mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2205674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | AH-THION DIARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2022, M. B F, représenté par Me Ah-Thion Diard, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 2 mai 2022 par lesquels le préfet de la Loire-Atlantique, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans, d'autre part, l'a assigné à résidence sur la commune de Nantes, dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si la demande d'aide juridictionnelle est rejetée, à son profit en application des dispositions de ce dernier article.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que les arrêtés contestés ont été signés par une autorité compétente ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation s'agissant du pays de renvoi au regard des obstacles, notamment de santé, à son départ ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la durée de son séjour, à ses attaches personnelles et familiales en France et à son intégration sociale et professionnelle ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des menaces et harcèlements dont il fait l'objet en Algérie ;
S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des garanties de représentation qu'il présente ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le sol français :
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire entraîne par voie de conséquence l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard aux circonstances humanitaires dont il se prévaut ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration notamment quant aux perspectives d'éloignement ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire entraîne par voie de conséquence l'annulation de la décision portant assignation à résidence ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard au contexte sanitaire et au refus des autorités de son pays de délivrer des laissez-passer ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa situation en l'empêchant de travailler sur le territoire des communes limitrophes de Nantes.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
La clôture de l'instruction est intervenue le 21 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision de la présidente de la formation de jugement d'inscrire le dossier à une audience collégiale.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Echasserieau, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant algérien né le 20 mai 1986, déclare être entré en France au cours de l'année 2018 au moyen d'un visa délivré par les autorités espagnoles. Il s'est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire prise par le préfet du Val d'Oise le 23 mars 2021 à laquelle il n'a pas déféré. Il a été interpellé le 2 mai 2022 à l'occasion d'un contrôle d'identité par les services de police et placé en garde à vue pour vérification de sa situation au regard du droit au séjour. Par arrêté du 2 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a fait obligation à M. F de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office et lui a interdit le retour pour une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a assigné l'intéressé à résidence dans la commune de Nantes dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement et pour une durée de six mois. M. F demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. Les arrêtés ont été signés par Mme G A, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique, habilitée à exercer, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme D E, directrice des migrations et de l'intégration, et de M. H C, son adjoint, la délégation de signature consentie par le préfet, selon arrêté du 11 avril 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi, interdisant le retour sur le territoire et portant assignation à résidence. Dès lors qu'il n'est ni établi ni même allégué que Mme E et M. C n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes attaqués manque en fait.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
3. En premier lieu, la circonstance selon laquelle l'Algérie refuserait de délivrer des laissez-passer à ses ressortissants ne faisait pas obstacle à ce que le préfet de la Loire-Atlantique compte l'Algérie au nombre des destinations possibles de l'éloignement dès lors, ainsi que le requérant ne le conteste pas, qu'il est un ressortissant de cet Etat. La circonstance ainsi alléguée, qui n'a d'incidence que sur l'exécution de l'éloignement, est, au regard des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans incidence sur la légalité de la décision fixant le pays de destination de cet éloignement et le moyen tiré de cette circonstance est, par suite, inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
5. Si M. F soutient que son état de santé ferait obstacle à son départ en raison notamment de problèmes à la clavicule et aux pieds ainsi que de problèmes d'ordre psychologique, les éléments médicaux qu'il produit, dont les plus récents sont datés du mois de novembre 2020, n'établissent pas que l'état de santé de l'intéressé nécessite encore un suivi et un traitement qui ne lui permettraient pas de voyager sans risque ni que ledit traitement, à le supposer encore nécessaire, ne serait pas disponible en Algérie, alors au demeurant qu'au cours de son audition par les forces de police le 2 mai 2022 l'intéressé n'a pas déclaré de problème de santé ni suivre un traitement. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. Il est établi par les pièces du dossier que M. F est entré régulièrement sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles et s'est maintenu irrégulièrement en France depuis l'année 2018 selon ses déclarations. Il a ainsi fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par le préfet du Val d'Oise le 23 mars 2021. Il a reconnu au cours de son audition par les forces de police le 2 mai 2022 qu'il s'est maintenu en France en dépit de cette mesure d'éloignement. Il s'est donc bien soustrait à cette obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, si M. F déclare avoir une sœur en situation régulière en France il a reconnu au cours de sa garde à vue n'être hébergé chez elle que depuis quatre ou cinq mois à la date de son interpellation. De plus, l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident toute sa famille dont ses trois enfants et où il a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans. En outre, si le requérant a travaillé occasionnellement comme mécanicien automobile, cette activité professionnelle, sans autorisation de travail, demeure précaire et ne lui procure pas de ressources légales et s'il soutient dans ses écritures pouvoir potentiellement être recruté en contrat à durée indéterminé par un maraicher, il ne l'établit pas. Ainsi, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
9. D'une part, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale en raison des risques encourus en cas de retour dans le pays d'origine est inopérant pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire qui n'a pas pour objet de déterminer le pays de renvoi. D'autre part, si le requérant soutient qu'il serait en mauvais termes avec sa belle-famille et empêché de voir ses enfants il n'établit pas, par ses seules allégations qu'il encourrait personnellement des risques pour sa vie ou sa liberté, ou qu'il serait susceptible de faire l'objet de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise l'article L.612-2, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel il se fonde. Cet arrêté mentionne qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à son obligation de quitter le territoire en ce qu'il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Par suite, le préfet a ce faisant suffisamment motivé sa décision.
