à l'appui de sa demande de titre de séjour, les originaux des documents destinés à justifier de son état civil et de sa nationalité. Ainsi, la conservation, à compter du 4 mars 2021, du passeport de la requérante n'a pas été illégalement décidée. S'il résulte également de l'instruction, et en particulier du "récépissé valant justificatif d'identité" délivré le 11 juin 2021 par le préfet de la Mayenne, que ce passeport a été conservé postérieurement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français, à partir de laquelle Mme B a été regardée comme étant en situation irrégulière par le préfet de la Mayenne, cette mesure procède de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vertu desquelles l'autorité administrative compétente est habilitée à retenir le passeport des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière et lui remet en échange un récépissé valant justification de son identité. Il suit de là que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Mayenne de restituer le passeport de Mme C au motif qu'il aurait été irrégulièrement retenu dès le 4 mars 2021 ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. L'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, au préfet de la Mayenne et à Me Sébastien Marmin.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
Le rapporteur,
D. A
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026