LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2205509

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2205509

vendredi 6 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2205509
TypeDécision
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantLUCOTTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi, en date du 27 avril 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par M. B C.

Par cette requête enregistrée le 24 février 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris, complétée par un mémoire enregistré au greffe de ce tribunal le 14 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Lucotte, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2021 par laquelle l'autorité consulaire française à Rabat (Maroc) lui a refusé la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour dit de retour ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le mémoire en défense du ministre de l'intérieur enregistré après la clôture de l'instruction est irrecevable ;

- la décision consulaire est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, que son casier judiciaire est vierge et qu'il ne représente aucune menace à l'ordre public ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il est arrivé en France à l'âge de 12 ans ; ses parents et sa fratrie y résident.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique du 2 décembre 2022.

Une note en délibéré a été enregistrée le 6 décembre 2022 pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant marocain né le 11 septembre 1995, a sollicité le 26 juillet 2021 et le 12 août 2021 de l'autorité consulaire française à Rabat un visa d'entrée et de long séjour en France dit de retour. Par une décision du 2 septembre 2021, cette autorité lui a refusé la délivrance du visa sollicité. Le recours administratif préalable formé par M. C contre cette décision a été réceptionné le 28 octobre 2021 et a été implicitement rejeté. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision de l'autorité consulaire française du 2 septembre 2021.

Sur la recevabilité du mémoire en défense produit par le ministre de l'intérieur :

2. Aux termes de l'article R. 613-3 du code de justice administrative : " Les mémoires produits après la clôture de l'instruction ne donnent pas lieu à communication, sauf réouverture de l'instruction. ". Aux termes de l'article R. 613-4 du même code : " Le président de la formation de jugement peut rouvrir l'instruction par une décision qui n'est pas motivée et ne peut faire l'objet d'aucun recours. Cette décision est notifiée dans les mêmes formes que l'ordonnance de clôture. () Les mémoires qui auraient été produits pendant la période comprise entre la clôture et la réouverture de l'instruction sont communiqués aux parties. "

3. Lorsqu'il décide de soumettre au contradictoire une production de l'une des parties après la clôture de l'instruction, le président de la formation de jugement du tribunal administratif ou de la cour administrative d'appel doit être regardé comme ayant rouvert l'instruction.

4. En l'espèce, si le mémoire en défense du ministre de l'intérieur a été produit le 25 octobre 2022 soit après la clôture de l'instruction fixée au 21 octobre 2022 à 17 heures, l'instruction a cependant été implicitement rouverte du fait de la communication de ce mémoire à M. C. Par suite, il n'y a pas lieu d'écarter des débats le mémoire en défense du ministre de l'intérieur.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Il résulte des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par les autorités diplomatiques ou consulaires. Par suite, la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours préalable formé le 28 octobre 2021 contre la décision de l'autorité consulaire française à Rabat (Maroc) rejetant sa demande de visa d'entrée et de long séjour s'est substituée à la décision du 2 septembre 2021. Il en résulte que les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre la seule décision de la commission de recours, à l'encontre de laquelle les moyens tirés des vices propres de la décision consulaire, tels l'insuffisance de motivation, ne peuvent être utilement invoqués.

6. Il ressort des termes du mémoire en défense présenté par le ministre de l'intérieur, communiqué au requérant, que, pour rejeter le recours présenté contre la décision consulaire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est fondée sur l'absence de droit au séjour en France de M. C et sur la menace à l'ordre public que représenteraient son entrée et sa présence en France.

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) () ". Aux termes de l'article L. 312-5 du même code : " Par dérogation aux dispositions de l'article L. 311-1, les étrangers titulaires d'un titre de séjour () sont admis sur le territoire au seul vu de ce titre et d'un document de voyage. ". Enfin, aux termes de l'article L. 312-4 du même code : " Un visa de retour est délivré par les autorités diplomatiques et consulaires françaises à la personne de nationalité étrangère bénéficiant d'un titre de séjour en France en vertu des articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-17, L. 423-18, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 dont le conjoint a, lors d'un séjour à l'étranger, dérobé les documents d'identité et le titre de séjour ".

8. Il résulte de ces dispositions que la détention d'un titre de séjour par un étranger permet son retour pendant toute la période de validité de ce titre sans qu'il ait à solliciter un visa d'entrée sur le territoire français. Entre dans ces prévisions l'étranger qui, bien qu'ayant égaré son titre de séjour, produit des pièces établissant la validité de ce titre. En dehors de ce cas, la délivrance des visas de retour par les autorités consulaires résulte d'une pratique non prévue par un texte, destinée à faciliter le retour en France des étrangers titulaires d'un titre de séjour.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C, entré régulièrement en France en 2007 à l'âge de douze ans, a séjourné en France sous couvert de plusieurs cartes temporaires de séjour jusqu'à la délivrance, le 20 mai 2017, d'une carte pluriannuelle valable jusqu'au 19 mars 2019. M. C a fait l'objet, le 11 septembre 2018, d'un refus d'admission sur le territoire français par la police de l'air et des frontières à l'aéroport d'Orly, aux motifs d'un signalement de non admission au sein du système d'information Schengen et de la menace à l'ordre public que représentait l'intéressé, et a été réacheminé vers le Maroc le 13 septembre 2018. Il a sollicité un visa d'entrée et de long séjour en février 2020 puis le 26 juillet 2021, soit plus de deux ans après la fin de validité de son dernier titre de séjour. Ainsi, M. C ne disposait d'aucun droit au séjour à la date de sa demande de visa. En se bornant à alléguer que le renouvellement de son passeport par les autorités marocaines n'est intervenu que postérieurement à la période de validité de son dernier titre de séjour, M. C ne justifie pas de circonstances l'ayant empêché de solliciter un visa de retour en France antérieurement à la demande litigieuse. Par suite, la commission de recours contre les refus de visas d'entrée en France a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser la délivrance d'un visa dit " de retour " au motif que l'intéressé ne disposait plus d'un droit au séjour en France.

10. En deuxième lieu, il ressort également des pièces du dossier, et notamment de la note blanche produite en défense, que M. C a été interpelé par la police aux frontières d'Orly le 12 janvier 2015 à son retour de la zone de frontière turco-syrienne ou de la région d'Idlib (Syrie) d'où il entendait rejoindre les rangs d'une organisation terroriste. Dans ces conditions, et quand bien même le requérant soutient n'avoir fait l'objet d'aucune condamnation pénale, la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France a pu estimer, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, que la présence en France de M. C représentait une menace pour l'ordre public.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. C se prévaut de sa présence en France de 2007 à 2018 ainsi que de la présence en France de ses parents et de sa fratrie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire, sans enfants et que les membres de sa famille peuvent lui rendre visite au Maroc, où lui-même vit depuis 2018. Dans ces conditions, et eu égard à la menace pour l'ordre public que constituerait la présence en France de l'intéressé ainsi qu'à la nature et à l'objet de la décision contestée, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'ordonner la mesure d'instruction sollicitée, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

M. Rosier, premier conseiller,

Mme Chatal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.

La présidente-rapporteure,

H. A

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

P. ROSIER

La greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356

**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).

08/04/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852

Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.

08/04/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2400683

Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'autorisation d'exercice de la médecine générale notifié à une docteure titulaire d'un diplôme non communautaire. La juridiction a annulé la décision du Centre National de Gestion (CNG) du 6 juillet 2023, considérant que le refus était entaché d'un défaut de motivation suffisante. Elle a enjoint au CNG de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois, en application des articles L. 4111-2 du code de la santé publique et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.

08/04/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2507446

Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.

08/04/2026

← Retour aux décisions