mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2203037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BENGONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mars 2022, M. B A, représenté par Me Bengono, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 1er mars 2022 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, ainsi que l'arrêté du 3 mars 2022 portant assignation à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
M. A soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il réunit les conditions lui donnant droit à un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français qui est disproportionnée ;
- l'arrêté portant assignation à résidence est disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Thomas, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 1990, est entré en France à une date inconnue. Il s'est vu opposer deux mesures d'éloignement, le 21 mai 2018 et le 8 novembre 2019, non exécutées, la dernière ayant été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 16 juillet 2020. Par un arrêté du 21 juin 2021, le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans à son encontre. Le recours de M. A contre cette décision a été rejeté par un jugement du 7 février 2022 du magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes. Par un courrier reçu le 12 août 2021, M. A a sollicité un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par une décision du 1er mars 2022, le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par un arrêté du 3 mars 2022, il l'a assigné à résidence à son domicile pour une durée de 45 jours renouvelables. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 1er mars 2022 et de l'arrêté du 3 mars 2022. Il a été statué sur la requête de M. A dirigées contre ces décisions, par un jugement en date du 16 mars 2022 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes, qui a renvoyé à une formation collégiale du tribunal administratif de Nantes les conclusions dirigées contre la décision portant refus de séjour, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte y afférentes, et a rejeté les autres conclusions.
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ".
3. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance du titre de séjour prévu par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'étranger, et en particulier d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'étranger, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptées, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si cet étranger peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
4. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet de la Sarthe a fait sienne la teneur de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 3 février 2022, qui a estimé que si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
6. Il ressort d'un rapport médical de suivi psychiatrique d'un praticien hospitalier psychiatre du 7 janvier 2022 que M. A est suivi par l'équipe mobile psychiatrie - précarité de la Sarthe depuis avril 2019 en entretiens infirmiers et depuis 2020 par des consultations psychiatriques avec prescription d'un traitement anti-dépresseur, dont la composition n'est pas précisée, pour un " épisode dépressif associant angoisses, troubles du sommeil et de concentration et péjoration de l'avenir ". Toutefois, ni ce rapport ni les autres pièces produites par le requérant ne permettent pas d'établir que l'absence de prise en charge serait de nature à entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, c'est par une exacte application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Sarthe a estimé que le défaut de prise en charge médicale de M. A n'est pas propre à entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il en résulte que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui ouvrait droit à la délivrance d'une carte de séjour temporaire.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er mars 2022 par laquelle le préfet de la Sarthe lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte y afférentes ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du préfet de la Sarthe du 1er mars 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte y afférentes sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Sarthe et à Me Bengono.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUETLa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026