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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2202123

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2202123

mercredi 18 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2202123
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRENAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 février 2022, complétée par la production de pièces enregistrées le 9 mars 2022, Mme B C, représentée par Me Renaud, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours, en fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident algérien dans un délai de

30 jours courant de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 7 jours, sous la même astreinte, ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de 2 mois courant de la notification du jugement, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros par application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

La décision portant refus de séjour :

- n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière suivie devant l'office français de l'immigration et de l'intégration ; la régularité de cette procédure est invérifiable dès lors qu'elle n'a pas été destinataire de l'avis du collège de médecins du 31 août 2021 ;

- est entachée d'erreur de droit dans l'application de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien, le préfet s'est cru lié par l'avis du collège de médecins du 31 août 2021 ; elle est également entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

-méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît le principe du respect de la dignité humaine, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ainsi que les stipulations de la convention des droits des personnes handicapées de 2010 ;

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière suivie devant l'office français de l'immigration et de l'intégration ;

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;

- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;

La décision fixant le pays d'éloignement en cas d'éloignement d'office :

- n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière suivie devant l'office français de l'immigration et de l'intégration ;

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco- algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Renaud, représentant Mme C, en présence de

Mme D, fille de l'intéressée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante algérienne née le 1er janvier 1944, est entrée en France le 15 décembre 2019 munie d'un visa de court séjour à entrées multiples, valable sur la période du 9 mai 2019 au 8 mai 2020. Elle a sollicité un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 17 décembre 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours, en fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. D'une part, l'arrêté attaqué vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Il rappelle les conditions d'entrée en France et la demande de titre de séjour formée par Mme C en raison de son état de santé. Il indique les motifs du rejet de cette demande, constate que le refus de séjour ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique également que, l'intéressée ne justifiant pas de craintes en cas de retour en Algérie, son éloignement à destination de ce pays ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté litigieux est ainsi suffisamment motivé en droit et en fait.

3. D'autre part, compte tenu de cette motivation circonstanciée et de l'ensemble des pièces du dossier, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées n'auraient pas été prises à l'issue d'un examen sérieux de sa situation personnelle.

Sur la légalité du refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du

27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ()". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " () Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". En outre, aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles

R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ".

5. D'une part, aucune disposition ni aucun principe ne fait obligation au préfet de communiquer l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur la demande de titre de séjour en raison de l'état de santé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 31 août 2021 et de son bordereau de transmission, que le rapport médical a été établi le

7 juillet 2021 par un médecin qui ne faisait pas partie de ce collège, et transmis à ce dernier le

8 juillet suivant. En outre, ce collège a rendu son avis dans une formation composée de trois médecins, régulièrement désignés à cette fin par décision du directeur général de l'OFII. L'avis revêt la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émet l'avis suivant ", qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, non apportée en l'espèce, de son caractère collégial. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière.

6. D'autre part, il résulte des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant algérien qui en fait la demande au titre de ces dispositions, de vérifier, au vu de l'avis émis par le médecin mentionné à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

7. Enfin, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, de sa capacité à bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

8. Si le préfet s'est approprié les termes de l'avis du collège de médecins de l'OFII du

31 août 2021, selon lequel, si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle pourra y bénéficier d'un traitement approprié et peut voyager sans risque vers ce pays, il ne s'est pas estimé lié par cet avis et a également fondé sa décision sur les informations obtenues de l'ambassade de France en Algérie et relatives à la politique de santé dans ce pays, à ses infrastructures sanitaires publiques et à la nature du système de santé. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

9. Mme C soutient avoir dû recevoir des soins en France pour traiter les séquelles d'une intervention de chirurgie cardiaque pratiquée en Algérie et elle produit une attestation de son médecin généraliste, établie postérieurement à la décision attaquée, qui évoque une perte d'autonomie, une insuffisance rénale, une insuffisance cardiaque, une hypothiroïdie et des troubles gastriques et lui prescrit du candésartan, du lévothyrox et du sintron (acénocoumarol), dont elle allègue que ces médicaments ne sont pas disponibles en Algérie et qu'elle ne pourra recevoir dans ce pays la prise en charge pluridisciplinaire dont elle a besoin. Toutefois, par les documents ainsi produits, la requérante ne peut être regardée comme infirmant l'avis du collège de médecins de l'OFII, selon lequel elle pourra bénéficier en Algérie d'une prise en charge appropriée de ses différentes pathologies et le préfet établit au contraire que les médicaments prescrits à l'intéressée son effectivement disponibles en Algérie et que cet Etat dispose d'un système de sécurité sociale reposant notamment sur une assurance maladie ouverte même aux personnes démunies. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet a fait une inexacte application des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien en refusant de lui délivrer un certificat de résidence.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. Si Mme C fait valoir qu'elle est hébergée chez sa fille et ses petits-enfants, sa présence sur le territoire national est très récente et elle y est entrée munie d'un visa de court séjour ne lui donnant pas vocation à s'établir en France. Si l'intéressée est divorcée, elle n'établit pas être dépourvue de toute attache en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 75 ans. Elle ne peut en particulier être regardée, par les seules attestations émanant de proches qu'elle verse à l'instance, être dans la situation alléguée d'extrême dépendance médicale et sociale, ni, en tout état de cause, que seule sa fille résidant en France serait à même de lui porter assistance. Dans ces conditions la décision attaquée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

12. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision refusant d'admettre Mme C au séjour " méconnaît le principe du respect de la dignité humaine, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ainsi que les stipulations de la convention relative aux droits des personnes handicapées " est soulevé sans être assorti des précisions nécessaires pour, d'une part, apprécier si les stipulations ainsi invoquées sont susceptibles de produire des effets à l'égard des particuliers et peuvent en ce cas être utilement invoquées à l'encontre de la décision attaquée, et d'autre part, apprécier en quoi ces stipulations auraient pu être méconnues en l'espèce. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :

13. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que l'illégalité du refus de séjour n'est pas établie. Par suite, Mme C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision d'éloignement attaquée.

14. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du 3° de l'article

L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et constate l'absence d'obstacles à l'éloignement de la requérante. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.

15. En troisième lieu, il résulte du point 5 du jugement que la décision attaquée n'a, en tout état de cause, pas été prise à la faveur d'une procédure irrégulière.

16. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 11, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de Mme C.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire n'est pas établie. Par suite, Mme C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision d'éloignement attaquée.

18. En deuxième lieu, la décision attaquée vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et constate que Mme C ne justifie pas de craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.

19. En troisième lieu, il résulte du point 5 du jugement que la décision attaquée n'a, en tout état de cause, pas été prise à la faveur d'une procédure irrégulière.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Renaud et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.

La présidente-rapporteure,

C. A

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

E. GAUTHIER

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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