11. En second lieu, si M. F soutient que le préfet a entaché son refus d'accorder un délai de départ volontaire d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il présente des garanties de représentation suffisantes, il résulte du point 9 qu'à supposer lesdites garanties suffisantes, le préfet de la Loire-Atlantique pouvait prendre cette même décision en se fondant sur les circonstances, que l'intéressé ne conteste pas, qu'il est entré en situation irrégulière sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement en application de l'article L.612-2, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite ce moyen doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour en France :
12. En premier lieu, eu égard à ce qui a été indiqué aux points 3 à 8, M. F n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français le concernant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
13. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise expressément les articles L. 612-6 à L. 612-11, L. 613-2, L. 613-5, L. 613-7, L. 613-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile concernant l'interdiction de retour. Il mentionne notamment que l'intéressé déclare être arrivé en France en 2018, qu'il est divorcé et père de trois enfants dont il n'a pas la charge, qu'il est sans ressources légales et ne justifie pas avoir d'attaches personnelles et familiales suffisamment intenses et stables en France alors qu'il n'établit pas en être dépourvu dans son pays d'origine où réside toute sa famille, où il a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans, et où il a toutes ses attaches culturelles et linguistiques. L'arrêté précise par ailleurs, que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol à la roulotte du 26 mai 2020, de vol par escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt le 5 juin 2020, vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, entrée irrégulière d'un étranger en France et dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui le 24 mars 2021 alors, en outre qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement prononcée par le préfet du Val d'Oise le 23 mars 2021 à laquelle il n'a pas déféré de manière volontaire et enfin que l'intéressé refuse de donner son accord sur son éventuel éloignement vers son pays d'origine. Cette motivation, qui témoigne de la prise en compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français, est suffisante, de sorte que le moyen doit être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-7 de ce code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-1 de ce même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ".
15. Si M. F soutient que le préfet de la Loire-Atlantique a entaché sa décision d'erreur de droit en raison de son état de santé une telle circonstance, eu égard à ce qui a été indiqué au point 5 n'est pas de nature, à elle seule, à caractériser une circonstance humanitaire susceptible de faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, le préfet de la Loire-Atlantique a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur la légalité de la décision portant assignation à résidence :
16. En premier lieu, eu égard à ce qui a été indiqué aux points 2 à 8, M. F n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français le concernant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant assignation à résidence.
17. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article R. 733-1 du même code dispose en outre que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
18. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'arrêté du 5 mai 2022 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Il reprend les éléments essentiels de la situation personnelle du requérant et précise notamment que ce dernier justifie d'une adresse chez sa sœur à Nantes et qu'il est nécessaire d'obtenir un laissez-passer dès lors qu'il est dépourvu de document d'identité et de voyage. Par suite, contrairement à ce que soutient M. F, l'arrêté attaqué mentionne avec suffisamment de précision les circonstances de droit et de fait qui le fondent. Il est, dès lors, suffisamment motivé.
19. En troisième lieu, M. F, qui ne conteste pas entrer dans le champ du 1° de l'article L. 731-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, se borne à faire valoir, pour contester l'assignation à résidence -qui constitue une mesure alternative au placement en rétention- prononcée par le préfet sur le fondement des dispositions de cet article, que son retour en Algérie ne constitue pas une perspective raisonnable en ce que les autorités algériennes refusent de délivrer des laissez-passer. Toutefois, ces allégations très générales ne permettent pas de démontrer qu'il n'existerait pas de perspectives raisonnables d'éloignement alors, d'une part, que le préfet de la Loire-Atlantique justifie pour sa part avoir saisi les autorités algériennes aux fins de délivrance d'un laissez-passer et que, d'autre part l'intéressé produit à l'appui de son recours une copie de son passeport qui expire en mars 2026 qui le dispense ainsi d'obtenir un laissez-passer. Il suit de là que le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.
20. Eu égard à ce qui précède les modalités d'exécution de l'assignation à résidence n'apparaissent pas disproportionnées à la situation de M. F, dépourvu d'autorisation de travail et n'apportant pas la preuve qu'il serait susceptible d'être recruté en dehors du périmètre de la commune de Nantes, le temps nécessaire à la mise à exécution de la mesure d'éloignement vers l'Algérie. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues.
21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. F doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B F, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Ah-Thion Diard.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.
Le rapporteur,
B. ECHASSERIEAU
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026