mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204232 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2022, la SCI Aléro doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération Mauges Communauté à l'indemniser du préjudice matériel subi par les fautes commises dans le contrôle du réseau d'assainissement ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la communauté d'agglomération Mauges Communauté de faire réaliser les travaux de mise aux normes du branchement de son immeuble au réseau d'assainissement des eaux usées et des eaux pluviales ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à Mauges Communauté de racheter l'immeuble dont elle est propriétaire au prix du marché.
Elle doit être regardée comme soutenant que Mauges Communauté a commis une faute en s'abstenant de remédier à l'écoulement des eaux pluviales par le réseau d'évacuation des eaux usées et en ne procédant pas aux opérations de contrôle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, la communauté d'agglomération Mauges Communauté, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCI Aléro au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître d'un litige opposant un usager d'un service public industriel et commercial à son gestionnaire ;
- M. A ne justifie pas d'une habilitation pour représenter la SCI Aléro ;
- la communauté d'agglomération n'a pas commis de faute ;
- la SCI ne démontre pas le caractère réel et certain de son préjudice.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- et les observations de Me Pasquet, substituant Me Marchand, représentant la communauté d'agglomération Mauges Communauté.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Aléro est propriétaire d'un immeuble situé dans la commune de
Beaupreau-en-Mauges depuis le 15 mai 2019. Par un courrier du 9 juin 2021, la SCI Aléro a informé la communauté d'agglomération Mauges Communauté de ce que l'un des branchements au réseau d'assainissement faisait transiter des eaux pluviales et causait des débordements des eaux usées lors des fortes pluies. Par un courrier du 4 novembre 2021, la SCI Aléro a mis en demeure Mauges Communauté de réaliser les travaux nécessaires à la séparation des réseaux des eaux usées et des eaux pluviales. Par sa requête, la SCI Aléro demande la condamnation de Mauges Communauté à réparer le préjudice subi du fait de la non-conformité du réseau d'assainissement.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 2224-11du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ".
3. Les litiges individuels nés des rapports entre un service public industriel et commercial et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, relèvent de la compétence des juridictions judiciaires. Il n'en va autrement que pour les litiges relatifs à celles de ces activités qui, telles la réglementation, la police ou le contrôle, se rattachent, par leur nature, à des prérogatives de puissance publique.
4. La SCI Aléro demande la condamnation de la communauté d'agglomération à réparer le préjudice né de la délivrance d'un certificat de conformité du branchement au réseau d'assainissement collectif alors que celui-ci laisse transiter les eaux pluviales et est donc non conforme, ce qui a pour effet un débordement des eaux usées dans sa propriété en cas de fortes pluies. La délivrance de certificat de conformité se rattache aux missions de contrôle des raccordements au réseau des eaux usées confiées aux communes par l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales. Par suite, le litige est relatif à une activité qui se rattache à des prérogatives de puissance publique et la juridiction administrative est compétente pour en connaître.
5. Il résulte de ce qui précède que l'exception d'incompétence opposée par Mauges Communautés doit être écartée.
Sur la recevabilité de la requête :
6. Si les conclusions indemnitaires doivent, à peine d'irrecevabilité, être chiffrées, cette irrecevabilité est régularisable même après l'expiration du délai de recours contentieux tant qu'il n'a pas été statué sur la demande.
7. Il résulte de l'instruction que, malgré un courrier du 4 juin 2024, l'invitant à chiffrer ses conclusions, la SCI Aléro n'a pas chiffré ses conclusions indemnitaires. Par suite, elles doivent être rejetées comme irrecevables. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la communauté d'agglomération de mettre fin aux désordres ou de racheter l'immeuble au prix du marché, qui sont nécessairement présentées en complément des conclusions indemnitaires, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de la SCI Aléro au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Aléro est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Mauges Communauté au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Aléro et Mauges Communauté.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteuse,
M. EL MOUATS-SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEULa greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre
les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026