mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2202125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CRABIERES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2022, Mme C A, représentée par Me Cloarec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de
trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer le titre de séjour sollicité, ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles R. 425-11 et R. 425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; n'ayant pas été destinataire de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, elle ne peut en vérifier la régularité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante, compte tenu du risque de persécution encouru en cas de retour en Guinée et de l'absence des soins qui lui sont nécessaires.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, modifié ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loirat, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante guinéenne née le 15 août 1960, déclare être entrée irrégulièrement en France en décembre 2014. Elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale, que le préfet de la Sarthe lui a refusé par un arrêté du
15 mai 2017, portant en outre obligation de quitter le territoire, dont la légalité a été admise par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 4 décembre 2017. Mme A s'est maintenue irrégulièrement en France et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales le 30 juillet 2018. Par un arrêté du 14 décembre 2018, le préfet a de nouveau rejeté sa demande et pris à son encontre une mesure d'éloignement. Par un jugement du 8 février 2021, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision en raison d'un vice de procédure et enjoint au préfet de la Sarthe de réexaminer la situation de la requérante. Par un arrêté du 9 juillet 2021, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de la Sarthe lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée vise, notamment, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 425-9 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle rappelle les conditions d'entrée et de séjour en France de la requérante et mentionne la teneur de l'avis émis le 27 mai 2021 par le collège de médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur l'état de santé de Mme A. Elle indique que l'intéressée ne remplit pas les conditions du titre de séjour en qualité d'étranger malade dès lors que, si son état de santé requiert une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Par ailleurs, la décision attaquée fait mention d'éléments relatifs à la vie personnelle de Mme A, indique qu'elle n'établit avoir en France le centre de ses attaches personnelles et familiales et qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 54 ans. La décision attaquée est ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, suffisamment motivée en droit et en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
4. En outre, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article
R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article (). Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. " Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".
5. Enfin, selon l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport ". L'article 6 du même arrêté dispose que " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant: a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de
santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". L'article 9 du même arrêté précise que : " L'étranger qui, dans le cadre de la procédure prévue aux titres I et II du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sollicite le bénéfice des protections prévues au 10° de l'article L. 511-4 ou au 5° de l'article L. 521-3 du même code est tenu de faire établir le certificat médical mentionné au deuxième alinéa de l'article 1er. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article 11 du même arrêté : " Au vu du certificat médical, un collège de médecins () émet un avis dans les conditions prévues à l'article 6 et au présent article et conformément aux modèles figurant aux annexes C et D du présent arrêté. ".
6. Il résulte des dispositions citées au point précédent que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) doit être rendu à l'issue d'une délibération pouvant prendre la forme, soit d'une réunion, soit d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. Le caractère collégial de cette délibération constitue une garantie pour le demandeur de titre de séjour. Préalablement à l'avis rendu par ce collège d'experts, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'étranger intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Le médecin instructeur à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. Il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par le collège de médecins.
7. Aucune disposition ni aucun principe ne fait obligation au préfet de communiquer l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sur la demande de titre de séjour en raison de l'état de santé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 27 mai 2021 et de son bordereau de transmission, qu'un rapport médical a été établi par un médecin qui ne faisait pas partie de ce collège, et transmis à ce dernier le 22 avril 2021. En outre, ce collège a rendu son avis, dans une formation composée de trois médecins, dont les signatures figurent sur l'avis et qui ont été régulièrement désignés à cette fin par décision du directeur général de l'OFII. L'avis revêt la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émet l'avis suivant ". Cette mention fait foi jusqu'à preuve du contraire, qui n'est pas apportée par la requérante, de son caractère collégial. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure à l'issue de laquelle a été rendu l'avis du 27 mai 2021 doit être écarté en toutes ses branches.
8. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par Mme A, le préfet de la Sarthe s'est fondé notamment sur l'avis émis le 27 mai 2021 par le collège de médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) selon lequel, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des termes de la décision attaquée que, si le préfet de la Sarthe s'est approprié l'avis ainsi émis par le collège de médecins de l'OFII, il a également porté sa propre appréciation sur l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas de défaut de prise en charge médicale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Sarthe aurait commis une erreur de droit en s'estimant à tort placé en situation de compétence liée.
9. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour, dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
10. Mme A soutient qu'elle souffre de troubles psychiques liés à des événements traumatisants qu'elle aurait vécus dans son pays d'origine nécessitant un suivi médical et un traitement médicamenteux, ainsi que d'un syndrome d'apnée du sommeil modéré. Elle produit deux certificats médicaux établis en mars 2019 et mars 2021 par le docteur B, médecin psychiatre, qui précise que l'état mental de l'intéressée " pourrait se dégrader avec le risque d'une décompensation psychique très grave susceptible de mettre en péril son intégrité ". Toutefois, le docteur B constate dans un courrier postérieur, du 10 août 2021, que l'état psychique de la requérante s'est stabilisé. Mme A produit également diverses ordonnances médicales, dont certaines datées de 2018 et 2019, soit trois et deux ans avant l'édiction de la décision attaquée. Les éléments ainsi produits ne sont pas propres à établir que l'absence de soins risquerait d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et à infirmer l'avis du collège de médecin de l'OFII du 27 mai 2021. Par suite, Mme A ne peut utilement se prévaloir de l'absence de disponibilité effective des soins qui lui sont nécessaires en Guinée. Enfin, si la requérante soutient que son état psychique serait consécutif à un vécu traumatique en Guinée faisant obstacle à ce qu'elle puisse y recevoir les soins qui lui sont nécessaires, elle ne l'établit aucunement. Mme A n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que le préfet de la Sarthe aurait, en refusant de lui délivrer un titre de séjour en raison de son état de santé, commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
12. Mme A fait valoir qu'elle est présente en France depuis 2014, que sa fille et ses trois petites-filles y résident régulièrement et qu'elle serait totalement isolée et vulnérable en cas de retour en Guinée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'elle s'est maintenue sur le territoire français en dépit de mesures d'éloignement prises à son encontre. Si elle produit une attestation établissant que sa fille l'héberge depuis le 13 mars 2016, cet unique document, laconique, ne permet pas d'établir la réalité et l'intensité de la relation alléguée et elle n'a, en tout état de cause, pas vocation à vivre auprès de sa fille majeure. Si la requérante soutient devoir s'occuper de ses petits enfants en raison de problèmes de santé de sa fille, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Les quatre attestations versées aux débats ne suffisent pas à démontrer que l'intéressée aurait fixé le centre de ses attaches personnelles en France, où elle ne justifie notamment d'aucune perspective d'intégration professionnelle. Enfin, si elle se prévaut du décès de son mari, elle n'établit pas être isolée dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 54 ans et a nécessairement conservé des attaches. Dans ces conditions, et alors même qu'elle suivrait un traitement médical en France, Mme A ne peut être regardée comme justifiant de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'est, par suite, pas fondée à soutenir qu'en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour le préfet de la Sarthe aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de séjour n'étant pas établie, eu égard à tout ce qui vient d'être dit, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
14. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le préfet de la Sarthe n'a pas, en décidant d'éloigner Mme A, entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale de la requérante.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
15. Si Mme A soutient encourir un risque réel de persécution en cas de retour en Guinée, notamment du fait de l'absence de traitement approprié à sa pathologie, elle ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations ni ne fait état de circonstances particulières propres à établir qu'elle encourrait personnellement des risques d'y être exposée à des traitements inhumains et dégradants. Elle n'a d'ailleurs pas sollicité l'asile en France. Dans ces circonstances, et compte tenu de ce qui a été dit au point 10 sur l'état de santé de la requérante, le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au préfet de la Sarthe et à Me Cloarec.
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
C. LOIRATL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
E. GAUTHIERLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
vb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026