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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2201770

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2201770

mercredi 1 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2201770
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSCP PIGEAU CONTE MURILLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 février 2022, M. C A, représenté par Me Murillo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2022 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, sous la même astreinte, et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que les décisions attaquées ont été signées par une autorité compétente ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- l'obligation de quitter le territoire français a été prise sans lui avoir permis de présenter préalablement ses observations en méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen de sa situation particulière ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard aux circonstances ayant conduit à son départ du Cameroun et ses efforts d'intégration en France ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

- elle est illégale au regard des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce que le préfet s'est estimé tenu de lui refuser un délai de départ ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la durée de son séjour en France et de son intégration ;

- eu égard à sa situation au Cameroun elle porte également atteinte aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il justifie de circonstances humanitaires ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 27 avril 2022.

La clôture de l'instruction est intervenue le 20 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Echasserieau, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A ressortissant camerounais, né le 15 janvier 1988, déclare être entré en France le 25 septembre 2018. Il a déposé une demande d'asile auprès du préfet de Maine-et-Loire le 7 janvier 2019 qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 31 juillet 2019, confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 3 janvier 2020. Il a fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire édicté par le préfet de la Sarthe le 22 juin 2020 qu'il n'a pas mise à exécution. Il a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'une carte de séjour temporaire pour motif médical sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui a donné lieu à une décision de rejet. Il a sollicité auprès de cette même autorité, le 16 juin 2021, une régularisation de son séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 février 2022, le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande, prononcé à l'encontre de M. A une nouvelle obligation de quitter le territoire français sans délai, désigné le Cameroun comme pays de destination et a assorti sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

2. L'arrêté litigieux a été signé, pour le préfet, par M. D B, directeur de la citoyenneté et de la légalité. Par un arrêté du 5 novembre 2021, publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de la Sarthe a donné une délégation de signature à M. B pour " signer les arrêtés, correspondances, récépissés, états liquidatifs des dépenses, certifications conformes pour service fait, pièces comptables et avis entrant dans le cadre des attributions de la direction de la citoyenneté et de la légalité ", la délégation couvrant explicitement " - délivrance, refus et retrait de titres de séjour d'étrangers () / - arrêtés portant obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai / - arrêtés et décisions portant fixation du pays de renvoi () ". Aucune disposition législative ou réglementaire n'oblige le préfet à joindre cette délégation à l'arrêté litigieux. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 4 février 2022 manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision portant refus de séjour vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et fait également état d'éléments concernant la biographie et la situation personnelle de M. A. Cette décision est, dès lors, régulièrement motivée. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle du requérant avant de prendre l'arrêté attaqué.

4. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union " ; qu'aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () " . Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

5. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Ainsi il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est, par ailleurs, loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait, n'impose pas à l'administration d'inviter l'intéressé à présenter de nouvelles observations. Par suite, le moyen tiré de ce que faute d'avoir été mis à même de présenter ses observations, M. A aurait été privé de son droit à être entendu, notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut être accueilli.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Cet article ne prescrit pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laisse à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut.

7. A la date de la décision contestée M. A résidait depuis moins de quatre ans en France, en situation irrégulière, après le rejet de sa demande d'asile et de son titre de séjour pour motif médical. Son séjour sur le territoire national n'était donc pas ancien. Célibataire, il ne justifie pas avoir noué des liens personnels d'une particulière intensité en produisant des attestations certifiant que l'intéressé se rend aux offices et aux activités diverses d'une congrégation religieuse depuis le mois d'octobre 2019, participe aux Restos du Cœur depuis le 7 mars 2020 et exerce des fonctions d'animateur bénévole auprès de jeunes de dix et onze ans dans un club local de football alors qu'il n'établit pas être dépourvu de toute attache personnelle et notamment familiale, malgré le décès de ses parents, au Cameroun, où il a vécu jusqu'à ses vingt ans. Ainsi, les éléments que fait valoir le requérant ne sont pas de nature à établir l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant une admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Sarthe, qui dispose en la matière d'un large pouvoir d'appréciation, n'a pas commis d'erreur manifeste dans son appréciation de la situation du requérant en rejetant sa demande de régularisation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par voie d'exception

de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour que M. A invoque à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L 743-15 et L. 751-5. ".

10. La décision portant obligation de quitter le territoire se réfère aux articles cités au point précédent dont elle fait application. Elle fait également état de ce que l'intéressé a refusé d'exécuter la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 10 janvier 2020. En se limitant à soutenir qu'une telle décision demeure une faculté et non une obligation, M. A n'établit pas que le préfet de la Sarthe aurait commis une erreur manifeste dans l'examen de sa situation personnelle avant de lui refuser un délai de départ volontaire ou se serait estimé lié par l'édiction d'une précédente obligation de quitter le territoire, demeurée non exécutée. Par suite ce moyen doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Eu égard aux considérations énoncées au point 7, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale par rapport au but poursuivi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté en tant qu'il est invoqué contre l'obligation de quitter le territoire français du 4 février 2022 qui n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays d'éventuel éloignement de M. A.

En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ()". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

15. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

16. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle la durée de la présence de M. A en France l'absence d'attaches particulières en France de ce dernier et la circonstance qu'il a refusé d'exécuter une précédente obligation de quitter le territoire, et indique que, dans ces conditions, l'interdiction de retour d'une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Cette décision est ainsi, au regard des exigences rappelées au point précédent, suffisamment motivée en droit comme en fait. Il résulte en outre de cette motivation que le préfet de la Sarthe a procédé à un examen complet de sa situation personnelle.

17. En deuxième lieu, en se bornant à soutenir que le préfet n'a pas apprécié l'existence de circonstances humanitaires, le requérant ne fait valoir aucun élément de nature à établir qu'en prenant cette décision, le préfet de la Sarthe aurait fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni que le préfet de la Sarthe aurait commis une erreur manifeste d'appréciation

18. En dernier lieu, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions, soulevé à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, doit être écarté.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, la décision fixant le pays de renvoi, qui comporte l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.

20. En second lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et sa demande formée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Sarthe et à Me Murillo.

Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Echasserieau, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu publique par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.

Le rapporteur,

B. ECHASSERIEAU

La présidente,

M. E

La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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