jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2203157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | BOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, Mme B A, représentée par
Me Boezec, demande au tribunal :
1°) d'annuler en toutes ses décisions l'arrêté du 21 janvier 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant le temps de cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision de refus de séjour ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée en droit et révèle un défaut de base légale, et est erronée en fait ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'un défaut d'examen ;
- la décision de refus de séjour méconnaît le titre III du protocole annexé au premier avenant de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le signataire de l'obligation de quitter le territoire français ne justifie pas de sa compétence ;
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée notamment en ce qui concerne sa situation familiale et personnelle;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le signataire de la décision fixant le pays de destination ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire enregistré le 31 juillet 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née en 1998, est entrée en France le 23 août 2019 sous le couvert d'un visa long séjour pour études. Elle s'est vu délivrer des certificats de résidence algériens valables jusqu'au 30 novembre 2021. Par l'arrêté attaqué du 21 janvier 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français (), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. ". Aux termes du premier alinéa du titre III du protocole additionnel à cet accord : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, titulaire d'un diplôme de licence en psychologie délivré par l'université de Bejaïa (Algérie), était inscrite en 2019/2020 en licence 2 de psychologie auprès de l'université de Rennes et qu'elle a échoué aux sessions 1 et 2 des examens avec une moyenne de 2,73/20. Elle s'est réinscrite en 2ème année de licence de psychologie, auprès de l'université de Nantes, et a là encore échoué aux examens des deux sessions, avec une moyenne de 9,48/20. Pour l'année universitaire 2021/2022, au titre de laquelle elle a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence algérien, elle a produit une nouvelle inscription en 2ème année de licence de psychologie. Si Mme A a échoué par deux fois à ses examens de 2ème année de licence de psychologie, en obtenant, au terme de l'année 2019/2020, une très faible moyenne due à son absence à la majorité des examens, et ce, alors que l'intéressée est déjà titulaire d'un diplôme de licence de psychologie, le directeur de l'UFR de psychologie de l'université de Nantes a toutefois attesté que Mme A avait été autorisée, par dérogation, à redoubler une seconde fois sa deuxième année de licence dans la mesure où elle était assidue et sérieuse et que ses derniers résultats étaient proches de la moyenne. Dans ces conditions, et alors que l'assiduité de l'intéressée n'est pas remise en cause par le préfet, la réinscription à une troisième reprise dans la même formation ne révèle pas l'absence de caractère réel et sérieux des études poursuivies par Mme A. Par suite, en refusant de renouveler son titre de séjour, le préfet de la Loire-Atlantique a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien en qualité d'étudiante. Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doivent être annulées en conséquence. L'annulation prononcée par le présent jugement implique que le préfet de la Loire-Atlantique délivre à Mme A un certificat de résidence algérien en qualité d'étudiante en application du titre III aux termes de l'alinéa 2 de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. Le préfet munira l'intéressée d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la remise de cette carte de séjour temporaire.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Boezec de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 21 janvier 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de délivrer à Mme A un certificat de résidence algérien en qualité d'étudiante dans les deux mois de la notification du présent jugement et, sans délai dès cette notification, de la munir d'un récépissé valant autorisation provisoire de séjour jusqu'à la remise de cette carte.
Article 3 : L'Etat versera à Me Boezec la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Franck Boezec au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure,
C. MILINLa présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026