jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2206715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 5ème chambre |
| Avocat requérant | BEARNAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2022, M. F E, représenté par Me Bearnais, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ; de nombreux éléments de fait sont passés sous silence ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il démontre un ancrage de sa vie privée et familiale en France en devenir ;
- le préfet a méconnu l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; il n'a pas été mis à même de faire valoir ses observations spécifiques sur la décision attaquée, faute de disposer d'un traducteur en langue bambara ; ne pouvant s'exprimer en français, il n'a pas pu fournir d'éléments sur sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu l'article L. 141-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision aurait dû être traduite en bambara ;
Sur la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- le préfet ne pouvait viser le 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision est dépourvue de base légale ; en effet, ne sachant pas lire et ne comprenant pas la décision, il n'a pas pu déclarer son intention de ne pas se conformer à l'obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a commis une erreur de fait en considérant, sans en apporter la preuve alors que la charge de celle-ci lui incombe, qu'il ne disposait pas de garanties de représentation suffisantes ;
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ;
- le préfet a commis une erreur de fait en le regardant comme étant de nationalité béninoise ; il est de nationalité malienne ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ; il encourt le risque de subir de mauvais traitements en cas de renvoi au Mali, pays où il est né et où des groupes djihadistes sont présents ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ; le préfet ne s'est pas prononcé sur chacun des critères qu'il est tenu de prendre en compte ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ; la durée de l'interdiction est disproportionnée ; la circonstance qu'il travaille n'a pas été prise en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par décision du 18 juillet 2022, M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique du 15 décembre 2022.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant malien né le 29 juin 2002, déclare être entré irrégulièrement en France en 2018. Par un arrêté du 19 mai 2022 pris sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique a fait obligation à M. E de quitter le territoire français sans délai, désigné le pays de destination et prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen soulevé à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées :
2. L'arrêté attaqué a été signée par Mme A, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 11 avril 2022 publié le jour-même au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique lui a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme D, directrice de l'immigration et de l'intégration, et de M. B, son adjoint, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, et en l'absence de contestation de l'absence ou empêchement simultané de Mme D et de M. B le 19 mai 2022, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique que M. E, qui a été interpellé le 18 mai 2022 et placé en garde à vue par les services de police pour violences habituelles sur ex-concubine, ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il relève également que l'intéressé, célibataire et sans enfant, défavorablement connu des services de police, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où il a toutes ses attaches. Ainsi, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation manque en fait.
4. En deuxième lieu, eu égard à la motivation de la décision attaquée, rappelée ci-dessus, le moyen tiré de ce que sa situation personnelle n'aurait pas fait l'objet d'un examen complet ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que si les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne s'adressent pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union et que le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membres est ainsi inopérant, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'administration est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. E été entendu par un officier de police judiciaire le 18 mai 2022, dans le cadre d'une procédure pour violences habituelles sur ex-concubine. S'il a déclaré à cette occasion ne savoir ni lire ni écrire, il a précisé comprendre le français et parler autrement le bambara et l'italien. Il ressort du procès-verbal de son audition, versé au dossier par le préfet, que l'intéressé a été en mesure de répondre avec précision aux questions qui lui ont été posées en français. S'il soutient qu'en l'obligeant à s'exprimer en français, l'officier de police l'a empêché de fournir des éléments sur sa situation personnelle, il ne précise pas, en tout état de cause, quels seraient ces éléments. S'il indique que la présence d'un traducteur en langue bambara lui aurait permis de confirmer qu'il est de nationalité malienne et non béninoise comme le préfet l'a mentionné dans l'arrêté attaqué, il ressort du procès-verbal de son audition que l'intéressé a bien indiqué qu'il était de nationalité malienne, sans avoir besoin pour cela du truchement d'un interprète. Par suite, le moyen tiré du non-respect du principe de l'Union européenne d'être entendu avant que la décision en litige ait été prise doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. / En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. () ".
