lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2206102 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | DARMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 mai 2022 et le 8 novembre 2022, M. D B, représenté par Me Darmon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours contre la décision du 28 janvier 2022 de l'autorités consulaire française à Tunis refusant de lui délivrer un visa de long séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale " ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa sollicité, dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision consulaire est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision attaquée et la décision consulaire sont insuffisamment motivées ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation concernant la viabilité de son projet ;
- elle méconnait les stipulations de l'articles 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Heng, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant tunisien, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour portant la mention "entrepreneur/ profession libérale". Par une décision du 28 janvier 2022, l'autorité consulaire française à Tunis a rejeté sa demande en se fondant sur les conditions de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent ". Par une décision du 14 avril 2022, dont le requérant demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire, en se fondant quant à elle sur les conditions de délivrance d'un visa de long séjour portant la mention "entrepreneur/ profession libérale".
2. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article D. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France se substitue à celle qui a été prise par l'autorité diplomatique ou consulaire. Les vices propres dont serait entachée la décision de l'autorité consulaire sont dès lors sans influence sur la légalité de la décision de la commission de recours. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'autorité consulaire aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en refusant la délivrance d'un visa " passeport talent ", alors que M. B avait déposé une demande de visa de long séjour en qualité " d'entrepreneur/profession libérale ", est inopérant. Il en va de même du moyen tiré du défaut de motivation de cette décision.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que pour rejeter le recours de M. B, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, après avoir visé les articles L. 421-5,L. 421-6 et R. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le 9° de l'article R. 431-16 de ce code, sur le motif tiré de ce que " les documents présentés par M. B, dont certains sont incomplets ou non fiables, ne permettent pas de justifier de la viabilité économique de son projet en France, ce dernier ne peut utilement solliciter un visa de long séjour en qualité d'entrepreneur ou de profession libérale. ". Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il en résulte que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : / 1° Un visa de long séjour ; / 2° Un visa de long séjour conférant à son titulaire, en application du second alinéa de l'article L. 312-2, les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11 ou L. 421-13 à L. 421-24, ou aux articles L. 421-26 et L. 421-28 lorsque le séjour envisagé sur ce fondement est d'une durée inférieure ou égale à un an ; / () ". Aux termes de l'article L. 421-5 de ce même code : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " d'une durée maximale d'un an. ".
5. En l'absence de toute disposition conventionnelle, législative ou réglementaire déterminant les cas où un visa de long séjour portant la mention "entrepreneur/ profession libérale" peut être refusé et eu égard à la nature d'une telle décision, les autorités françaises, saisies d'une telle demande, disposent, sous le contrôle par le juge de l'excès de pouvoir, d'un large pouvoir d'appréciation et peuvent se fonder non seulement sur des motifs tenant à l'ordre public mais aussi sur toute considération d'intérêt général. La délivrance d'un visa de long séjour sollicité dans le but de bénéficier d'une carte de séjour temporaire portant la mention "entrepreneur/ profession libérale" prévue à l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est ainsi subordonnée, notamment, à la viabilité économique de l'activité envisagée.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a créé la société par action simplifiée " Salma distribution ", immatriculée au registre du commerce et des sociétés le 22 novembre 2021, dont il est le président et l'un des deux associés, et ayant pour activité principale l'import-export de produits alimentaires. Pour établir la viabilité économique de l'activité de sa société, le requérant produit une quittance de loyer d'un local, des déclarations préalables à l'embauche de quatre salariés adressées à l'URSSAF, une attestation d'assurance professionnelle, un business plan et enfin les comptes de résultat prévisionnels de la SAS Salma distribution. Ces documents ne permettent toutefois pas d'établir que cette société dispose d'une capacité financière suffisante et sera susceptible de générer une activité rentable. La seule circonstance que l'associé du requérant dispose d'une expérience dans l'exercice d'une telle activité commerciale ne saurait suffire à établir la viabilité du projet, alors que M. B n'apporte aucun élément sur les résultats et les revenus qu'auraient dégagés cet associé à l'occasion de cette précédente expérience. Enfin, la production de contrats non-signés avec des prestataires ne permet pas d'établir que M. B pourra tirer des revenus suffisants de son activité en France et, partant, que son projet est économiquement viable. Dans ces conditions, et alors même que M. B produit l'avis favorable des services du ministère de l'intérieur obtenu dans le cadre d'une procédure entamée parallèlement et visant à l'obtention de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 421-5 précité, la commission n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant la demande de visa litigieuse pour le motif cité au point 3 du présent jugement.
7. En dernier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir, à l'encontre d'une décision refusant un visa d'entrée en France, de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une telle décision ne relevant pas des droits et obligations de caractère civil, ni des accusations en matière pénale, mentionnées par ces stipulations.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Sa requête ne peut donc qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Beyls, conseillère,
Mme Heng, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2023.
La rapporteure,
H. HENG
Le président,
A. A DE BALEINELa greffière,
J. HUMANN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026