8. M. E fait valoir qu'en application des dispositions citées ci-dessus, la décision attaquée aurait dû lui être traduite en bambara pour qu'il la comprenne, qu'il a ainsi été privé d'une garantie et empêché de faire valoir des éléments déterminants de son histoire qui auraient été déterminants pour le préfet. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié au requérant " en langue française qu'il comprend et qu'il ne sait pas lire " et que l'intéressé a reconnu avoir été informé de ses droits et placé en état de les faire valoir. Il ressort de cette mention que l'arrêté en cause, à défaut d'être traduit en bambara, a été lu à M. E en français, langue qu'il a déclaré comprendre. Par ailleurs, M. E ne précise pas quels éléments déterminants de son histoire il aurait été empêché de faire connaître à l'administration. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énoncé de façon générale, doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".
10. M. E fait valoir qu'il vit en France depuis 2018, qu'il a été pris en charge dans ce pays par trois familles d'accueil, ce qui démontre qu'il a des attaches en France ainsi qu'un " ancrage de sa vie privée et familiale en France en devenir ". Toutefois, ses allégations ne sont assorties d'aucun commencement de preuve. Il ressort au contraire de son audition qu'il ne justifie d'aucune intégration particulière. Dès lors, le moyen de ce que le préfet aurait, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ne peut qu'être écarté. De même, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts () ".
12. Il est constant que M. E est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, dès lors qu'il s'est borné à indiquer " qu'il avait une pièce d'identité malienne chez un pote ", le préfet était fondé à considérer que le requérant ne pouvait présenter des documents de voyage ou d'identité en cours de validité. Par suite, alors même que sa réponse : " si je n'ai pas le droit de rester en France, je vais en Italie " ne peut être interprétée comme un refus explicite de l'intéressé de se conformer à son obligation de quitter le territoire français, les deux autres motifs, mentionnés aux 1° et 8° de l'article L. 612-3 précité, suffisent à établir que le préfet n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant d'octroyer à M. E un délai de départ volontaire en raison du risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut de base légale de la mesure attaquée doit, ainsi, être écarté.
13. En second lieu, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, M. E n'était pas en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Dans ces conditions, le préfet a pu considérer, sans commettre d'erreur de fait, que l'intéressé ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
14. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir visé l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique a mentionné dans les motifs de l'arrêté attaqué que M. E, " né à Bamako (Bénin) ", était de " nationalité béninoise " et, à l'article 3 de ce même arrêté, que " l'intéressé sera reconduit à destination du pays dont il a la nationalité ou, avec son accord, de tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible ". Le préfet admet cependant dans son mémoire en défense que M. E est né au Mali et possède la nationalité malienne et non la nationalité béninoise. Contrairement à ce qu'il soutient, cette erreur de fait ne peut être regardée comme une simple erreur matérielle et justifie l'annulation de l'article 3 de l'arrêté, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
16. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
17. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet, qui était tenu de prononcer à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français dès lors qu'il n'avait pas accordé à l'intéressé un délai de départ volontaire et qu'aucune circonstance humanitaire ne s'y opposait, a pris en compte, pour fixer la durée de cette interdiction, la présence de M. E sur le territoire français depuis 2018, l'absence de preuve, apportée par l'intéressé, d'attaches personnelles anciennes, intenses et stables en France et la circonstance que l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Le préfet a, en outre relevé que le requérant était défavorablement connu des services de police pour son comportement délinquant, caractérisé par des faits dont il a dressé la liste. Dans ces conditions, le préfet a bien pris en compte l'ensemble des critères prévus par la loi. Sa décision est ainsi suffisamment motivée.
18. En second lieu, il est constant que M. E réside irrégulièrement en France, n'y dispose pas d'attaches solides et ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle accomplie. Ainsi, en prononçant une interdiction de retour d'une durée de douze mois, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. E est seulement fondé à demander l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté attaqué du 19 mai 2022, portant désignation du pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. L'annulation de la décision fixant le pays de destination n'impliquant pas nécessairement de mesure d'exécution, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. E G à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. E tendant à l'application combinée des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
D E C I D E
Article 1er : L'arrêté attaqué du 19 mai 2022 du préfet de la Loire-Atlantique est annulé en tant qu'il fixe le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Bearnais.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le magistrat désigné,
L. C La greffière,
V. MALINGRE La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique
en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026